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CO-89
Le coactivateur SRC-1 un médiateur moléculaire important
des effets métaboliques bénéfiques de l’œstradiol in vivo
Hichem Bouguerra
(1)
, Marine Bourcier
(1)
, Stéphan Clavel
(1)
, Jérôme Gille-
ron
(1)
, Ez-Zoubir Amri
(2)
, Mireille Cormont
(1)
, Jean-Francois Tanti
(1)
, Mou-
nia Louet
(1)
, Jean-Francois Louet
(1)
1
Université Côte d’Azur, Inserm U1065, C3M, Nice, France,
2
IBV, Nice, France.
*Auteur correspondant : jflouet@unice.fr
Introduction Les corégulateurs transcriptionnels sont des acteurs moléculaires
clés relayant les signaux extra et intracellulaires à la machinerie transcription-
nelle en contrôlant l’organisation chromatinienne et l’accessibilité des princi-
paux facteurs transcriptionnels à leurs gènes cibles. Par conséquent, leur
potentiel implication dans les mécanismes à l’origine de physiopathologies
métaboliques complexes mérite des études approfondies. Dans ce projet, nous
nous sommes intéressés aux rôles du coactivateur SRC-1 (Steroid Coativator
Receptor) dans l’homéostasie énergétique.
Matériels et Méthodes Pour cela, une étude métabolique approfondie a été réali-
sée sur les souris SRC-1 KO et WT utilisant des techniques de tomographie,
d’IRM, d’histologie et de cages métaboliques. Des cellules fibroblastiques
embryonnaires (MEF) SRC-1 WT et SRC-1 KO ont aussi été utilisé pour étu-
dier les mécanismes moléculaires associés à l’adipogenèse. Aussi, pour expliquer
le dimorphisme sexuel, nous avons initié une étude systématique des effets de
l’œstradiol en présence et en absence de SRC-1 sur des adipocytes et des myo-
cytes différenciés. Enfin, des cellules de tissus adipeux blancs humains ont éga-
lement pu être exploitées.
Résultats Nous avons pu observer, que les souris femelles SRC-1 KO, contraire-
ment aux souris mâles de même génotype, développaient au cours du temps
une obésité marquée, une insulino-résistance et une hyperleptinémie. Elles pré-
sentent également un défaut de lipolyse in vivo qui se manifeste par une hyper-
trophie adipocytaire. Cet effet a été confirmé par l’analyse de l’expression
génique d’un large panel de gènes impliqués dans l’homéostasie lipidique.
L’étude in vitro a aussi montré que l’adipogenèse est augmentée dans les cel-
lules MEFs dépourvus de SRC-1 en comparaison aux cellules MEF contrôles.
Nos résultats montrent également que certains effets de l’œstradiol sur des adi-
pocytes et des myocytes différenciés sont fortement atténués en absence du
coactivateur SRC-1. Enfin, des modèles de culture utilisant des cellules pri-
maires provenant de patientes ayant subies des opérations de liposuccion, ont
permis également de suggérer un rôle clé joué par SRC-1 dans les événements
de « brunissage » du tissu adipeux chez l’homme, à savoir la transformation du
tissu adipeux blanc, tissu de stockage d’énergie, en un phénotype proche du tis-
sus adipeux brun (tissus adipeux « beige »).
Conclusions Ces données suggèrent donc un rôle clé du coactivateur SRC-1
dans les mécanismes de dépense énergétique en modulant les effets molécu-
laires connus mais encore largement inexpliqués de l’œstradiol. De ce fait, cette
étude ouvre clairement des axes de recherches originales aux perspectives théra-
peutiques potentiellement innovantes.
Mots-Clés Obésité, Insulinorésistance, Transcription
Les auteurs déclarent ne pas avoir d’intérêt direct ou indirect (financier ou en
nature) avec un organisme privé, industriel ou commercial en relation avec le sujet
présenté.
