REVENGE THRILLERS Revanche, vengeance et châtiment dans le cinéma hollywoodien « … Ma vengeance est perdue S᾿il ignore en mourant que c᾿est moi qui le tue 1 » . Hollywood n ᾿est pas l᾿Amérique. Si « “le cinéma américain est la somme des flms produits aux états-Unis, le cinéma hollywoodien est la projection de l᾿Amérique”. Les flms hollywoodiens sont donc une catégorie esthétique qui indique le mode de représentation de l᾿Amérique par le cinéma. Le cinéma hollywoodien construit une représentation spécifque des grands thèmes par lesquels les états-Unis se mettent en scène pour eux-mêmes et pour les autres 2 ». Si, aujourd᾿hui encore, « 75% des images projetées dans le monde sont d᾿origine américaine 3 », c ᾿est que, depuis les roaring twenties [ Années folles ] les studios californiens ont élaboré une puissante industrie dont l’efcacité économique et idéologique ne s’est, pour ainsi dire, jamais afaiblie. Hollywood reste le modèle pour les cinéastes du monde entier – aussi bien pour ceux qui tentent de le copier que pour ceux qui s ᾿y opposent. Vingt ans après la fermeture de la Frontière, les studios hollywoodiens mirent en place, pas à pas, un système économique rationnel, industriel, de production ; et dès la décennie suivante quelques grandes sociétés se partagèrent le monde du cinéma. C᾿est en efet au moment même où s ᾿imposait, au-delà 1 Racine, Andromaque, éd. G. Forestier, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1999, vol. 1, iv, 4, v. 1277-1278. 2 J.-M. Vernier, « Cinéma et Amérique : une image efritée », Quaderni , n o 50/51, printemps 2003, p. 198 et J.-M. Frodon, La Projection nationale. Cinéma et nation, Paris, Odile Jacob, 1998, p. 109. 3 Cité par R. Dubois, Hollywood. Cinéma et idéologie, Paris, Sulliver, 2008, p. 30.