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Pauvreté et population âgée
Philippe Wanner
DOI: https://doi.org/10.33058/seismo.20729.0021
Première édition: December 2020
Dictionnaire de politique sociale suisse
Jean-Michel Bonvin, Valérie Hugentobler, Carlo Knöpfel, Pascal Maeder, Ueli Tecklenburg (dir.)
Publié par : Éditions Seismo, Zurich et Genève
ISBN ePDF 978-2-88351-729-5
ISBN Print 978-2-88351-088-3
Citation conseillée: Wanner, Philippe. 2020. Pauvreté et population âgée. dans Jean-Michel Bonvin, Valérie Hugentobler, Carlo
Knöpfel, Pascal Maeder, Ueli Tecklenburg (dir.), Dictionnaire de politique sociale suisse. Zurich : Éditions Seismo, DOI
https://doi.org/10.33058/seismo.20729.
Dans les sociétés occidentales, l’allongement de la durée de vie durant le XXe siècle a conduit à une rapide progression de la
population atteignant les âges de la vieillesse. Ces âges sont caractérisés entre autres par une fragilité accrue et une baisse
des capacités fonctionnelles. Les transitions démographiques des deux siècles écoulés ont aussi conduit à une diminution de la
natalité qui, conjointement à la mobilité spatiale, à la divortialité, et à l’individualisme croissant, a fragilisé les solidarités
familiales. Ainsi, de plus en plus d’aîné·e·s, principalement des femmes, finissent leur vie dans un ménage individuel. La part
des personnes restant définitivement sans enfant augmente régulièrement et la présence de proches à proximité immédiate du
ménage âgé, susceptibles de fournir de l’aide pratique ou financière, est de moins en moins fréquente.
Ces évolutions ont précarisé la situation économique de la population âgée au cours de la première moitié du XXe siècle, ceci
d’autant plus que les transformations du marché du travail ont rendu difficile l’exercice d’une activité rémunérée en période de
post-retraite. Par ailleurs, les inégalités salariales croissantes se répercutent sur la situation économique au moment de la
retraite et conduisent à la formation de groupes précarisés qui côtoient d’autres groupes privilégiés.
En Europe, la mise en place de systèmes de retraite a tenté de répondre à ces tendances et représente un substitut à la
solidarité intergénérationnelle et intrafamiliale. En Suisse, le 1er pilier a été instauré en 1948, mais les prestations
complémentaires n’ont été introduites qu’en 1966, alors que la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle rendant obligatoire
le 2e pilier date de 1985. Ainsi, les personnes nées avant la Seconde Guerre mondiale ont souvent une prévoyance vieillesse
partielle. Parallèlement, alors que la population active bénéficiait directement de la prospérité économique d’après-guerre pour
accroître ses revenus, les retraité·e·s ont observé une très lente adaptation de leur pouvoir d’achat, Pour ces raisons, jusqu’à la
fin du XXe siècle, on a jugé la situation économique des personnes âgées comme précaire, comparativement aux actifs. Des
données empiriques plus récentes nuancent cependant l’hypothèse d’une précarité accrue des retraité·e·s comparativement
aux actifs et actives.
Des difficultés entachent la mesure de la pauvreté, qui est définie par l’Office fédéral de la statistique (OFS) comme une
insuffisance de ressources (matérielles, culturelles et sociales) telle que les personnes sont exclues du niveau de vie minimal
reconnu comme acceptable dans le pays où elles vivent. Deux approches sont généralement utilisées pour identifier les
ménages pauvres. La première vise à comparer le revenu déclaré par les ménages au moment d’enquêtes par rapport à un
seuil. Celui-ci peut être défini de manière absolue : les normes de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS)
servent alors généralement de seuil de référence (2 200 francs par mois pour un adulte, 3 050 francs pour deux adultes sans