© 2022. This work is licensed under the Creative Commons Attribution-NonCommercial NoDerivatives 4.0 License. (CC BY- NC-ND 4.0) Downloaded from https://seismoverlag.ch/fr/daten-woerterbuch/armut-und-altere-bevolkerung/ by guest on 02 October 2023 Pauvreté et population âgée Philippe Wanner DOI: https://doi.org/10.33058/seismo.20729.0021 Première édition: December 2020 Dictionnaire de politique sociale suisse Jean-Michel Bonvin, Valérie Hugentobler, Carlo Knöpfel, Pascal Maeder, Ueli Tecklenburg (dir.) Publié par : Éditions Seismo, Zurich et Genève ISBN ePDF 978-2-88351-729-5 ISBN Print 978-2-88351-088-3 Citation conseillée: Wanner, Philippe. 2020. Pauvreté et population âgée. dans Jean-Michel Bonvin, Valérie Hugentobler, Carlo Knöpfel, Pascal Maeder, Ueli Tecklenburg (dir.), Dictionnaire de politique sociale suisse. Zurich : Éditions Seismo, DOI https://doi.org/10.33058/seismo.20729. Dans les sociétés occidentales, l’allongement de la durée de vie durant le XXe siècle a conduit à une rapide progression de la population atteignant les âges de la vieillesse. Ces âges sont caractérisés entre autres par une fragilité accrue et une baisse des capacités fonctionnelles. Les transitions démographiques des deux siècles écoulés ont aussi conduit à une diminution de la natalité qui, conjointement à la mobilité spatiale, à la divortialité, et à l’individualisme croissant, a fragilisé les solidarités familiales. Ainsi, de plus en plus d’aîné·e·s, principalement des femmes, finissent leur vie dans un ménage individuel. La part des personnes restant définitivement sans enfant augmente régulièrement et la présence de proches à proximité immédiate du ménage âgé, susceptibles de fournir de l’aide pratique ou financière, est de moins en moins fréquente. Ces évolutions ont précarisé la situation économique de la population âgée au cours de la première moitié du XXe siècle, ceci d’autant plus que les transformations du marché du travail ont rendu difficile l’exercice d’une activité rémunérée en période de post-retraite. Par ailleurs, les inégalités salariales croissantes se répercutent sur la situation économique au moment de la retraite et conduisent à la formation de groupes précarisés qui côtoient d’autres groupes privilégiés. En Europe, la mise en place de systèmes de retraite a tenté de répondre à ces tendances et représente un substitut à la solidarité intergénérationnelle et intrafamiliale. En Suisse, le 1er pilier a été instauré en 1948, mais les prestations complémentaires n’ont été introduites qu’en 1966, alors que la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle rendant obligatoire le 2e pilier date de 1985. Ainsi, les personnes nées avant la Seconde Guerre mondiale ont souvent une prévoyance vieillesse partielle. Parallèlement, alors que la population active bénéficiait directement de la prospérité économique d’après-guerre pour accroître ses revenus, les retraité·e·s ont observé une très lente adaptation de leur pouvoir d’achat, Pour ces raisons, jusqu’à la fin du XXe siècle, on a jugé la situation économique des personnes âgées comme précaire, comparativement aux actifs. Des données empiriques plus récentes nuancent cependant l’hypothèse d’une précarité accrue des retraité·e·s comparativement aux actifs et actives. Des difficultés entachent la mesure de la pauvreté, qui est définie par l’Office fédéral de la statistique (OFS) comme une insuffisance de ressources (matérielles, culturelles et sociales) telle que les personnes sont exclues du niveau de vie minimal reconnu comme acceptable dans le pays où elles vivent. Deux approches sont généralement utilisées pour identifier les ménages pauvres. La première vise à comparer le revenu déclaré par les ménages au moment d’enquêtes par rapport à un seuil. Celui-ci peut être défini de manière absolue : les normes de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS) servent alors généralement de seuil de référence (2 200 francs par mois pour un adulte, 3 050 francs pour deux adultes sans