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tolérance tissulaire en font un matériau de choix. Plusieurs facteurs
de présomption d’efficacité ont été étudiés dans la littérature dont
le Middle Ear Risk index (MER). Le but de notre travail est de déter-
miner l’intérêt du MER index ainsi que ses différents facteurs de
risque dans la présomption d’efficacité d’une ossiculoplastie par
prothèse en titane.
Patients et méthodes.— Notre étude est prospective, étalée
sur deux ans (novembre 2011—janvier 2013) et a concerné
25 ossiculoplasties par prothèse en titane type Spiggle and Theis,
réalisées par le même chirurgien, l’évaluation de l’audition s’est
faite à trois mois de l’intervention. Nous nous sommes basé sur le
test du Chi
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pour l’évaluation de la corrélation entre les différents
facteurs de risque avec un p significatif si < 0,05.
Résultats.— Le Rinne moyen préopératoire dans notre série était
de 42 dB, il est passé en postopératoire à 18. Le gain moyen était
de 24dB. Douze patients avaient un MER index léger, dix un MER
modéré et trois un MER important. Quatre-vingt-trois pour cent des
MER léger, 30 % des modéré et 0 % des important avaient un Rinne
inférieur à 20 dB en postopératoire. Quatre-vingt-trois pour cent des
MER léger, 60 % des modéré et 50 % des important avaient un gain
supérieur à 20 dB.
Conclusion.— Nous avons conclu au terme de cette étude, que le
MER index était significativement corrélé à la fermeture postopé-
ratoire du Rinne mais ne l’était pas pour le gain postopératoire en
dB. L’analyse des différents facteurs de risque a montré que seule
l’absence du marteau était corrélée au mauvais résultat audiomé-
trique.
http://dx.doi.org/10.1016/j.aforl.2013.06.433
P081
Évaluation du système contralateral
routing of signal (CROS) chez les
patients implantés cochléaires en
unilatéral
C. Grech
a,∗
, S. Gallégo
b
, N. Guevara
a
,
Y. Gahide
a
, L. Castillo
a
a
Institut universitaire de la face et du cou, CHU de Nice, Nice,
France
b
CHU Édouard-Herriot, Lyon, France
∗
Auteur correspondant.
But de la présentation.— L’objectif principal de notre étude a été
d’évaluer l’apport d’un système CROS sur l’intelligibilité et la loca-
lisation spatiale de nos patients implantés cochléaires en unilatéral.
L’objectif secondaire a été d’évaluer le bénéfice subjectif d’un tel
système.
Patients et méthodes.— Étude prospective, monocentrique, inter-
ventionnelle. Elle porte sur huit patients implantés cochléaires en
unilatéral avec une intelligibilité dans le silence supérieure à 30 %
et une durée d’implantation supérieure à six mois. Une évaluation
objective de l’intelligibilité à été réalisé en champ libre à l’aide du
test des logatomes « voyelle/consonne/voyelle » dans le silence et
dans le bruit, et une évaluation objective de la localisation spatiale
a été réalisée à l’aide de listes de Fournier en champ libre sur cinq
haut-parleurs (+90
◦
à -90
◦
à l’horizontal) dans le silence et dans
le bruit. Les patients ont été testés à j0 et à j15 d’essai du système
contralateral routing of signal (CROS) + implant cochléaire (IC). Une
évaluation subjective du bénéfice du système CROS a été recueillit
à l’aide du questionnaire APHAB.
Résultats.— L’association IC + CROS a montré une amélioration signi-
ficative de l’intelligibilité à j0 et j15 dans le silence, (avec un p
respectivement égal à 0,03 et 0,025) et à j0 et j15 dans le bruit (avec
un p respectivement égal à 0,012 et 0, 036). Il n’a pas été objectivé
d’amélioration de la localisation spatiale. Le questionnaire APHAB
de qualité de vie a montré qu’il existait un bénéfice global à porter
le système CROS ainsi qu’une différence significative de facilité de
communication avec et sans le système CROS. Une évaluation a six
mois est en cours et les résultats seront présentés au congrès.
