Communications affichées / Néphrologie & Thérapeutique 10 (2014) 331–378 343 protéinurie > 0,8 g/j après traitement par inhibiteur du système rénine angiotensine pendant au moins 3 mois. Les patients étaient traités par unalfa à 0,25 g 2/semaine. Après 3 mois de traite- ment, nous avons comparé le dosage de la protéinurie des patients avant et après l’introduction du traitement pour les 3 cohortes de patients : (C1) mis sous vitamine D avec (C2) mis sous ARAII et (C3) mis sous les 2 traitements. Chaque 8 semaines, nous avons mesuré la protéinurie des 24 h, Ca, P, PTH, créatinine. Résultats L’âge médian : 28 ans, sex-ratio : 1,9. Nous avons constaté que le groupe traité par alfacalcidol (C1) avait une dimi- nution de la protéinurie de (2 à 1, 30 g/24 h) avec un changement de l’excrétion urinaire des protéines de + de 21 %, alors que le groupe (C2) avait une diminution significative de protéinurie de (2 à 0,5 g/24 h) avec un changement de l’excrétion urinaire de protéine de + 41 %, par contre dans le groupe (C3) la baisse de protéinurie était faible (2 à 1,8 g/24 h) avec un changement de l’excrétion uri- naire de protéine de 5 %. Aucune différence significative n’a été observée dans la diminution DFG et PA entre les 3 groupes. Discussion et conclusion L’étude a montré que les patients trai- tés par vit D et ARAII avaient une diminution significative de leur protéinurie. La vitamine D semble avoir des effets antiprotéinu- riques par l’activation du récepteur de la vitamine D par plusieurs mécanismes. Des études expérimentales ont montré que la vita- mine D agit comme un régulateur endocrinien négatif du SRA. Par conséquent, les effets sur l’inhibition du SRA représentent une cible importante dans le traitement de la néphropathie à IgA. Conclusions L’association de la vitamine D à un inhibiteur du SRA a entraîné une diminution de la protéinurie chez les patients pré- sentant une néphropathie à IgA. Déclaration d’intérêts Les auteurs n’ont pas transmis de déclara- tion d’intérêt. Pour en savoir plus NEJM. AJKD. http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2014.07.167 AN32 Les vascularites « double-positives » : une forme rare et particulièrement sévère de vascularite systémique M. Clerte 1,∗ , C. Levi 1 , M. Touzot 2 , F. Fakhouri 3 , P. Durieux 4 , E. Charlin 5 , A. Huart 6 , V. Audard 7 , E. Daugas 8 , G. Mourad 9 , E. Thervet 1 , A. Karras 1 1 Néphrologie, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris, France 2 Néphrologie, Hôpital Kremlin-Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre, France 3 Néphrologie, CHU Nantes, Nantes, France 4 Néphrologie, Centre Hospitalier de Wallonie Picarde, Tournai, Belgique 5 Néphrologie, CHU Strasbourg, Strasbourg, France 6 Néphrologie, CHU Toulouse Rangueil, Toulouse, France 7 Néphrologie, Hôpital Henri Mondor, Créteil, France 8 Néphrologie, CHU Bichat Claude Bernard, Paris, France 9 Néphrologie, CHU Montpellier, Montpellier, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : maeva.clerte@gmail.com (M. Clerte) Introduction Les vascularites double-positives sont une entité rare caractérisée par la présence d’ANCA associés à des anticorps anti-membrane basale glomérulaire (anti-GBM). L’objectif de cette étude est de décrire la présentation clinique et le pronostic rénal de cette pathologie. Matériels et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective conduite dans 14 centres hospitaliers belges et franc ¸ ais. Résultats Dix-neuf patients de 67 ± 21 ans ont été inclus à ce jour. Tous présentaient un syndrome inflammatoire biologique (CRP 109 ± 90 mg/L) et une anémie (Hb 8,7 ± 1,5 g/dL). Quatre- vingt-quinze pour cent avaient des signes généraux (perte de poids > 2 kg, fièvre > 38 ◦ C, myalgies, arthralgies, atteinte neuro- logique ou digestive). La majorité (15/19) avait également une symptomatologie respiratoire (dyspnée ou hémoptysie), mais un seul patient a nécessité une ventilation mécanique. Le syndrome de glomérulonéphrite rapidement progressive était constant, asso- ciant insuffisance rénale aiguë, protéinurie et hématurie lorsqu’il n’y avait pas d’anurie (2/19). Le taux de créatinine moyen au dia- gnostic était de 855 ± 515 mol/L, nécessitant une dialyse d’emblée dans 18 cas. L’histologie rénale retrouvait toujours une immuno- fluorescence linéaire, le long des membranes basales. Seize patients présentaient des anti-GBM sériques et tous avaient des ANCA, de spécificité anti-PR3 (4/19) ou anti-MPO (15/19). Hormis 2 patients qui n’ont pas rec ¸ u de traitement immunosuppresseur, tous ont été traités par corticothérapie, cyclophosphamide et échanges plas- matiques. Des complications iatrogènes ont été rapportées chez 9 patients. Aucun des patients dialysés d’emblée n’a pu en être sevré. Deux patients ont présenté une rechute de la maladie. Discussion et conclusion Les vascularites double-positives par- tagent des caractéristiques cliniques avec les vascularites à ANCA, comme les signes généraux et extra-rénaux, ainsi qu’un risque potentiel de récidive. Cependant, l’atteinte rénale est particulière- ment sévère et rarement réversible, se rapprochant du syndrome de Goodpasture. Déclaration d’intérêts Les auteurs n’ont pas transmis de déclara- tion d’intérêt. http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2014.07.168 AN33 La glomérulonéphrite membranoproliférative : expérience du service de néphrologie de Sousse M. Ben Salah ∗ , S. Nouira , Y. Guedri , A. Belarbia , S. Mrabet , W. Sahtout , A. Azzabi , D. Zallema , A. Achour Service de Néphrologie, Dialyse et Transplantation Rénale, Centre Hospitalo-Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : manell bs@hotmail.com (M. Ben Salah) Introduction Les glomérulonéphrites membranoprolifératives (GNMP) représente un ensemble de glomérulopathies dont la défi- nition est histologique. Leur incidence ne dépasse pas 5 % dans les pays industrialisés. Elle peut représenter jusqu’à 40 % dans les pays en voie de développement. Patients et méthodes Nous proposons d’étudier les carac- téristiques épidémiologiques et cliniques des cas de GNMP diagnostiqués sur une série de 760 biopsies rénales faites entre l’année 2006 et l’année 2014. Résultats Le bilan étiologique devant une GNMP comportait un examen clinique minutieux, et une série d’examens complé- mentaires exhaustifs ; notamment un bilan immunologique et infectieux complet. La prévalence de la GNMP dans notre série était de 2,8 % soit 22 cas. L’âge moyen de nos malades était de 36,8 ans. On a noté une prédominance masculine avec 15 hommes et 7 femmes. La présentation clinique initiale était un syndrome néphrotique impur dans la majorité des cas. Une hypocomplémentémie était retrouvée dans 16 cas. Une insuffisance rénale était constatée chez 18 patients. La GNMP était primitive dans treize cas et secon- daire dans les neuf autres. Parmi les étiologies secondaires on note quatre cas d’infection chronique, deux cas de cryoglobulinémie mixte, un cas d’allergie alimentaire, un cas de lupus érythémateux systémique et un cas d’hépatopathie chronique. Le traitement étio- pathogénique à base de corticoïdes était administré dans sept cas de GNMP primitive. Il était associé à un traitement immunosuppres- seur dans quatre cas. Tous les patients avaient rec ¸ u un traitement néphroprotecteur. Discussion et conclusion Dans notre série nous constatons confor- mément aux données de la littérature une faible prévalence de la