Posters A283 par culture et/ou biologie moléculaire, retrouvait 11 espèces fon- giques différentes (phaehyphomycètes n = 13, hyphomycètes n = 4, dermatophyte n = 1, et mucorales n = 1). Le bilan d’extension était toujours négatif. La recherche de bêta-D-glucanes était toujours positive. Le traitement ATF par azolés (posaconazole n = 13, vorico- nazole n = 3) ou ambisome IV (n = 2) durant 10 mois en moyenne a été associé à la chirurgie dans 11 cas. Les effets secondaires étaient constants, principalement un surdosage en immunosuppres- seurs (61 %) ou une dégradation de la fonction rénale (89 %). Discussion Ce travail souligne la grande diversité de filamenteux responsables de MCSC chez les TR. La documentation mycologique, indispensable, a permis d’adapter le traitement ATF selon leur spectre de sensibilité. Les interactions médicamenteuses entre ATF et immunosuppresseurs nécessitent un monitorage adapté. Conclusion Devant une lésion cutanée chez un TR il faut savoir évoquer une infection fongique et réaliser des biopsies profondes à visée mycologique et anatomopathologique. Mots clés Champignon filamenteux ; Mycose sous-cutanée ; Transplantation d’organe Annexe A Matériel complémentaire Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible en ligne sur : https://doi.org/10.1016/ j.annder.2019.09.460. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont dispo- nibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder. 2019.09.460. https://doi.org/10.1016/j.annder.2019.09.460 P295 Panaris multiples et résistants révélant un syndrome de vol vasculaire M. Bouchaala 1,* , F. Smaoui 2 , S. Ben Hmida 2 , M. Koubaa 2 , C. Marrakchi 2 , H. Turki 1 , M. Ben Jemaa 2 1 Dermatologie et vénéréologie 2 Maladies infectieuses, CHU Hedi-Chaker, Sfax, Tunisie Introduction Le syndrome de vol vasculaire est une complica- tion ischémique, secondaire à la création d’un hyperdébit au niveau d’une fistule artério-veineuse, responsable d’une hypoperfusion dis- tale. Nous rapportons l’observation d’une femme ayant eu des troubles trophiques des doigts liés à un syndrome de vol vasculaire compliqué de multiples panaris pulpaires. Observations Une femme de 62 ans ayant pour principal anté- cédent une insuffisance rénale chronique secondaire à une néphroangiosclérose, hémodialysée depuis 8 mois. Elle a présenté depuis 5 mois un acrosyndrome douloureux et une onychopathie de tous les doigts de la main gauche. L’examen des ongles a mon- tré une leuconychie avec onycholyse distale et une hyperkératose sous unguéale. Elle a développé des ulcérations pulpaires et sous unguéales de ces doigts avec issue de pus à la pression des pha- langes distales. Les signes cliniques étaient présents uniquement du côté de la fistule d’hémodialyse. L’examen bactériologique du pus a montré la présence de deux bactéries : Proteus mirabilis et Ente- roccocus feacalis. L’examen mycologique des ongles a été négatif. L’échographie-doppler artériel a montré un flux rétrograde dias- tolique de l’artère radiale, sans sténose de celle-ci, objectivant un syndrome de vol vasculaire secondaire à la fistule. La patiente a été traitée par tazocilline et gentamicine sans amélioration notable puis elle a été adressée en chirurgie cardiovasculaire pour complément de prise en charge chirurgicale. Discussion Le syndrome de vol vasculaire est une complication des fistules d’hémodialyse. La physiopathologie, les facteurs de risque aggravants, les manifestations cliniques et les modalités thé- rapeutiques de ce syndrome sont discutés. En fait, il est important de reconnaître les premiers signes cutanés comme l’onychopathie unilatérale afin de prévenir les troubles trophiques et la surinfection bactérienne comme dans le cas de notre patiente. Elle n’a pas été améliorée malgré une antibiothérapie bien adaptée par voie paren- térale, ceci pouvant s’expliquer par la mauvaise diffusion tissulaire du traitement par hypoperfusion sanguine en aval da la fistule. En effet, seule une prise en charge chirurgicale adaptée permet de guérir l’infection et d’éviter le stade des complications ischémiques irréversibles nécessitant une amputation plus ou moins étendue. Conclusion Le syndrome de vol vasculaire compliquant une fis- tule de dialyse peut avoir des conséquences graves. Sa sémiologie précoce est importante à connaître au vu de la simplicité et de l’efficacité de son traitement à ce stade. Il existe plusieurs stades cliniques pouvant aboutir à des ulcérations cutanées et nécroses digitales avec un risque infectieux non négligeable mettant en jeu le pronostic vital devant la fragilité du terrain et l’absence de réponse au traitement médical. Mots clés Hémodialyse ; Panaris ; Syndrome de vol vasculaire ; Ulcérations digitales Annexe A Matériel complémentaire Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible en ligne sur : https://doi.org/10.1016/ j.annder.2019.09.461. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont dispo- nibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder. 2019.09.461. https://doi.org/10.1016/j.annder.2019.09.461 P296 Phénomène de Lucio révélant une lèpre due à une souche de Mycobactérium leprae résistante à la dapsone aux Antilles P. Musson 1,* , L. Flumain 2 , Y. Negesse 3 , T. Muller 3 , S. Guyomard 3,4 , N. Cordel 5 , I. Fabre 5 1 Maladies infectieuses et tropicales/dermatologie 2 Maladie infectieuses et tropicales/dermatologie 3 Anatomopathologie, CHU de Guadeloupe 4 Laboratoire mycobactéries, institut Pasteur-Guadeloupe 5 Maladies infectieuses et tropicales/dermatologie, CHU de Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe Introduction La maladie de Hansen n’est plus un problème de santé publique aux Antilles mais elle n’est pas éradiquée. Nous rap- portons un cas de lèpre lépromateuse révélée par un phénomène de Lucio. Cette vasculite nécrotique considérée comme un état réactionnel de type II est habituellement observée en Amérique centrale. Observations Suite à l’évolution défavorable d’une plaie post- traumatique de la cheville droite, une femme de 72 ans subissait un débridage chirurgical. Le lendemain, elle développait un pur- pura extensif des membres inférieurs puis supérieurs avec livédo nécrotique. L’analyse histologique initiale montrait une vascularite leucocytoclasique intense. Cependant le facies léonin, la madarose, la présence de nodules sur les oreilles et l’hypoesthésie des extré- mités amenaient à rechercher une lèpre, hypothèse confirmée par la présence de bacilles de Hansen 4+ au niveau des lobes d’oreilles. La présence des BH dans les lésions de livédo nécrotique authenti- fiait un phénomène de Lucio au cours d’une lèpre multi-bacillaire (MB). Une polychimiothérapie (PCT) MB associant dapsone, rifampi- cine, lamprène était instaurée associée à du thalidomide pendant 7 semaines par analogie avec le traitement des états réactionnels de type II. À 6 mois du début de la PCT, l’identification de la souche