310 ΰΤΧΪΧΪΟ 9,, RULJLQDOQL QDXマQL UDG 8'. '2, ᦐOO Radana Lukajić Université de Banja Luka Faculté de philologie )0,1,7 '(0(85( /( 6<0%2/,60( '( /$ 0$,621 (7 '( /$ )(00( '$16 9,//$ '(6 )(00(6 '( &+$5,) 0$-'$/$1, 5ォVXPォ Notre article porte sur l’analyse du roman Villa des femmes de Charif Majdalani, sous l’optique d’un décryptage du symbolisme polyvalent de la Maison et de la Femme. En effet, comme nous avons tâché de le montrer, il y a une corrélation évidente, à la fois symbolique et ontologique, entre la notion de la féminité et les lieux d’habitation. Si c’est à l’homme, en tant que principe actif, pour parler dans les termes d’un symbolisme archaïque, mythique ou purement symbolique, qu’appartient le rôle de partir, construire, voire détruire, les femmes restent attachées au foyer, à la demeure, au domaine familial, à la terre, conçue comme un lieu où tout commence et prend fin. Le tissu narratif de Villa des femmes est une stylisation – délibérée ou non – de nombre de motifs archétypaux et mythiques relevant de cette opposition dont les origines sont quasi-immémoriales. Cela dit, même si le récit reste bien connoté par un cadre spatio- temporel plus ou moins précis, l’auteur le situe également dans un illo tempore en nous racontant à sa manière, et sur un style admirable, les cosmogonies anciennes, toujours menacées, mais répétitives, répétées, dans un éternel retour du même. 0RWVFOォV maison, femme, terre, féminité, virilité, mythe, archétype, héros, immanence, transcendance. Car la maison est notre coin du monde. Elle est — on l’ a souvent dit — notre premier univers. Elle est vraiment un cosmos. Un cosmos dans toute l’ acception du terme […] La maison, dans la vie de l’homme, évince des contingences, elle multiplie ses conseils de continuité. Sans elle, l’homme serait un être dispersé. Elle maintient l’homme à travers les orages du ciel et les orages de la vie. Elle est corps et âme. Elle est le premier monde de l’être humain. (Bachelard 1961 : 32 ; 35)