Les médicaments antidépresseurs influencent-ils les passages à l’acte auto- et hétéroagressifs ? Héloïse Delavenne 1,2 , Frederico Duarte Garcia 1,2 , Florence Thibaut 3 1. Centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle, université de Rouen, unité Inserm U1073, 76031 Rouen, France 2. Universidade Federal de Minas Gerais, Belo Horizonte, Departemento de Saude Mental, MG, Brésil 3. Centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle, université de Rouen, unité Inserm U614, 76031 Rouen, France Correspondance : Héloïse Delavenne, centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle, unité de psychiatrie, 1, rue de Germont, 76031 Rouen, France. heloise.delavenne@gmail.com Disponible sur internet le : 6 septembre 2012 Psychiatrie/The ´rapeutique en ligne sur / on line on www.em-consulte.com/revue/lpm www.sciencedirect.com Presse Med. 2013; 42: 968976 ß 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. 968 Mise au point Key points Do antidepressant treatments influence self-harm and aggressive behaviors? Depression is a frequent disorder with a lifetime prevalence of 25% in women and 12% in men. General practitioners are responsible for the majority of antidepressant prescriptions in France. Antidepressant treatments decrease the suicide risk in adult patients with a depressive disorder or suicidal behavior. However, antidepressant treatment is not recommended in children or adolescents. Indeed, an increase risk of suicide has been reported in this population in previous studies, especially when antidepressant treatment is started. The treatment of adolescents with major depression or suicidal behaviors must be preferentially conducted by a specialized care team. A clinical evaluation must be done very carefully before the onset of antidepressant treatment. In some specific clinical contexts, antidepressant treatments may be used to decrease levels of impulsiveness and aggres- siveness. However, the efficacy of antidepressant treatment on violent behaviors is still not clearly determined by Points essentiels Le trouble dépressif est fréquent avec une prévalence vie entière de 25 % chez les femmes et 12 % chez les hommes. Les médecins généralistes sont les principaux prescripteurs des traitements antidépresseurs en France. Les antidépresseurs ont un effet protecteur significatif sur le risque suicidaire chez les patients adultes souffrant d’un trou- ble dépressif ou ayant des conduites suicidaires. En revanche, chez les enfants ou les adolescents, la prescrip- tion d’un antidépresseur en première intention est décon- seillée. En effet, la littérature signale une augmentation du risque suicidaire dans cette tranche d’âge lors de l’introduction d’un antidépresseur. La prise en charge d’adolescents déprimés ou ayant des conduites suicidaires doit de préférence être confiée à un réseau de soins spécialisés et l’évaluation clinique doit être très rapprochée lors de l’initiation d’un antidépresseur. Les antidépresseurs peuvent être utilisés, par certains clini- ciens spécialistes travaillant avec des patients violents, pour améliorer leurs comportements impulsifs et hétéroagressifs. Toutefois, l’influence des traitements antidépresseurs sur les comportements violents ou agressifs n’est pas clairement établie par manque d’études avec un fort niveau de preuve. tome 42 > n86 > juin 2013 http://dx.doi.org/10.1016/j.lpm.2012.06.015