« Les chrétiens de l’Antiquité et la dialectique » Sorbonne Université, 13-14 décembre 2023 « Formes et fonctions de la dialectique dans le De animae quantitate dAugustin » Jérôme Lagouanère jerome.lagouanere@univ-montp3.fr 1 Formes et fonctions de la dialectique dans le De animae quantitate d’Augustin Jérôme Lagouanère (Université Paul-Valéry Montpellier 3 / CRISES) EXEMPLIER NB : Toutes les traductions françaises du an. quant. sont les nôtres. I/ Formes de la dialectique dans le De animae quantitate A/ Une réflexion sur les protocoles dialogiques Texte 1 : Augustin, an. quant. 3, 4 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 136) : Évodius : Emploie l’ordre et la manière que tu veux ; moi, je suis prêt à écouter et à apprendre 1 . Texte 2 : Augustin, an. quant. 7, 12 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 145) : Augustin : Cependant, si tu ne peux réfréner ce désir qui t’a persuadé de parvenir à la vérité par la raison, il te faut supporter de nombreux et longs détours, afin de n’être guidé par aucune autre raison que celle qui seule doit être appelée raison, c’est-à-dire la raison vraie ; et non seulement une raison vraie, mais aussi certaine et étrangère à toute apparence de fausseté, du moins si celle-ci peut être trouvé par un être humain en quelque façon, de sorte qu’aucune discussion fausse ou vraisemblable ne puisse te conduire loin d’elle 2 . Texte 3 : Augustin, an. quant. 4, 5 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 136) : Augustin : Tu fais bien, mais je veux que tu me répondes quand j’interrogerai. Peut-être, en effet, ce que j’entreprends de t’enseigner, le sais-tu déjà toi-même 3 . Texte 4 : Augustin, an. quant. 15, 26 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 163) : Augustin : Pour tout dire, tu poses des questions qui m’ont aussi souvent taraudé. C’est pourquoi je ne suis pas pris au dépourvu pour te répondre comme j’en ai l’habitude avec moi ; quant à savoir si je réponds bien, la raison qui te conduit en jugera. Cependant, quelle qu’elle soit, je ne peux faire plus, à moins que par hasard, au cours de notre discussion, une meilleure réponse ne me vienne à la pensée par une inspiration divine. Mais allons, si tu veux, selon notre usage, de sorte que, sous la conduite de la raison, ce soit toi-même qui te répondes à toi- même. Et d’abord cherchons si le fait que l’être humain, quand il avance en âge, est plus apte aux habitudes humaines et est de plus de plus aguerri en ces domaines, est un argument certain prouvant que l’esprit croît avec le corps. Évodius : Fais comme il te plaît ; car, pour ma part, j’approuve tout à fait cette manière d’apprendre et d’enseigner. En effet, je ne sais comment, quand je donne une réponse de moi-même à ce que je cherchais 1 Augustin, an. quant. 3, 4 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 136) : E. Vtere quo uis ordine ac modo, ego audire et discere paratus sum. 2 Augustin, an. quant. 7, 12 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 145) : A. Si autem cupiditatem istam refrenare non potes, qua tibi persuasisti ratione peruenire ad ueritatem, multi et longi circuitus tibi tolerandi sunt, ut non ratio te adducat, nisi ea quae, sola ratio dicenda est, id est uera ratio ; et non solum uera, sed ita certa, et ab omni similitudine falsitatis aliena, si tamen ullo modo haec ab homine inueniri potest, ut nullae disputationes falsae aut uerisimiles ab ea te possint traducere . 3 Augustin, an. quant. 4, 5 (CSEL 89, ed. W. Hörmann, p. 136) : A. Recte facis ; sed uolo interroganti mihi respondeas ; fortasse enim ea, quae te docere conor, ipse iam nosti.