S428 Abstracts / La Revue de médecine interne 30S (2009) S385–S479 Le bilan biologique montrait un syndrome inflammatoire franc (CRP 270 mg/L). Le bilan infectieux était négatif (hémocultures, sérologies VIH, VHB, VHC, TPHA/VDRL et sérologies EBV, CMV, Parvovirus B19, toxoplasmose en faveur d’infections anciennes). La sérologie Bartonella était négative. Le bilan morphologique retrouvait une discrète splénomégalie avec 3 nodules infracentimétriques. Le scanner cervical montrait des adénopathies jugulo- carotidiennes droites à contenu nécrotique. Le tableau général, l’augmentation rapide du volume des adénopathies faisant suspecter un lymphome, un PET-scan était réalisé, retrouvant une atteinte ganglionnaire sus-diaphragmatique (terri- toire cervical droit), plusieurs nodules spléniques, et un foyer du corps vertébral de la 7 e vertèbre cervicale. L’IRM cervicale montrait une anomalie de signal du corps vertébral de C7 évoquant soit une localisation lymphomateuse, soit une spondylite. L’examen microbiologique de la cytoponction ganglionnaire était négatif. L’examen anatomo-pathologique de la biopsie montrait un aspect réactionnel, avec réaction immunoblastique faisant discuter initialement un lymphomeT, réfuté par l’immunohistochimie et l’absence de clonalité T. La PCR bartonelle (Pr Raoult, Marseille) affirmait le diagnostic de maladie des griffes du chat. L’évolution clinique était spontanément favorable avec disparition de la fièvre, régression de l’adénopathie, mais apparition de cervicalgies modérées. Une anti- biothérapie par doxycycline et rifampicine pendant 6 semaines était initiée avec guérison clinique, et nette amélioration de l’IRM et du TEP scan. Conclusion.– La maladie des griffes du chat peut être responsable d’atteintes viscérales, pouvant mimer d’autres maladies, infectieuses ou hématologiques. Son évolution est dans la grande majorité des cas spontanément favorables. La sensibilité des différentes techniques diagnostiques reste faible, d’où la néces- sité de faire systématiquement une PCR sur tissu. L’interrogatoire, avec la notion de contact avec un chat, reste un élément important de la démarche clinique. doi:10.1016/j.revmed.2009.10.285 CA124 Erysipèles périodiques A. Grasland , M. Groza , L. Affo , I. Mahé Service de médecine interne, hôpital Louis-Mourier, Colombes, France Introduction.– L’érysipèle est une dermo-hypodermite d’origine infectieuse. Sa récidive doit faire rechercher une porte d’entrée locorégionale ou une autre étiologie. Patients et méthodes.– Nous rapportons l’observation d’une femme qui a pré- senté en 4 mois 4 épisodes de pseudo-érysipèle. Il s’agit d’une femme de 23 ans, ayant pour antécédent une leucémie aiguë myéloblastique (LAM 4), traitée 2 ans auparavant et en rémission complète, qui consulte en urgence pour un 4 e épisode de pseudo-érysipèle. Les 3 premiers épisodes ont régressé spontanément en 8 à 10 jours sans laisser d’éruption séquellaire, ni de douleur résiduelle. Ces 4 épisodes ont été stéréotypés : leur début est brutal, sans facteur déclenchant, les 3 premiers ont touché le côté droit, le 4 e le gauche. Il s’agit d’un érythème chaud, accompagné d’un important œdème, du pied et de la cheville, extrême- ment douloureux, responsable d’une impotence totale, avec marche impossible. Il n’y a pas de fièvre. L’examen retrouve un aspect de placard très inflammatoire de la cheville et du pied. La mobilisation douce de l’articulation est indolore. Il n’est pas retrouvé de porte d’entrée, en particulier d’intertrigo. La patiente est d’origine juive séfarade et son frère est atteint de la Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF). Elle-même se sait porteuse d’une double mutation (hétéro- zygotie composite) pour le gène MEFV. La recherche génétique avait été faite 2 ans avant lors d’un épisode fébrile au cours du traitement de la LAM. Cepen- dant, cet épisode n’avait finalement pas été rattaché à la FMF, en l’absence de manifestation typique, en particulier de crise abdominale. Devant ces données génétiques, un traitement par colchicine est instauré. Cette 4 e crise évolue alors rapidement favorablement et surtout, aucune récidive ne survient dans les mois suivants. Résultats.