Laurence Danguy, « L’iconographie des veuves au XIX e  siècle et sa postérité au XX e  siècle », S. & R., n o 46, automne 2018, p. 55-77. Laurence Danguy L’iconographie des veuves au XIX e  siècle et sa postérité au XX e  siècle La place des veuves au xix e  siècle est réglée par le droit et des usages, faisant de celles-ci des personnages relégués dans les marges de la société. Cette relégation n’est cependant ni complète ni définitive, mais subordonnée à la capacité de ces femmes à trouver un nouvel époux ou/et à posséder un bien suffisant à leur subsistance. Ce statut de semi-relégation, en outre évolutif, leur est accordé moyennant une conduite stricte et surtout très normée : la veuve doit faire montre d’une moralité impeccable, se tenir en retrait des choses plaisantes, se vêtir en conséquence, se consacrer à l’éducation de ses enfants, ne pas avoir de prétentions sexuelles et entretenir le souvenir du défunt. Cela dit, les prémices des mouvements d’émancipation ainsi qu’une évolution générale des mentali- tés commencent à modifier le périmètre social des veuves, quand bien même les contraintes qui leur sont imposées n’ont jamais été aussi fortes 1 . Mœurs et représentations collectives influent sur une iconographie des veuves qui n’est pas une, mais plurielle : les veuves des peintres officiels ne sont pas celles des tenants de la modernité, pas plus que celles des illustrateurs de livres précieux ou des dessinateurs de presse. Si ces créateurs évoluent devant un arrière-plan commun de traditions religieuse et profane, le genre qu’ils choisissent et le lieu où ils exercent déterminent leurs œuvres plus encore que leur individualité créatrice, tandis que certains événements, les guerres notamment, mais aussi 1. Jean-Paul Barrière souligne, dans un article de synthèse, que le veuvage féminin est beaucoup moins connu à cette époque que lors de la précédente ; Jean-Paul Barrière, « Les veuves dans la ville en France au XIX e  siècle : images, rôles, types sociaux », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, n o  114-3 ; DOI : 10.4000/abpo.438. Voir aussi du même auteur ; Les veuves en France au XIX e  siècle, Paris, Perrin, à paraître. On renvoie à l’article précité pour une bibliographie nourrie de la question.