Georges Perec est né à Paris le 7 mars 1936 de parents juifs polonais. Son enfance, marquée par la mort de son père à la guerre de 1940 et de sa mère, déportée, se déroule au sein de sa famille paternelle. Il abandonne ses études de Lettres et de psychologie en 1954 pour une carrière littéraire qui débute véritablement dix ans plus tard avec la publication des Choses et de Quel petit vélo chromé au fond de la cour ?, en 1966. Il rejoint l'OULiPo, l'atelier d'écriture expérimentale de Raymond Queneau et publie, en 1967, Un homme qui dort, puis, en 1969, La disparition; son célèbre roman écrit sans la lettre e. Auteur de textes empreints de sociologie et de psychanalyse, comme La boutique obscure et Espèces d'espaces, Georges Perec tente également d'élaborer une grande ouvre autobiographique et qu'il ne terminera jamais, mais que l'on retrouve dans W ou le souvenir d'enfance et Je me souviens, un texte où, avec le roman majeur qu'est La vie mode d'emploi, prix Médicis 1978, cet écrivain passionné du quotidien cherche à dresse l'inventaire du monde réel. Georges Perec est mort à Ivry en 1982. Georges Perec, Les choses, une histoire des années soixante, René Julliard, 1965 "En 1965 paraît le premier roman d'un inconnu, Georges Perec, dont le titre et le sous-titre sont déjà tout un programme : Les Choses, une histoire des années 60. Maurice Nadeau, directeur des "Lettres nouvelles" chez Julliard, savait-il qu'il venait de découvrir là l'un des auteurs français les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle ? La même année, le livre reçoit le prix Renaudot et il n'a cessé, depuis cinquante ans, d'être lu et relu, s'imposant comme un classique. Deux jeunes gens, Sylvie et Jérôme, à peine sortis de leurs études de sociologie, vivent sur leurs maigres revenus d'enquêteurs pour des agences publicitaires. Mais leurs aspirations au luxe, aux belles choses, aux vêtements de bonne finition, aux meubles racés, à une vie d'oisiveté dans un décor où chaque détail serait pensé, s'opposent à la trivialité de leur vie réelle : un minuscule deux-pièces où s'entassent pêle-mêle livres, disques et vêtements achetés aux puces, un métier peu reluisant, une incapacité à donner de l'envergure à leur existence. Pourquoi le bonheur leur semble-t-il aussi inaccessible ? Est-ce parce qu'il ne peut échapper, selon eux, à la condition de posséder des "choses" ? " "Dans ce récit si simple et uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique. Il nous décrit la vie quotidienne d'un jeune couple des années soixante issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié aux choses. "C'est qu'il y a, dira Georges Perec, entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé... Ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre." Citations : "La vie, là, serait facile, serait simple. Toutes les obligations, tous les problèmes qu'implique la vie matérielle trouveraient une solution naturelle." (p. 14) "Ils auraient aimé être riches." (p. 17)