– La fréquence des signes cutanés au cours de la FMF est variable selon les séries : de 3 à 47 % chez certains auteurs israéliens. Le caractère inaugural de la maladie par des signes cutanés semble très rare. Il s’agit typiquement d’érythème érysipélatoïde douloureux, touchant surtout les jambes, souvent déclenché ou aggravé par la marche et la station debout, accompagné d’une augmentation de la chaleur locale et d’infiltration cutanée sur une surface de 15 à 50 cm 2 . L’examen histologique montre un infiltrat inflammatoire dense du derme, à prédominance péri-vasculaire avec oedème et vasodilatation. Discussion et conclusion.– En France, la FMF reste une affection rare, et même si les crises douloureuses abdominales sont bien connues comme mode de révéla- tion de la maladie, les manifestations cutanées le sont beaucoup moins. Pourtant, elles peuvent, comme ici révéler la maladie. Reconnaître la maladie permet de proposer un traitement par colchicine et d’éviter les récidives douloureuses et l’évolution vers l’amylose. doi:10.1016/j.revmed.2009.10.286 CA125 Traitement d’une infection réfractaire à Mycobacterium chelonae par clarythromycine et interféron gamma V. Doffoel-Hantz a , L. Reminieras b , C. Dufauret c , C. Martin d , E. Denes e , A. Jaccard b , J.-M. Bonnetblanc a , A. Sparsa a a Dermatologie, CHU Dupuytren, Limoges, France b Hématologie, CHU Dupuytren, Limoges, France c Rhumatologie, CHU Dupuytren, Limoges, France d Bactériologie-virologie-hygiène, CHU Dupuytren, Limoges, France e Maladies infectieuses et tropicales, CHU Dupuytren, Limoges, France Introduction.– Mycobacterium chelonae (MC) est une mycobactérie atypique à croissance rapide responsable d’infections opportunistes chez l’immunodéprimé (ID). L’enjeu thérapeutique est considérable, l’infection pouvant être systé- mique, et la résistance aux traitements antibiotiques conventionnels constante. Patients et méthodes.– Cas clinique. Cas clinique.– Un patient de 78 ans était pris en charge en dermatologie pour une infection cutanéoarticulaire à MC évoluant dans un contexte de leucémie lymphoïde chronique (LLC) traitée par Campath ® (alemtuzumab). L’antibiogramme montrait des résistances multiples aux quinolones, cyclines, ainsi qu’à la rifampicine et à l’érythromycine. Une double antibiothérapie par clarithromycine/linezolide était donc débutée et le Campath ® interrompu. Au cinquième mois de traitement, une neuropathie sensitivomotrice induite par le linezolide, imposait la poursuite de la clarithromycine en monothé- rapie. L’efflorescence de nombreux nouveaux nodules sous-cutanés justifiait l’introduction d’interféron gamma (IFN), à raison de trois injections sous- cutanées hebdomadaires à 50 g/ m 2 . L’état clinique s’améliorait rapidement et durablement. L’affaissement des nodules cutanés profonds, l’épidermisation des lésions ulcérées s’accompagnaient d’une régression de la symptomatologie articulaire. La rémission clinique était confirmée après un an de clarithromycine et six mois d’IFN. Discussion.– Le Campath ® est un anticorps monoclonal reconnaissant l’antigène CD52, indiqué dans le traitement des LLC réfractaires à la fludarabine mais responsable de réactivations virales (CMV, herpès), d’infections à cocci Gram+ et à mycobactéries. L’enjeu thérapeutique en cas d’infections est réel s’agissant de patients ID et d’infections multirésistantes. Si la clarithromycine est l’antibiotique de choix des infections à MC, aucun consensus n’est établi concernant la durée optimale du traitement. On sait que la diffusion systémique de l’infection est corrélée à un plus grand risque de résistance et qu’une muta- tion ponctuelle de l’ARN 23S bactérien suffit à induire cette résistance. Par ailleurs, l’IFN joue un rôle central dans l’immunité anti-infectieuse vis-à-vis de cette mycobactérie. La bithérapie IFN/clarithromycine peut donc répondre à un rationnel physiopathologique pertinent puisque cette cytokine est déficiente chez l’ID. Les risques éventuels inhérents à ce traitement apparaissent négli- geables au vu du bénéfice escompté chez un patient ID, dont le pronostic vital est engagé. Conclusion.– Les infections opportunistes systémiques à MC sont émergentes avec l’essor des thérapies ciblées en hématologie. Elles sont potentiellement létales et difficiles à traiter, ces germes étant multirésistants. L’association IFN/clarithromycine est pertinente pour la prise en charge des infections sys- témiques à MC, réfractaires aux antibiotiques conventionnels. Pour en savoir plusJousse-Joulin S, et al. Joint Bone Spine 2007;74:385–8. doi:10.1016/j.revmed.2009.10.287 CA126 Pseudotumeur de la cuisse : penser à un kyste hydatique !