Communications orales S425 Génétique CO010 Maladie de Cowden et hypertrophie tissulaire unilatérales en rapport avec un mosaïcisme de type 1 du gène PTEN F. Caux 1,* , F. Coulet 2 , C. Colas 2 , L. Laroche 1 , M. Longy 3 , N. Sevenet 3 1 Service de dermatologie, centre de référence MAGEC, hôpital Avicenne, Bobigny, France 2 Service de génétique, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris, France 3 Laboratoire d’oncogénétique, Institut Bergonié, Bordeaux, France * Auteur correspondant. Introduction La maladie de Cowden est une maladie autosomique dominante caractérisée par des lésions cutanéo-muqueuses et des hamartomes multiples du sein, de la thyroïde et du tube digestif. Elle est liée à des mutations germinales du gène PTEN et prédispose aux cancers. Nous rapportons une forme clinique particulière ne touchant qu’un hémicorps. Observations Une femme de 34 ans était adressée pour suspicion de maladie de Cowden à l’occasion de la découverte d’une maladie de Lhermitte-Duclos touchant le lobe gauche du cervelet et prouvée histologiquement. Elle avait comme antécédent une thyroïdectomie pour goitre multihétéronodulaire, un strabisme de l’œil gauche opéré à l’âge de 7 ans, une épiphysiodèse du genou gauche à l’âge de 12 ans, un lipome de la cuisse gauche traité par liposuccion et des nodules du sein gauche. Depuis la naissance, il existait une hypertrophie hémicorporelle gauche. L’examen derma- tologique trouvait 2 papules des gencives, des lentigines des lèvres, des doigts et des pieds, et des acrokératoses limitées aux pieds et au majeur gauches. Il existait aussi une hypertrophie corporelle gauche harmonieuse, une ptose du sein gauche et une macrocé- phalie. Une recherche de mutation du gène PTEN réalisée sur l’ADN leucocytaire par séquenc ¸age Sanger était négative. Devant cette suspicion de mosaïcisme de type 1 du gène PTEN, une biopsie cuta- née était prélevée sur la partie gauche du corps. Les fibroblastes étaient cultivés et l’épiderme séparé du derme par digestion à la dispase. Résultats Le séquenc ¸age NGS de l’ADN leucocytaire mon- trait une mutation faux sens délétère du codon 130 (c.389 G > C—p.Arg130Pro) dans l’exon 5 avec un ratio allélique muté/sauvage de 6,9 %. Le séquenc ¸age Sanger trouvait un rap- port muté/sauvage à environ 65 % dans les fibroblastes, 60 % dans le derme et 70 % dans l’épiderme. Ces résultats démontraient un mosaïsme de type 1 du gène PTEN. Discussion L’atteinte lésionnelle unilatérale et l’hémihyper- trophie étaient évocatrices de mosaïcisme de type 1 du gène PTEN. Le séquenc ¸age NGS dans les tissus lésionnels a confirmé ce diagnostic alors que la mutation PTEN n’était pas en quantité suf- fisante dans l’ADN leucocytaire pour être détectée par la méthode habituelle de séquenc ¸age Sanger. L’hypertrophie hémicorporelle unilatérale n’a jamais été décrite dans la maladie de Cowden. Elle illustre le rôle de PTEN dans la croissance cellulaire. Elle rappelle le syndrome Solamen associant maladie de Cowden classique et hyper- trophie tissulaire complexe et massive qui est en rapport avec un mosaïcisme de type 2 de PTEN. Conclusion Nous rapportons pour la première fois un mosaïcisme de type 1 du gène PTEN associé à une hypertrophie hémicorporelle harmonieuse. Une mutation du gène PTEN doit donc être recherchée en cas d’hyperplasie tissulaire, afin de détecter la prédisposition aux cancers associée à cette anomalie génétique. Mots clés Hypertrophie hémi-corporelle ; Mosaïcisme ; PTEN ; Maladie de Cowden Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2015.10.011 CO011 Histoire naturelle des lésions cutanées au cours du pseudoxanthome élastique N. Navasiolava 1,* , S. Marechal-Girault 1 , A. Pararajasingam 2 , A. Croué 1 , G. Lefthériotis 1 , L. Martin 1 1 CHU d’Angers, France 2 Université de Liverpool, Royaume-Uni * Auteur correspondant. Introduction Le pseudoxanthome élastique (PXE) est une maladie génétique multisystémique caractérisée par la calcification progres- sive et la fragmentation des fibres élastiques. Les manifestations cutanées typiques sont des papules jaunâtres, parfois confluentes en plaques, des faces latérales du cou et des grands plis. Le but de notre étude était de préciser l’histoire naturelle des lésions cutanées de PXE dans une cohorte prospective et d’apprécier la prévalence des lésions atypiques. Matériel et méthodes Le diagnostic de PXE était défini par la démonstration d’une élastorrhexie dermique et la présence de stries angioïdes, et/ou confirmé par les mutations du gène ABCC6. Les lésions cutanées atypiques étaient diagnostiquées cliniquement et/ou histologiquement. Résultats La cohorte comprenait 138 patients (91 femmes), l’âge moyen au premier bilan dans notre centre était de 43 ± 17 ans. Le diagnostic de PXE était indiscutable chez 122 patients, douteux chez 14, et deux patientes avaient un PXE variant secondaire à une ano- malie du gène GGCX. Deux patients sur 122 (1,6 %) n’avaient pas de lésions cutanées typiques de PXE mais une élastorrhexie his- tologique était présente. Chez les 120 patients avec des lésions cutanées typiques, l’âge d’apparition des premières lésions était : à la naissance 1,7 %, avant 5 ans 9 %, entre 5 et 10 ans 25 %, entre 10 et 15 ans 20 %, entre 15 et 20 ans 17 %, après 20 ans 21 %, inconnu 6,7 %. Les manifestations initiales de PXE étaient majoritairement (81 %) situées au niveau du cou. Une extension à d’autres territoires cutanés était notée dans 74 % des cas. Les atteintes cutanées se stabilisaient vers l’âge de 40 ans. Une disparition partielle de cer- taines lésions était observée dans 5,8 % des cas. Les lésions cutanées atypiques trouvées à l’interrogatoire et/ou présentes à l’examen étaient : lésions acnéiformes (comédons, kystes) 37 % des patients, perforantes 4,2 %, granulomateuses 1,7 %, érythème sur les plaques de PXE 11 %. Dans la plupart des cas, les lésions acnéiformes étaient situées sur le cou et/ou la nuque. Les lésions perforantes et granulo- mateuses étaient axillaires, ombilicales, cervicales. La topographie de l’érythème était variable. Discussion À notre connaissance, cette cohorte est la plus grande jamais rapportée ; elle dépasse la série historique de Neldner (100 cas, en 1988, avant l’ère du diagnostic moléculaire). Les principaux enseignements sont la prévalence importante des lésions acnéi- formes et l’existence de « poussées inflammatoires ». La plupart de lésions atypiques de PXE illustrent un processus d’évacuation des fibres élastorrhexiques. Les lésions perforantes correspondent à l’élimination transépidermique de fibres élastiques calcifiées, les lésions granulomateuses à leur phagocytose. La nature des lésions érythémateuses est inconnue, mais pourrait être intimement liée à la physiopathologie de la maladie. Conclusion Les lésions atypiques sont fréquentes et diverses au cours du PXE. Mots clés Lésions acnéiformes ; Lésions atypiques de PXE ; Lésions inflammatoires ; Pseudoxanthome élastique Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2015.10.012