Cet article utilise une campagne de dératisation, montée à Hanoi en
1902 par l’administration coloniale, à explorer les limites du pouvoir de
l’état dans la ville coloniale. Au début, les égouts municipaux d’Hanoi
représentaient le sommet du modernisme et du rationalisme de la “mis-
sion civilisatrice” française. Mais les nombreux problèmes de santé, de
travail, et de qualité de vie qui se produisaient ont bientôt révélé une
crise profonde et surprenante qui confrontait l’administration coloniale.
L’arrivée d’armées de rats dans les maisons de la communauté blanche
en était la manifestation la plus évidente, la plus dangereuse, et la plus
ennuyante, surtout quand la peste se déclarait dans le quartier européen.
Quand les investigateurs ont compris que ces visiteurs sans invitation
arrivaient par les égouts, l’état engageait des équipes d’indigènes pour les
combattre, mais sans effet durable et avec des résultats inattendus. Cet
épisode est révélateur des illusions, des hypocrisies, et des paradoxes du
pouvoir colonial français.
A
t the height of the empire, France deployed two generations of
administrators, technocrats, and engineers to develop, modernize,
and control the seemingly backward societies of West Africa, North
Africa, Southeast Asia, and Oceania. True believers in the Third Republic’s
“mission to civilize,” these agents of modernity had nothing but faith in the
power of French science, reason, and technology to solve the problems of
the tropical world. A corollary of the colonial enterprise was building sym-
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OF RATS, RICE, AND RACE:
THE GREAT HANOI RAT MASSACRE,
AN EPISODE IN FRENCH COLONIAL HISTORY
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Michael G. Vann
Michael Vann is Lecturer in the Department of History at the University of Santa Clara, California.
© French Colonial History
Vol. 4, 2003, pp. 191-204
ISSN 1539-3402