CO-90
La reprogrammation épigénétique des adipocytes influence
la dysfonction du TA et favorise la survenue du diabète de type-2
Karima Drareni
(1)
, Amine Toubal
(2)
, Fawaz Al azaid
(1)
, Raphaelle Ballaire
(1)
,
Serena Barilla
(3)
, Fabienne Foufelle
(1)
, Eckardt Treuter
(3)
, Nicolas Venteclef
(1)
1
centre de recherche des cordeliers, Paris, France,
2
institue cochin, Paris, France,
3
karolinska institute, stockholm, Sweden.
*Auteur correspondant : karimadrareni@gmail.com
Introduction La dérégulation du tissu adipeux (TA), acteur majeur dans le
développement du diabète-de-type 2 (DT2), se caractérise par une hypertrophie
adipocytaire et une inflammation. Des études ont démontré le lien entre
l’hypertrophie adipocytaire et le DT2. Les mécanismes responsables de cette
hypertrophie (variable d’un individu à l’autre) restent méconnus. Cette variabi-
lité serait due à la dérégulation de facteurs épigénomiques modifiant la struc-
ture chromatinienne et l’expression de certains gènes influençant ainsi le
devenir adipocytaire (hypertrophie/hyperplasie). Nous avons identifié le coré-
gulateur transcriptionnel GPS2 (G-Protein-Pathway-Suppressor 2) comme un
régulateur important de la reprogrammation épigénétique impliquée dans
l’expandabilité du TA au cours du DT2.
Matériels et Méthodes Étude in vivo : nous avons généré des souris invalidées
spécifiquement pour GPS2 au niveau de l’adipocyte (GPS2-AKO). Ces souris
ont été soumises à un régime normal (CD) ou à un régime riche en graisse pen-
dant 4 et 12 semaines (HFD). Une caractérisation métabolique et moléculaire a
été réalisée dans ces différentes conditions.
Étude In vitro Afin de déterminer le mécanisme d’action de GPS2 dans les adi-
pocytes, nous avons combiné des études moléculaires d’invalidation et de surex-
pression de GPS2 dans une lignée cellulaire murine d’adipocytes (3T3L1) et des
cellules primaires humaines.
Résultats l’invalidation de GPS2 dans les adipocytes (GPS2-AKO) entraine un dys-
fonctionnement du TA qui favorise l’intolérance au glucose dans des conditions
obésogènes. Tandis qu’en l’absence d’un stress métabolique (souris sous CD), cette
invalidation n’entraine aucun dysfonctionnement. Le TA des souris GPS2-AKO
montre une exacerbation du phénotype inflammatoire avec une augmentation de
l’expression des gènes de l’inflammation et une infiltration de macrophages impor-
tante en comparaison avec les souris sauvages (WT). De plus, les adipocytes des sou-
ris GPS2-AKO sont hypertrophiés et présentent une sévère résistance à l’insuline.
Afin de déterminer les voies métaboliques dérégulées chez les souris GPS2-AKO,
nous avons séquencé les ARNm du TA et ceux des adipocytes isolés des souris
GPS2-AKO et WT. Cette approche nous a permis d’identifier des gènes impliqués
dans la régulation de l’adipogènèse et l’angiogenèse. Les expériences in vitro nous
ont permis de décoder le mode d’action de GPS2 dans les adipocytes.
Conclusions Dans notre étude nous démontrons le rôle de GPS2 dans le
contrôle des fonctions du TA. GPS2 jouerait un rôle protecteur en empêchant
le développement de l’insulino-résistance par la répression de la transcription
des gènes inflammatoires et métaboliques. Le maintient de la fonction de GPS2
apparaît donc essentiel à la bonne adaptation du TA lors de l’obésité et le DT2.
Mots-Clés Tissu adipeux, Obésité, Inflammation
Les auteurs déclarent ne pas avoir d’intérêt direct ou indirect (financier ou en
nature) avec un organisme privé, industriel ou commercial en relation avec le sujet
présenté.
CO-91
Utilisation de l’insuline concentrée U500 au cours du DT2 traité
par pompe à insuline : expérience bicentrique française
chez 43 patients suivis au long cours
Emilie Deberles
(1)
1
CHU de CAEN, CAEN, France.
