POINT DE VUE DE L ’EXPERT / EXPERT’S POINT OF VIEW
Drainage endoscopique des collections intra-abdominales
post-pancréatitiques
Endoscopic drainage of abdominal collections following pancreatitis
R. Gérard · J. Branche · J. Boitard · P. Bulois · P. Houcke · V. Maunoury
© Springer-Verlag France 2013
Résumé L ’évolution des pancréatites aiguës ou chroniques
peut se compliquer de collections liquidiennes intra-abdomi-
nales riches en amylase. Si la plupart régressent spontanément,
d’autres doivent être drainées en raison d’une complication,
essentiellement infection et compression des structures de voi-
sinage. Ce drainage peut être réalisé par voie chirurgicale,
radiologique ou endoscopique, le plus souvent transgastrique,
parfois transduodénale. Cette dernière voie d’abord connaît un
succès croissant depuis qu’elle peut être échoguidée ; elle offre
en effet l’avantage d’un drainage interne qui permet une évo-
lution plus rapidement et définitivement favorable.
Le drainage, après ponction échoguidée, consiste à réali-
ser une gastrokystostomie pour y glisser deux endoprothèses
en téflon en double queue de cochon ; en cas de contenu
épais de la collection, un drain nasokystique supplémentaire
de lavage est mis en place pendant quelques jours. Une ali-
mentation entérale est reprise sans délai. En cas d’infection,
une antibiothérapie optimisée sur la culture du prélèvement
est prescrite.
Au regard de notre expérience, qui porte sur 76 patients
depuis cinq ans, et des données de la littérature, le drainage
interne échoguidé des collections intra-abdominales post-
pancréatitiques symptomatiques apparaît être une procédure
efficace avec une morbidité faible. L ’échoguidage permet de
s’affranchir de l’absence de bombement de la collection dans
la lumière digestive, permet une ponction appliquée au plus
près, même pour des collections relativement éloignées,
avec un risque hémorragique diminué. Sous réserve de laver
par un drain nasokystique les collections avec un contenu
épais, il efface la différence pronostique entre les collections
post-nécrotiques (après pancréatites aiguës) et rétentionnel-
les (pancréatites chroniques). Dans la plupart des cas, il dis-
pense d’un abord rétrograde du canal de Wirsung et d’une
nécrosectomie endoscopique. Sous réserve de mettre (et de
ne pas les retirer) deux endoprothèses, la collection ne réci-
dive habituellement pas. La progressive standardisation de
cette méthode, indiquée après concertation multidiscipli-
naire, autorise une rapide réhabilitation des malades.
Mots clés Pseudokystes pancréatiques · Drainage
endoscopique · Échoendoscopie intervetionnelle
Abstract Indications for pancreatic pseudocyst drainage are
persistent symptoms related to its size or the occurrence of
infection. Endoscopic drainage can achieve effective results,
in particular to treat abscesses after acute pancreatitis, accord-
ing to progressive standardization of endoscopic management
of pancreatic drainage: i.e. ultrasonographic guidance, imple-
mentation of two stents, placement of a nasocystic drain for
heavy irrigation of necrotic debris, leaving the stents in place.
Keywords Pancreatic pseudocysts · Endoscopic drainage ·
Endoscopic ultrasound-guided technique
Introduction
L ’évolution des pancréatites aiguës ou chroniques se
complique de collections liquidiennes intra-abdominales,
riches en amylase, dans environ 30 % des cas [1]. Si la plu-
part régressent spontanément, d’autres doivent être drainées
en raison d’une complication, essentiellement une infection
ou une compression des organes ou structures de voisinage.
Ce drainage peut être réalisé par voie chirurgicale, radiolo-
gique ou endoscopique, transgastrique ou transduodénale.
Cette dernière voie d’abord connaît un succès croissant
depuis qu’elle peut être échoguidée et ainsi sécurisée ; elle
offre en effet l’avantage d’un drainage interne qui permet
une évolution plus rapidement et définitivement favorable.
Cet article vise à en décrire les modalités, les résultats et
les avantages au regard de notre expérience [2] qui porte
aujourd’hui sur 76 patients depuis cinq ans.
R. Gérard · J. Branche · J. Boitard · P. Bulois · P. Houcke ·
V. Maunoury (*)
Service des maladies de l’appareil digestif et de la nutrition,
hôpital Huriez, CHRU, rue Michel Polonovski,
F-59037 Lille cedex
e-mail : vincent.maunoury@chru-lille.fr
Acta Endosc. (2013) 43:143-147
DOI 10.1007/s10190-013-0327-z