Conclusion.— L’IC + système CROS est une alternative intéressante
et novatrice permettant de restaurer une pseudobinauralité qui
apporte au patient une amélioration de l’intelligibilité et un confort
d’écoute non négligeable, sans avoir les inconvénients médico-
économiques de l’implantation bilatérale.
http://dx.doi.org/10.1016/j.aforl.2013.06.434
P082
Perception catégorielle des fricatives
non voisées : /
/et/s/
D. Colin
a,∗
, E. Truy
b
, H. Thai-van
b
, S. Gallego
b
a
CRNL, Lyon, France
b
Hôpital Édouard-Herriot, Lyon, France
∗
Auteur correspondant.
But de la présentation.— Depuis quelques années, des aides audi-
tives sont équipées de systèmes à transposition ou à compression
fréquentielle pour les patients souffrant de pertes auditives sévères
à profondes sur les fréquences aiguës. Ces aides auditives abaissent
les fréquences aiguës ne pouvant être perc ¸ues ou utilisées par le
malentendant afin qu’elles redeviennent audibles par celui-ci. Si
les bénéfices en termes d’audibilité sont indéniables, les béné-
fices sur l’intelligibilité sont très variables d’un malentendant à un
autre. Une analyse phonétique des résultats montre que la percep-
tion des fricatives est altérée chez certains sujets. C’est pourquoi,
nous avons étudié la perception catégorielle des fricatives non
voisées/
/et/s/, afin de déterminer les paramètres qui pouvaient
influencer la perception oreilles nues de celles-ci.
Patients et méthodes.— Notre étude comporte 13 sujets normo-
entendants et 42 sujets malentendants dont 23 sont appareillés avec
des systèmes à compression fréquentielle depuis plus de six mois
et 19 sont appareillés avec des systèmes à amplification conven-
tionnelle depuis plus de six mois également. Afin de déterminer
la frontière de perception catégorielle entre le/
/et le/s/, nous
avons élaboré un continuum faisant varier la hauteur du bruit de
friction de telle sorte que les premiers stimuli soient perc ¸us comme
des/a
a/et les derniers comme des/aSa/. Les sujets sont testés au
casque, oreilles séparées. Une modélisation des résultats permet
par la suite de déterminer la frontière de perception catégorielle
pour chaque sujet.
Résultats.— Les résultats montrent que la frontière de perception
catégorielle de ces phonèmes est très variable pour les malenten-
dants alors que pour le groupe des normo-entendants, les résultats
sont très homogènes. De plus les malentendants ont en moyenne
une frontière de perception décalée vers les fréquences graves de
plus d’un demi-ton par rapport aux normo-entendants (p < 0,001).
Une analyse ANCOVA de cette frontière de perception catégorielle a
révélé des corrélations avec la perte auditive à 3 kHz, la dynamique
auditive et les seuils d’inconfort à 1 et 2 kHz, la durée d’appareillage
mais aussi l’utilisation ou non de systèmes à compression fréquen-
tielle.
Conclusion.— Plusieurs paramètres semblent expliquer les diffé-
rences de perception catégorielle pour ces fricatives. Certains
paramètres sont liés à la privation auditive : comme la perte audio-
métrique tonale à 3 kHz ou la dynamique auditive résiduelle. Et
d’autres sont liés à la réhabilitation auditive, comme la durée
d’appareillage et le fait d’être habitué à utiliser des systèmes à
compression fréquentielle. Ces résultats semblent être le reflet
d’une plasticité auditive de privation mais également d’une plas-
ticité de réhabilitation liées à l’utilisation d’aides auditives à
compression fréquentielle ou non.
http://dx.doi.org/10.1016/j.aforl.2013.06.435
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