S36 Colloque Adelf-Emois / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 66 (2017) S33–S55 Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.respe.2018.01.074 P8 L’hybridation des médecins hospitaliers et la réduction du slack (exemple des durées de séjours) : le rôle des techniciens d’information médicale (TIM) M. Barreda a,* , I. Georgescu a , P. Aubas b a Montpellier recherche en management, Montpellier management, Montpellier, France b Département de l’information médicale, CHU de Montpellier, Montpellier, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : barreda.marlene@gmail.com (M. Barreda) Introduction Le terme hybridation correspond au résultat du processus par lequel, aux compétences traditionnelles des médecins, s’ajoutent des compé- tences gestionnaires. La littérature distingue l’hybridation forcée, résultat d’une pression organisationnelle, d’une hybridation « librement consentie » permet- tant de préserver l’autonomie et l’identité professionnelles. En France, quelques travaux suggèrent une hybridation forcée des médecins due à une pression admi- nistrative. En l’absence de travaux sur une hybridation « librement consentie », notre étude, dans un modèle d’interaction médecin-TIM, tente de comprendre comment les médecins s’hybrident à des compétences gestionnaires et font face aux logiques financières. Méthodes Notre étude a été réalisée dans un Centre hospitalier universitaire où une partie du codage du PMSI est réalisé en commun médecins-TIM. Nous avons réalisé une étude de cas en situation réelle (320 heures d’observations) complétée par 10 entretiens informels avec les TIM et cinq avec des méde- cins. Les données retranscrites ont fait l’objet d’une analyse qualitative de contenu : analyse débutant par une première lecture d’immersion suivie d’une relecture mot à mot pour faire émerger les codes, enfin organisation des codes en catégories. Résultats Notre analyse montre que l’interaction médecin-TIM est efficace en termes d’hybridation. Lors du codage partagé, les TIM aident les médecins, parfois réticents, à s’approprier les règles du codage. Ils contribuent à favoriser l’optimisation du codage et à améliorer l’exhaustivité des éléments relatifs à la valorisation des séjours. Lors des interactions, les TIM questionnent les méde- cins sur d’éventuels potentiels inexploités des capacités d’hospitalisation. Ils sensibilisent les médecins à la réduction des durées de séjour par une démarche de « benchmarking ». Certains médecins réorganisent le planning du séjour, et entrent dans une phase de réduction d’un surplus mal exploité. Discussion/Conclusion Les TIM sont des agents d’une hybridation « accom- pagnée » des médecins qui devient alors un moyen leur permettant de regagner du pouvoir au sein des organisations hospitalières. Par leur interaction et leur rôle de soutien, ils concourent à la création d’un climat organisationnel favorable à la réduction du « slack ». Mots clés Hybridation ; Hôpital public franc ¸ais ; Médecins hospitaliers ; Technicien de l’information médicale ; Codage partagé Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.respe.2018.01.075 P9 Comment s’assurer que le codage clinique est bien réalisé ? Une proposition méthodologique S. Baron * , A. Diallo , C. Duclos Département d’information médicale, groupe hospitalier hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, Paris, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : sophie.baronjauffred@gmail.com (S. Baron) Introduction Les données issues du Programme de médicalisation du système d’information étant utilisées dans de nombreux domaines, les établissements de santé doivent mesurer la qualité du codage, analyser les erreurs de codage. Nous présentons les étapes de mise en œuvre d’un audit sur la qualité du codage clinique dans le cadre d’un codage décentralisé. Méthodes Pour réaliser un audit, il faut définir : le nombre de séjours audités (un minimum de 200 séjours est recommandé, une stratification de l’échantillon est possible : par codeur, pathologies, services...) ; un codage de référence (réalisé par un seul codeur, un binôme clinicien/codeur, obtenu par une méthode de consensus...) ; les indicateurs de l’audit (exactitude et complétude du codage, changement de groupage et de valorisation) ; la typologie des erreurs. Résultats L’audit a été réalisé sur 250 séjours tirés au sort : 50 séjours par pôle/technicienne d’information médicale (TIM) avec une stratification par ser- vice. Les trois médecins seniors ont analysé 247 séjours, leur codage a été considéré comme le « gold standard ». Une analyse globale et sur le codage des diagnostics (11 changements de diagnostic principal, 12 mauvaises hiérar- chisations des diagnostics, ajout et suppression de diagnostics associés) a été réalisée. Un typage des erreurs a été réalisé : mauvaise compréhension clinique, 32 non-respect des consignes de codage, 22 imprécisions des codes utilisés. Discussion/Conclusion La variabilité inter-juges, fréquente dans le codage, rend souhaitable l’obtention d’un codage de référence par consensus entre codeurs. Pour un audit à réaliser régulièrement cette méthodologie chronophage est difficilement applicable. Pour bénéficier de l’expertise des médecins : chaque médecin a audité les séjours du pôle dont il avait la responsabilité : l’effet méde- cin n’est pas analysé. Typer les erreurs est parfois difficile : des diagnostics associés manquants correspondent-ils à une omission volontaire (diagnostics inintéressants pour la valorisation) ou à une incompréhension clinique ? Pour une amélioration continue de la qualité du codage, les résultats de l’audit serviront de support de formation des techniciennes. Mots clés Audit ; Contrôle qualité ; T2A ; PMSI ; Codage clinique Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.respe.2018.01.076 P10 Evaluation du risque de diabète associé à l’utilisation des statines J. Bezin a,* , A. Jarne a , B. Bégaud a,b , A. Pariente a,b a Inserm UMR 1219, équipe pharmaco-épidémiologie, université de Bordeaux, Bordeaux, France b Service de pharmacologie médicale, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : julien.bezin@u-bordeaux.fr (J. Bezin) Introduction Les essais cliniques ayant évalué l’efficacité des statines ont montré une augmentation du risque de survenue de diabète avec ces médicaments mais la relation effet–dose reste peu étudiée dans ces analyses. L’objectif de cette étude était d’évaluer le risque de diabète associé à l’utilisation des statines. Méthodes Étude cas–témoins nichée dans une cohorte réalisée à partir des données de l’échantillon généraliste de bénéficiaires sur la période 2005–2015. L’événement d’intérêt était la survenue d’un diabète identifié à partir des don- nées d’hospitalisations, d’affections de longue durée ou de remboursements d’antidiabétique. Le premier des événements identifié constituait la date de réfé- rence ; une fenêtre de six mois avant cette date a été considérée comme période de censure (période de lag-time). Ont été inclus dans les analyses, les patients âgés de 45 ans ou plus ayant un événement d’intérêt entre 2012 et 2015 (cas) et jusqu’à