*Auteur correspondant : emilie.deberles@hotmail.fr
Introduction L’insulinothérapie intensifiée de type basal-bolus par multi-injec-
tions ou pompe à insuline est utilisée au cours du diabète de type 2 (DT2) pour
des patients obèses insulino-résistants et peut nécessiter une titration forcée des
doses d’insuline. L’utilisation d’une insuline concentrée est une alternative à
l’insuline U100 (100 U/ml) pour réduire le volume injecté, améliorer la résorp-
tion sous-cutanée de l’insuline et in fine améliorer sa biodisponibilité et son effi-
cacité (1). Nous rapportons notre expérience bicentrique de l’utilisation
d’Umuline concentrée U500 (500 U/ml) chez des patients DT2 sévèrement
insulino-résistants initialement traités par un analogue rapide de l’insuline
administré par une pompe portable.
Matériels et Méthodes Les patients traités par pompe à insuline mal contrôlés
sous insuline U100 (HbA
1c
> 8 %) et/ou administrant de fortes doses d’insuline
(> 300 UI tous les 3 jours) ont été Inclus. Après l’introduction de l’Umuline
U500, les patients étaient revus après 8 jours, 3 mois, 6 mois, 12 mois, 18 mois,
24 mois puis annuellement. Les critères d’évaluation étaient les suivants :
l’HBA
1c
, le nombre d’unités administrées quotidiennement, le poids, la fré-
quence des hypoglycémies sévères et non sévères déclarées, la fréquence de
changement des réservoirs d’insuline. Notre étude rétrospective bicentrique a
inclus des patients ayant utilisé l’U500 entre juin 2011 et octobre 2016 au CHU
de CAEN et au CH de Corbeil-Essonnes.
Résultats 43 patients ont été inclus, ratio H/F 24/19, âge moyen 62,9 ± 8,3 ans, durée
du diabète 19 ± 8 ans, insulinorequérance 12,5 ± 7,3 ans, dose journalière d’insuline
U100 : 205 ± 61,6 UI/jour, IMC 39,2 ± 6,1 kg/m², HbA
1c
8,89 ± 1,37 %, fréquence de
changement du réservoir : 1,6 ± 0,5 jours. Le suivi moyen a été de 21 ± 15 mois avec
5 sorties prématurées (2 chirurgies bariatriques, 1 déclin cognitif, 2 perdus de vue).
L’HbA
1c
a diminué au cours du suivi :
– 0,77 % à 3 mois (p = 0,0002), – 1,07 % à 6 mois (p < 0,0001), – 0,94 % à 1 an
(p = 0,0009), – 0,84 % à 2 ans (p = 0,045) et – 1,9 % à 3 ans (p = 0,046). L’IMC moyen
et la dose journalière d’insuline sont restés stables (39,4 ± 3,5 kg/m², p = 0,98 et 274
± 176 UI/jour, p = 0,13 respectivement). Les changements de réservoir s’espacent à
2,9 ± 0,2 jours (p < 0,0001). 23 % des patients expérimentaient des hypoglycémies
non sévères diurnes et nocturnes avant l’initiation d’U500, 48,6 % à 3 mois (p
= 0,0008), 45,5 % à 12 mois (p = 0,011) et 70,6 % à 18 mois après l’initiation d’U500 (p
< 0,0001). Aucune hypoglycémie sévère n’a été rapportée.
Conclusions L’utilisation d’U-500 administrée par pompe à des patients DT2
sévèrement insulino-résistants a permis d’améliorer significativement l’équi-
libre glycémique sans nécessité d’augmenter les doses et sans prise pondérale
notable. La survenue d’hypoglycémies non sévères doit être recherchée et pré-
venue par une éducation thérapeutique adaptée à ce type de patients.
1. Lane WS. Endocr Pract 2010 ; 16 : 181-6
Mots-Clés Insulinorésistance, Pompe à insuline, Umuline U500
Les auteurs déclarent ne pas avoir d’intérêt direct ou indirect (financier ou en
nature) avec un organisme privé, industriel ou commercial en relation avec le sujet
présenté.
UntitledBook1.book Page 34 Monday, March 6, 2017 7:59 AM