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J Chir 2007,144, N°6 • © 2007. Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Technique chirurgicale
Résection iléo-cæcale par laparoscopie
pour maladie de Crohn
F. Bretagnol, A. Alves, Y. Panis
Service de Chirurgie colorectale, Pôle des Maladies de l’Appareil digestif, Hôpital Beaujon (APHP)
– Clichy.
Correspondance : F. Bretagnol, Service de Chirurgie colorectale, Pôle des Maladies de l’Appareil
digestif, Hôpital Beaujon, 100 Boulevard du général Leclerc, F 92110 Clichy.
e-mail : frederic.bretagnol@bjn.aphp.fr
Mots-clés : Technique chirurgicale. Intestin grêle. Iléon. Colon. Maladie de Crohn. Iléite
terminale. Résection iléo-cæcale. Laparoscopie.
Introduction
La maladie de Crohn iléo-cæcale avec iléite terminale est pro-
bablement une des meilleures indications en chirurgie colo-
rectale de la laparoscopie [1]. Une étude randomisée a com-
paré la résection iléocæcale par laparoscopie à la chirurgie
ouverte (n = 60) et concluait à des résultats comparables en
termes de consommation postopératoire d’analgésiques et de
reprise du transit [2]. Les auteurs notaient, après laparoscopie,
une amélioration de la fonction respiratoire postopératoire
(p = 0,03), une réduction du taux de complications mineures
(p < 0,05). De plus, la laparoscopie minimise le traumatisme
de la paroi abdominale chez des patients souvent jeunes (souci
esthétique) et qui sont susceptibles d’être réopérés (80 %
d’entre eux sont opérés au moins une fois et 30 à 40 % deux
fois) avec de plus, une réduction de l’immunosuppression pos-
topératoire qui pourrait jouer un rôle primordial dans les ma-
ladies inflammatoires de l’intestin.
Actuellement, nous recommandons la laparoscopie en
première intention surtout en cas de sténose iléale terminale,
voire de récidive après première résection iléo-cæcale. Pour
les patients présentant un abcès et/ou une fistule interne, nous
tentons aussi systématiquement une approche laparoscopique,
même si, comme nous l’avons montré [3], ces situations aug-
mentent significativement le risque de conversion en laparo-
tomie. En revanche nous préférons toujours privilégier l’ap-
proche classique par laparotomie en cas d’interventions
réalisées en urgence pour péritonite par perforation, et en cas
de maladie de Crohn étagée du grêle où l’exploration de l’en-
semble du grêle (notamment avec une sonde de Foley) peut
être rendue difficile par laparoscopie, mais la contre-indi-
quons dans un contexte d’urgence (péritonite par perforation),
d’abcès volumineux, de fistule complexe ou de Crohn étagé
[4].
Nous préférons, puisqu’il s’agit d’une pathologie bénigne,
réaliser la dissection du colon droit par un abord dit « laté-
ral », c’est-à-dire une dissection de dehors en dedans où seule
la libération colique est faite par laparoscopie, les ligatures vas-
culaires, la colectomie et l’anastomose étant faites ex situ par
une mini-laparotomie habituellement transversale droite.
L’abord par en dehors ne nécessite pas de ranger parfai-
tement les anses grêles afin de visualiser l’ensemble du méso-
colon droit et des pédicules vasculaires, puisque les ligatures
vasculaires sont faites ex situ. Il n’y a, en effet, aucun intérêt à
réaliser des curages vasculaires à l’origine, ni à réséquer le
maximum de mésocolon surtout si celui-ci présente une sclé-
rolipomatose dont l’exérèse à tout prix serait inutile voire dan-
gereuse.