Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 33S (2014) A393–A397 Péritonite et cellulite R601 Survie à long terme et résection intestinale après ischémie mésentérique aiguë : étude observationnelle rétrospective de cohorte évaluant les facteurs pronostiques sur 164 survivants A. Nuzzo 1,∗ , Y. Bouhnik 1 , M. Ronot 2 , C. Stefanescu 1 , L. Boudaoud 3 , A. Plessier 4 , D. Cazals-Hatem 5 , E. De Raucourt 3 , L. Elkrief 4 , B. Pasquet 6 , Y. Castier 7 , C. Paugam-Burtz 8 , Y. Panis 9 , F. Joly 1 , O. Corcos 1 1 Gastroentérologie 2 Radiologie 3 Hématologie 4 Hépatologie 5 Histopathologie 6 Épidémiologie clinique, Beaujon, Clichy 7 Chirurgie vasculaire, Hôpital Bichat, Paris 8 Anesthésie réanimation 9 Chirurgie digestive, Beaujon, Clichy, France ∗ Auteur correspondant. Introduction Les survivants d’une ischémie mésentérique aiguë (IMA) nécessitent souvent une résection intestinale (RI). Le pronos- tic vital et fonctionnel ultérieur est mal connu. L’objectif de cette étude était de décrire la population des survivants d’une IMA et d’identifier des facteurs prédictifs de survie à long terme et de RI. Matériel et méthodes Étude observationnelle rétrospective de cohorte incluant tous les patients > 18 ans ayant survécu > 3 mois après une IMA suivis dans notre centre. Étude uni/multivariée des facteurs associés à la survie et à la RI. Résultats Entre 2006 et 2013, 164 patients ont été inclus. L’IMA était artérielle, veineuse et non-occlusive dans 63 %, 27 % et 3 % des cas. Une comorbidité cardiovasculaire ou thromboembolique était retrouvée dans 49 % des cas. Le 1 er dosage de lactates réalisé était normal dans 57 %. Avant la 1 ère RI, des signes de péritonite et une défaillance d’organe étaient retrouvés dans 60 % et 45 % des cas. Le traitement comprenait : anticoagulants, antibiotiques IV et/ou décontamination digestive orale (DDO) dans 87 %, 83 % et 19 % des cas. Quatre-vingt un pour cent des patients étaient admis en réani- mation et 59 % nécessitaient une perfusion de noradrénaline. Les taux de RI et de syndrome de grêle court étaient de 83,5 % et 69,5 %. Après un suivi moyen de 54 [3–1314] mois, la survie globale était de 87 % et les taux de survie sans récidive d’IMA, sans entérostomie Communications présentées lors du Congrès de la Société franc ¸ aise d’anesthésie et de réanimation, Paris, 18 au 20 septembre 2014. et sans nutrition parentérale étaient de 95 %, 76 % et 53 %. Les facteurs associés à la mortalité à 5 ans étaient l’âge (p = 0,008) et la présence de comorbidités cardiovasculaires (p = 0,006). En analyse univariée, les facteurs associés à une RI étaient : périto- nite (p < 0,0001), défaillance d’organe (p = 0,002), hyperlactatémie (p = 0002), les signes tomodensitométriques de nécrose intestinale (p < 0,02) et l’absence de revascularisation en cas d’IMA (p = 0,03). En analyse multivariée, les facteurs associés à la RI étaient : admis- sion en réanimation (p = 0,002), absence de DDO (p = 0,0003) et de prise en charge initiale dans notre centre (p = 0,0029). Discussion Nous confirmons la valeur pronostique péjorative des signes tardifs d’IMA, de l’absence de revascularisation artérielle et de DDO sur la RI. La normalité initiale des lactates et l’absence de terrain vasculaire connu n’excluent pas le diagnostic. La proportion élevée de patients réséqués mais sevrés de la nutrition parentérale justifie une prise en charge initiale agressive au mieux en centre spécialisé. Déclaration d’intérêts Les auteurs n’ont pas transmis de déclara- tion de conflits d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2014.07.671 R602 Antibiothérapie pour péritonites appendiculaires chez l’enfant. Devons nous changer nos habitudes ? M. Ouali ∗ , O. Rahil Anesthésie-réanimation, Clinique universitaire de chirurgie infantile « ALI BOUZID », EPH birtraria, EL BIAR, Alger, Algérie ∗ Auteur correspondant. Introduction Si l’antibiothérapie des péritonites communau- taires et nosocomiales chez l’adulte s’appuie sur plusieurs recommandations internationales ; les modalités de traitement des ces affections chez l’enfant sont beaucoup moins claires par manque de données et de recommandations. Alors que cette patho- logie est extrêmement fréquente dans la population pédiatrique ; le choix de l’antibiothérapie pour les péritonites appendiculaires chez l’enfant ne fais à ce jour, en Algérie, l’objet d’aucune recom- mandation nationale. Matériel et méthodes Nous rapportons les résultats prélimi- naires d’un essai prospectif portant sur la possibilité d’application des recommandations de l’IDSA (Infectious Diseases American Society) et de la SIS (Society Infectious Surgery) et l’association nord américaine de chirurgie pédiatrique, éditées en 2010 et que nous mentionnerons au cours de notre exposé. L’étude a porté sur 50 enfants d’une moyenne d’âge de 8 ans opérés pour péritonites appendiculaires, le schéma d’antibiothérapie était : céfotaxim : 100 mg/kg/j ; métronidazol : 30 mg/kg/j pendant 5 jours