A L A IN D E L ATTR E Les «lettres de protection»coptes Les documents coptes que j’appelle«lettres de protection» (d’après l’allemand Schutzbriefe) forment un corpus hétérogène de plusieurs dizaines de textes caractérisésparlaformuleintroductrice eis plogos mpnoute, qui signife«voici la garantie par Dieu». La première synthèse sur le sujet est dueà A. A. Schiller 1 . Cetteétude a été partiellement remiseen question dans les travaux postérieurs, principalement par les Koptische Schutzbriefe de W. C. Till en 1938 2 . Le savant viennois a rassembléetréédité tous les logos mpnoute publiés à l’époque, auxquels il aajouté l’édition de nombreux textes inédits. Ce travail inclut non seulement leslettres de protection proprement dites (l’objet de la présentecommunication) mais aussi un certain nombre de textes qui s’y rapportent d’une manière ou d’uneautre. Un appendice signé par H. Liebesny commente ces documents sur le plan de l’histoiredu droit. Deux ans plus tard, W. C. Till a publié un article développant certains détails esquissés dans P .Schutzbriefe 3 . Parla suite, A. Steinwenter 4 et G. et A. Böhlig 5 ont étudié ce corpus de textes. 1. Lestextes connus de Till Les documents conservés datent des VII e , VIII e et IX e siècles et proviennent presque tous de la région thébaine. Seuls quelquestextes font exception:O.Brit. Mus. Copt. LXIX 1(=P .Schutzbriefe 58); P .Ryl. Copt. 154 (=P .Schutzbriefe 12); P .Ryl. Copt. 155 (=P .Schutzbriefe 13) proviennent du nome Hermo- polite; d’autres documents qui mentionnent l’existence de lettres de protection proviennent de Moyenne- Égypte (Assiout, Coptos). À la suite de A. A. Schiller ,W. C. Till a défni plusieurs types de textesparmi la soixantaine de lettres de protection proprement dites quicomposent son corpus. On distingue quatre catégories principales: a. Leslettres de protection «standard» (Safe-Conduct type, allgemein gehaltene Schutzbriefe) parmi lesquelles j’inclus leslettres de protection qui mentionnent une responsabilité limitée du porteur (Schutz- briefe mit vorgesehenen Ausnahmen). Ces documents s’adressent à des fugitifs. Le phénomène de fuite des paysans désireux d’échapper à l’impôt est bien attestéen Égypteà toutesles époques. Le pouvoir central a sans cesseessayéd’enrayer ces fuites. Maisles habitants de l’Égypte ont apparemment continuéàfuir périodiquement. Pour les faire revenir à leur domicile, on leur remettait une lettre de protection. Munis de cet acte généralement rédigé par l’autorité locale, les fugitifspeuvent retourner chez eux sans risque. Dans certains casnéanmoins, le destinatairedoit s’acquitter d’une certaine somme (uneamende ou un reliquat d’impôts impayés?). Plusieurs travaux 6 se sont penchés sur lesliens entre les logos mpnoute coptes et les documents grecs comme les p¤steiw de l’époque ptolémaïque, les lÒgoi ésule¤aw de la période byzan- tine, ou les sig¤llia de l’époquearabe. 1 A. A. Schiller , The Coptic logos mpnoute Documents,in: Studi in memoriadi Aldo Albertoni I, Padoue, 1933, 303–345. Cf. aussi F . Dölger ,compte rendu de Schiller , The Coptic logos mpnoute Documents, BZ 34 (1934) 179–180; et A. A. Schiller , Coptic Documents. A Monograph on the Lawof Coptic Documents andaSurveyof Coptic Legal Studies, 1938–1956, Zeitschrift für vergleichende Rechtswissenschaft 60 (1957) 190–211. 2 W. C. Till, Koptische Schutzbriefe. Mit einemrechtsgeschichtlichen Beitrag von H. Liebesny ,MDAIK 8 (1938) 71–146(=P .Schutzbriefe). Cf. aussi A. Steinwenter , Zu den koptischen Schutzbriefen, SZ, Rom. Abt. 40 (1940) 237–241; et F . Dölger ,compte rendu de Steinwenter , Zu den koptischen Schutzbriefen, BZ40 (1940) 248. 3 W. C. Till, Zum Eid in den koptischen Rechtsurkunden,ZÄS 76 (1940) 74–79. 4 Steinwenter , Zu den koptischen Schutzbriefen (n. 2). 5 G. et A. Böhlig, Einige Bemerkungen zu den koptischen Logos-Urkunden, BZ 44 (1951) 56–61. 6 Enparticulier:P .Schutzbriefe p. 127–140 et G. et A. Böhlig, Einige Bemerkungen (n. 5).