600 Société Française de Dermatologie Ann Dermatol Venereol 2007;134:599-619 poids de naissance inférieur à 1 500 g (5,9 p. 100, p < 0,0001) et prématuri- té (terme inférieur à 37 SA) (27,7 p. 100, p < 0,0001). Commentaires. Cette étude a mon- tré, tant en analyse univariée que multivariée, que la réalisation d’un geste prénatal est associée à la surve- nue d’un hémangiome à la naissance, qu’il s’agisse d’un geste invasif ou non. La réalisation d’une simple amniocentèse est également associée à la survenue d’hémangiome. La force de cette association est mo- dérée, peut-être en raison d’un man- que de puissance dû au faible nombre de gestes réellement inva- sifs. L’étude descriptive des héman- giomes confirme les données de l’étude de Haggstrom et al. (étude prospective de 1 058 patients, sous presse) : prédominance féminine, fai- ble poids de naissance et prématurité. – Syndrome PHACES : fréquence des malformations associées, origine vasculaire de l’atteinte cérébrale. Étude de 15 cas M. PIRAM (1), N. BODDAERT (2), F. BRUNELLE (2), C. PARSY (3), S. HADJ-RABIA (1), E. BOURDON-LANOY (1), C. BODEMER (1), Y. DE PROST (1), D. HAMEL (1) Introduction. L’acronyme PHACES [1] associe une malformation de la fosse Postérieure, un Hémangiome facial de grande taille, des anomalies Artérielles, une Coarctation de l’aorte ou des anomalies Cardiaques, des anomalies oculaires (Eyes), des ano- malies Sternales ou du raphé Supra ombilical. Le but de cette étude était d’une part de préciser les malforma- tions et leur fréquence, d’autre part de mieux étudier les anomalies céré- brales associées. Matériel et méthodes. Étude rétros- pective et prospective des dossiers des enfants présentant des héman- giomes de grande taille du visage tou- chant au moins 2 territoires du nerf trijumeau, vus en consultation de dermatologie entre 1987 et 2006. Le terme « PHACES » a été retenu lorsqu’une autre des malformations de l’acronyme était associée à l’hémangiome : nous comparons nos données à 3 séries de la littérature. Les IRM cérébrales ont été relues et analysées. Résultats. Quinze patients (13 filles) âgés de 21 jours à 5,6 ans lors de la première consultation, répondaient à nos critères d’inclusion. Le suivi moyen était de 1,7 an (0-5 ans). L’hé- mangiome était télangiectasique en plaque (n = 8) ou tubéreux 7 (n = 7). Il était congénital 12 fois, atteignait 13 fois le territoire V1, 10 fois le V2 et 10 fois le V3, 6 fois le V1V2V3 ; il était bilatéral 4 fois, en « hémibarbe » 3 fois et en « barbe » 2 fois, et tou- chait l’hémiface gauche 11 fois (droite n = 8). On notera un déficit en GH et une fente labiale dans notre série. Discussion. Des anomalies ORL et/ou de la ligne médiane sont fré- quemment rapportées. Un autre cas de déficit en GH a été récemment décrit [2]. La relecture des IRM cérébrales (n = 9) a montré 3 types d’anomalies différentes : 1) une prise de contraste anormale intra-cérébrale (type angio- me), 2) des anomalies à type de suré- lévation du 4 e ventricule associé à une dysplasie vermienne et à une hypoplasie d’un hémisphère cérébel- leux pouvant correspondre à une ano- malie vasculaire anténatale (faux Dandy Walker) et 3) des anomalies des artères cérébrales (agénésie caro- tide interne, agénésie PICA gauche). Commentaires. Tout patient porteur d’un hémangiome de grande taille du visage doit faire évoquer un syndrome PHACES [2]. Nous proposons un bi- lan paraclinique systématique com- portant une échographie cardiaque, une angioIRM cérébrale, un angio- TDM cervicothoracique et une radio- graphie sternale. Lorsque l’hémangiome est localisé en barbe ou hémibarbe, le risque d’une association avec une atteinte laryngée est impor- tant. Par ailleurs, une origine vasculai- re aux anomalies cérébrales nous semble une hypothèse intéressante. Références 1. Frieden IJ et al. PHACE syndrome. Arch Dermatol 1996;132:307-11. 2. Metry DW et al. A prospective study of PHACE syndrome in infantile hemangiomas. Am J Med Genet 2006;140:975-86. – Sensibilisation à l’avoine chez l’enfant atteint de dermatite atopique : prévalence, risques et facteurs favorisants F. BORALEVI (1), P. BOUSSAULT (1), E. SAUBUSSE (2), A. SARRAT (3), S. MAURICE-TISON (2), M. PERROMAT (1), C. LÉAUTÉ-LABRÈZE (1), A. TAÏEB (1) Introduction. Le contact avec cer- tains allergènes contenus dans les cosmétiques usuels peut aggraver les signes de dermatite atopique (DA) chez certains enfants. Notre objectif était de mesurer la prévalence de la sensibilisation aux protéines d’avoine et d’en évaluer les risques et les fac- teurs favorisants. Patients et méthodes. Nous avons mené une étude prospective de juin 2001 à 2004 chez les enfants âgés de 3 mois à 15 ans consultant pour une DA modérée à sévère. Étaient réalisés : patch-tests (APT) avec 3 concentrations d’extraits d’avoine Rhéalba (laboratoires Pierre Fabre), prick-tests (SPT) avec un ex- trait d’avoine à 1 p. 100 (laboratoires Allerbio) et dosage des IgE spécifi- ques (f7 et g14). Seuls les APT positifs à 2 croix au moins étaient considérés positifs. Un test de provocation orale (TPO) était proposé aux enfants ayant un test cutané positif. Puis, un ques- tionnaire standardisé concernant l’exposition à l’avoine (utilisation dans un produit local, consommation orale ou production annuelle d’avoi- ne dans le canton d’habitation) était soumis à un sous-groupe de 67 enfants testés consécutivement. Résultats. Au total, 302 enfants (152 garçons, âge moyen 5 ans) ont été inclus. Les patch-tests et les prick- tests étaient positifs respectivement dans 44 (14,6 p. 100) et 58 cas (19,2 p. 100). Significativement, les enfants de moins de 2 ans avaient plus souvent des patch-tests (57 p. 100) que des prick-tests positifs (2 p. 100). Inversement, les enfants (1) Service de Dermatologie, (2) Service de Radiologie Pédiatrique, (3) Service de Pédiatrie, Hôpital Necker Enfants-Malades, Paris. (1) Unité de Dermatologie Pédiatrique, (2) Inserm U593, (3) Laboratoire d’Immunologie, Hôpital Pellegrin-Enfants, Bordeaux.