© MASSON Rev Neurol (Paris) 2004 ; 160 : 5, 511-521 511
V. FRAIX et coll.
Revue générale
La stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinson
V. Fraix
1,3
, P. Pollak
1,3
, S. Chabardes
2,3
, C. Ardouin
1,3
, A. Koudsie
2,3
,
A. Benazzouz
4
, P. Krack
1,3
, A. Batir
1,3
, J.-F. Le Bas
5
, A.-L. Benabid
2,3
1
Département de Neurologie, Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble, Grenoble.
2
Service de Neurochirurgie, Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble, Grenoble.
3
INSERM U 318, Université Joseph Fourier, Grenoble.
4
Laboratoire de Neurophysiologie, CNRS UMR 5543, Université Victor Segalen, Bordeaux.
5
Unité d’Imagerie par Résonance Magnétique, Centre Hospitalier de Grenoble, Grenoble.
RÉSUMÉ
Le traitement neurochirurgical de la maladie de Parkinson (MP) par stimulation cérébrale profonde (SCP) a été introduit pour la première
fois en 1987. Il a depuis lors connu un développement considérable lié non seulement aux limites du traitement médicamenteux mais
également à l’amélioration des techniques d’imagerie cérébrale et aux progrès réalisés dans la connaissance du fonctionnement des gan-
glions de la base. Le tremblement résistant au traitement médicamenteux et les complications motrices liées à la lévodopa constituent les
principales indications de SCP dans la MP. Le noyau ventral intermédiaire du thalamus (Vim) fut la première cible utilisée pour le traitement
des tremblements sévères. L’inconstance des effets observés sur la rigidité et l’akinésie parkinsoniennes ainsi que sur les dyskinésies liées
à la lévodopa limite les indications de la stimulation du Vim au traitement du tremblement essentiel invalidant. Le pallidum interne et le
noyau subthalamique sont les deux autres cibles indiquées dans le traitement des formes sévères de MP. La stimulation du pallidum interne
est indiquée chez des patients présentant des dyskinésies invalidantes. Elle a l’avantage de pouvoir être réalisée de façon bilatérale, sans
complication arthrique, posturale ou neuropsychologique majeure par rapport aux pallidotomies. La taille et la complexité de fonctionnement
de la structure pallidale sont vraisemblablement à l’origine de la variabilité des effets observés et des résultats obtenus par différentes
équipes. Le noyau subthalamique constitue la cible de référence pour le traitement neurochirurgical de la MP. Sa stimulation chronique
permet de contrôler l’ensemble des symptômes de la triade parkinsonienne. L’amélioration de l’état moteur permet de réduire considéra-
blement le traitement médicamenteux et, par ce mécanisme, les dyskinésies liées à la lévodopa. Des complications sévères peuvent sur-
venir dans 2 à 4 p. 100 des cas. Il s’agit d’infections sur matériel implanté et de contusions hémorragiques. Ces techniques
neurochirurgicales ne peuvent être mises en œuvre que par des équipes pluridisciplinaires regroupant des neurochirurgiens experts en
stéréotaxie fonctionnelle, des neurologues spécialisés dans les troubles du mouvement, des neuroradiologues, des neuropsychologues et
des kinésithérapeutes. Ce sont des techniques sophistiquées dont l’indication doit être posée avec discernement.
Deep brain stimulation.
V. Fraix, P. Pollak, S. Chabardes, C. Ardouin, A. Koudsie, A. Benazzouz, P. Krack, A. Batir, J.-F. Le Bas, A-L. Benabid, Rev Neurol (Paris)
2004; 160: 5, 511-521.
SUMMARY
The present renewal of the surgical treatment of Parkinson’s disease, almost abandoned for twenty years, arises from two main reasons.
The first is the better understanding of the functional organization of the basal ganglia. It was demonstrated in animal models of Parkinson’s
disease that the loss of dopaminergic neurons within the substantia nigra, at the origin of the striatal dopaminergic defect, induces an
overactivity of the excitatory glutamatergic subthalamo-internal pallidum pathway. The decrease in this hyperactivity might lead to an
improvement in the pakinsonian symptoms. The second reason is the improvement in stereotactic neurosurgery in relation with the progress
in neuroimaging techniques and with intraoperative electrophysiological microrecordings and stimulations, which help determine the location
of the deep brain targets. In the 1970s chronic deep brain stimulation in humans was applied to the sensory nucleus of the thalamus for
the treatment of intractable pain. In 1987, Benabid and colleagues suggested high frequency stimulation of the ventral intermediate nucleus
of the thalamus in order to treat drug-resistant tremors and to avoid the adverse effects of thalamotomies. How deep brain stimulation works
is not well known but it has been hypothetized that it could change the neuronal activities and thus avoid disease-related abnormal neuronal
discharges. Potential candidates for deep brain stimulation are selected according to exclusion and inclusion criteria. Surgery can be applied
to patients in good general and mental health, neither depressive nor demented and who are severely disabled despite all available drug
therapies but still responsive to levodopa. The first session of surgery consists in the location of the target by ventriculography and/or brain
Tirés à part : V. FRAIX, Département de Neurologie, CHU de Grenoble, BP 217, 38043 Grenoble Cedex 9.
E-mail : Valerie.Fraix@ujf-grenoble.fr