47 Chapitre 7 Les PFNL participent à la création de revenus pour les ménages pauvres Verina Ingram, Awono Abdon et Jolien Schure 1. IntroductIon Comme cela a été évoqué au chapitre 2, les produits forestiers non ligneux (PFNL) jouent un rôle capital dans la vie des populations d’Afrique centrale. Ils contribuent aux revenus des populations et procurent de nombreux emplois aux hommes et aux femmes, tant dans les zones rurales que dans les villes. De nombreuses études montrent que, dans les pays dont l’indice de développement humain 15 oscille entre 0,361 et 0,703, les populations vivant autour des forêts tirent entre 60 et 80 pour cent de leurs revenus des ressources naturelles (Ndoye et al. , 1997; Awono et al. , 2009). La part des PFNL dans les revenus annuels des ménages s’élève à 40 pour cent en moyenne. Le niveau de ces revenus varie en fonction des régions, des marchés, des produits concernés et de leur saisonnalité (Awono et al. , 2009). Au plan mondial, cette contribution se situe autour de 25 pour cent (Angelsen et Babigumira, 2010). Dans la plupart des cas, les populations les plus pauvres dominent la collecte et la commercialisation des PFNL au niveau local. Elles s’appuient en permanence sur les ressources forestières pour se soigner, se nourrir, obtenir des revenus, construire des habitations et célébrer leurs rituels (Eyog et al. , 2006). 2. les PFnl, des revenus Pour les ménages Pauvres Des évaluations, effectués en 2010 par le Réseau pour la recherche forestière des pays ACP (FORENET) sur les PFNL au Cameroun, au Congo, en Guinée équatoriale, en RCA et au Gabon, révèlent qu’au moins 500 plantes et 85 espèces animales sont actuellement exploitées dans le bassin du Congo. Au Cameroun par exemple, environ 500 plantes et 82 espèces animales sont collectées dont environ 67 pour cent sont principalement utilisés dans l’alimentation et la fabrication des produits cosmétiques. Les produits extraits d’environ 60 pour cent des espèces sont utilisés à des fins médicinales ou alimentaires par les ménages, ou encore transformés par les industries pharmaceutiques. En RCA, au moins 57 plantes et espèces animales ont été répertoriées pour les soins et la nourriture (N’Gasse, 2010). La même source révèle qu’environ 70 pour cent de la population compte sur les plantes pour rester en bonne santé. Au Congo, au moins 166 espèces végétales sont utilisées comme aliments et 176 comme médicaments pour le traitement de 289 maladies (Profizi et al. , 1993). En RDC, plus de 169 espèces de plantes sont destinées à l’alimentation et 166 au traitement de maladies (Toirambe, 2007). Au Gabon, 58 familles 15 L’indice de développement humain, créé par le Programme des Nations Unies pour le développement en 1990, est un indice statistique composite pour évaluer le niveau de développement humain des pays du monde, fondé sur trois critères: l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation et le niveau de vie.