L'encéphalopathie liée au sepsis, des progrès
dans la compréhension de sa
physiopathologie et ses interventions non
pharmacologiques
Gaëlle Bécel
1,2
, Eléonore Bouchereau
1,3
, Aurélien Mazeraud
1,2,3
, Tarek Sharshar
2,3
1. Université Paris Descartes, 75006 Paris, France
2. Hôpital européen Georges-Pompidou, service de réanimation médicale, 75015
Paris, France
3. Centre hospitalier Sainte-Anne, service de réanimation médicochirurgicale, 75014
Paris, France
Correspondance :
Tarek Sharshar , Centre hospitalier Sainte-Anne, service de réanimation
médicochirurgicale, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France.
tsharshar@gmail.com
Disponible sur internet le :
29 novembre 2019
Mots clés
Sepsis
Encéphalopathie associée
au sepsis
Neuro-inflammation
Réanimation
Microglie
Physiopathologie
Résumé
L'encéphalopathie liée au sepsis (EAS) est une complication des infections sévères. Son diagnostic
repose sur l'examen clinique et est formalisé par des check-lists ou des algorithmes. Son incidence
est estimée à 20–40 % des patients admis en réanimation pour une infection. Elle se traduit par
des anomalies de l'examen clinique, telles que des troubles de la conscience ou de la vigilance,
associés à des anomalies électroencéphalographiques ou radiologiques. La survenue de crises
convulsives généralisées est rare, bien que les anomalies épileptiques soient fréquentes à l'EEG.
Des signes neurologiques de localisation sont parfois observés, souvent en rapport avec des
accidents ischémiques ou hémorragiques intracrâniens. L'EAS est pourvoyeuse de troubles psy-
chologiques (anxiété, dépression, suicide) et cognitifs à long terme, altérant la qualité de vie des
patients, mais également d'une surmortalité probablement en rapport avec la persistance de
troubles de la déglutition. Sa physiopathologie implique des processus neuro-inflammatoires
ischémiques, associés à des perturbations métaboliques, conduisant à une crise métabolique et
à une mort cellulaire. Des perturbations de l'autorégulation cérébrale ont récemment été mises en
évidence. À ce jour, il n'existe pas de stratégie pharmacologique ciblant la neuro-inflammation, ni
la neuro-transmission (y compris une stratégie de sédation) permettant de réduire l'incidence, la
durée ou la sévérité de l'EAS. Les interventions non pharmacologiques proposées pour la pré-
vention ou le traitement du delirium doivent être appliquées chez les patients septiques,
notamment la mobilisation précoce, l'arrêt de la sédation et la réhydratation, la prise en charge
des inconforts physiques et psychologiques et le retrait des médicaments pro-délirants.
tome 6 > n81 > janvier 2020
https://doi.org/10.1016/j.anrea.2019.11.012
© 2019 Publié par Elsevier Masson SAS au nom de Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar).
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Revue
Anesth Reanim. 2020; 6: 67–74
en ligne sur / on line on
www.em-consulte.com/revue/anrea
www.sciencedirect.com