Communications Orales / Néphrologie & Thérapeutique 15 (2019) 261–289 285 l’évolution récente des caractéristiques des donneurs vivants et étudier l’évolution du risque d’IRT. Méthodes Nous avons étudié l’évolution des caractéristiques des donneurs vivants de rein en France entre 2007 et 2017, en utilisant le registre Cristal Donneur Vivant. Nous avons calculé le risque d’IRT prédit à l’aide d’un calculateur en ligne pour tous les donneurs. Dans un sous-groupe de donneurs, nous décrivons l’évolution de la fonction rénale un an après le don. Résultats obtenus ou attendus Nous avons inclus 3483 don- neurs (dont 1610 avec un suivi). L’âge moyen est passé de 48,2 ans (IC95 : 46,5, 49,8 ans) en 2007 à 51,8 ans (IC95 : 50,8, 52,8 ans) en 2017 (p < 0,001). La proportion de donneurs obèses (IMC 30 kg/m 2 ) était stable (6,8 % en 2007 et 11,8 % en 2017 ; p = 0,15). Le DFG moyen n’a pas changé significativement. Il était de 92,7 mL/min/1,73m 2 (IC95 : 90,4–95,1 mL/min/1,73m 2 ) en 2007 contre 95,0 mL/min/1,73m 2 (IC95 : 93,8–96,2 mL/min/1,73m 2 ) en 2017. Le risque d’IRT prédit 20 ans après le don n’était pas différent entre 2007 et 2017. Le DFG un an après le don représentait 68 % du DFG prédon en 2007, alors qu’il ne représentait que 65,1 % en 2017 (p = 0,03). Conclusion Les donneurs vivants récents peuvent différer des donneurs plus anciens, mais, de manière rassurante pour la pratique du don vivant de rein, en France, les modifications des caractéristiques des donneurs vivants n’ont pas entraîné d’augmentation significative du risque d’IRT. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.nephro.2019.07.055 CO-T05 Les nouveaux anticoagulants oraux directs en transplantation rénale : résultats d’une étude pilote J. Leon 1, , J. Zuber 1 , L. Amrouche 1 , D. Anglicheau 1 , G. Divard 1 , Dominique Bertrand 2 , Jérôme Olagne 3 , Xavier Delavenne 4 , Legendre 1 , R. Sberro-Soussan 1 1 Service de néphrologie et transplantation de l’hôpital Necker, Paris, France 2 Service de néphrologie, dialyse et transplantation, centre hospitalier universitaire de Rouen, Rouen, Haute-Normandie, France 3 Service de néphrologie et transplantation, hôpitaux universitaires de Strasbourg, Nouvel Hôpital Civil, Strasbourg, France 4 Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, centre hospitalier universitaire, Saint-Étienne, France Auteur correspondant. Adresse e-mail : juliette.leon@gmail.com (J. Leon) Introduction Les anticoagulants oraux sont fréquemment pres- crits en transplantation rénale pour la prévention et le traitement des évènements thromboemboliques. Introduits en 2011, les anti- coagulants oraux directs (AODs) se sont montrés aussi efficaces et mieux tolérés que les anti-vitamines K (AVKs) dans la population générale. Cependant, les données sur leur utilisation en transplan- tation sont rares. Méthodes Nous avons réalisé une étude analytique d’une cohorte prospective de patients greffés rénaux sous AOD, contrôlée, avec une cohorte de comparaison sous AVK, et multicentrique, avec deux cohortes de validation. Tous les patients greffés rénaux ayant rec ¸ u un traitement par AOD pendant plus d’un mois, entre 2013 et 2018, ont été inclus, suivis puis comparés à une cohorte contrôle sous AVK. Les patients âgés de plus de 80 ans, avec une fonction rénale inférieure à 30 mL/min ou porteurs d’une valve mécanique ont été exclus. Les évènements thrombotiques, hémorragiques et les conséquences sur le greffon ont été analysés. Résultats obtenus ou attendus Un total de 52 patients transplan- tés rénaux (63 % hommes, 62 ans d’âge moyen, fonction rénale moyenne de 59 mL/min) ont débuté un traitement par AOD à l’hôpital Necker, dans un délai de 87 mois après la transplantation. L’indication principale était la fibrillation auriculaire (60 %), suivi de la maladie thromboembolique veineuse (29 %). Aucune compli- cation thrombotique n’a été rapportée au cours d’un suivi moyen de 13.3 mois. En comparaison au groupe sous AVK (n = 50), le taux de saignements sous AOD a été inférieur (11.5 versus 22.9 pour 100 patients-année). Ces résultats ont été confirmés dans deux cohortes de validation [Strasbourg (n = 11) et Rouen (n = 9)] (Fig. 1). Conclusion Les AODs apparaissent être efficaces et bien tolérés dans une sous-population sélectionnée de transplantés rénaux avec une fonction rénale stable. Un essai clinique randomisé est néces- saire pour confirmer ces résultats. Fig. 1 Courbe de survie de Kaplan–Meier du risque cumulé. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.nephro.2019.07.056 CO-T06 L’IRM de diffusion permet de détecter une augmentation de la fibrose intersitielle avant la baisse de la fonction rénale L. Berchtold , L.A. Crowe , I. Friedli , S. Moll , T. De Perrot , P.Y. Martin , J.P. Vallée , S. De Seigneux Hôpitaux universitaires de Genève, Genève, Suisse Auteur correspondant. Adresse e-mail : lena.berchtold@hcuge.ch (L. Berchtold) Introduction La fibrose interstitielle rénale est un facteur pronos- tique majeur dans l’insuffisance rénale chronique. La fibrose est estimée de routine par biopsie rénale. L’IRM de diffusion semble prometteuse pour l’évaluation non invasive de la fibrose. La diffé- rence de l’ADC (deltaADC) entre le cortex et la médulla obtenu par une IRM de diffusion corrèle avec le pourcentage de fibrose. Méthodes Le but de cette étude est d’étudier l’intérêt de l’IRM de diffusion et du deltaADC pour le suivi de la fibrose rénale chez un même patient au cours du temps. Nous avons inclus prospective- ment 19 patients greffés rénaux qui ont eu deux biopsies rénales dans leur suivi néphrologique. Une IRM a été effectuée lors de chaque biopsie. Résultats obtenus ou attendus Les patients sont majoritaire- ment caucasiens (89,9 %), de sexe masculin (63,2 %) avec un âge médian de 51 ans. La première biopsie a été réalisée à 12,4 mois post-transplantation (IQR 12,0–49,1) et la deuxième 38,4 mois