"Sentant sa mort approcher, le Baal Chem Tov, le maître du Bon Nom, décida de léguer à ses disciples le peu de richesses qu'il possédait. A l'un il fit don de son châle de prière, à l'autre il offrit son livre de psaumes, un troisième reçut sa tabatière en argent... Son serviteur le plus fidèle, Reb Shmouel, attendait que vienne son tour mais, quand le maître eut tout distribué, lui n'avait rien reçu. Alors le Baal Chem Tov se tourna vers lui avec un sourire et lui dit : "A toi j'offre mes histoires. Tu parcourras le monde entier pour les faire entendre." Surpris, Reb Shmouel remercia le maître, en qui il avait toujours eu une confiance absolue, sans comprendre vraiment la portée de cet héritage. Le maître mourut. Reb Shmouel resta seul. Il se disait au fond de lui-même : "Est-ce là un héritage ? Des histoires que personne n'entendra ?" Pauvre il était, pauvre il resta... Mais un jour, une rumeur commença à circuler, selon laquelle il y avait un homme qui était prêt à payer de très grosses sommes pour entendre des histoires sur le Baal Chem Tov. Reb Shmouel se renseigna et il fit savoir qu'il était l'homme de la situation. On lui fit parvenir une invitation et, après un long voyage, il arriva un vendredi matin dans une grande ville de Russie. Il fut accueilli par l'homme qui l'avait fait venir, qui n'était autre que le président de la communauté lui-même. Le soir même, à l'occasion du shabbat, toute la communauté se réunit autour d'un repas somptueux préparé en l'honneur de l'invité de marque. Au milieu du repas, le président se leva et prit la parole : "Nous avons l'honneur de recevoir