A274 JDP 2019 est définie par l’apparition d’une nouvelle dermatose sur le site précis d’une ancienne dermatose guérie, souvent herpétique, sans lien avec la nouvelle. Les affections secondaires décrites sont : le granulome annulaire, le lymphome, la leucémie, le psoriasis, le lichen plan, la morphée, les carcinomes et l’angiosarcome. Le diagnostic de DG post-zona est principalement clinique et confirmé par l’étude histopathologique. Le délai de survenue de l’infiltrat est très variable, allant de quelques jours à quelques années. La phy- siopathologie n’est pas claire. La moitié des cas rapportés sont des sujets immunodéprimés. Une leucémie sous-jacente était présente dans 6 cas, y compris celui rapporté ici. L’efficacité inconstante des traitements antiviraux peut s’expliquer par la détection inconstante de l’ADN du virus du zona dans les lésions. Conclusion Nous rapportons deux cas rares de réaction isotopique de Wolf avec une DG sur cicatrice de zona. Il est important de reconnaître cette entité, en particulier chez les patients immuno- déprimés qui peuvent être traités à tort par divers agents antiviraux pour ce qui semble être une infection résistante. Mots clés Granulome ; Réaction isotopique ; Zona Annexe A Matériel complémentaire Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible en ligne sur : https://doi.org/10.1016/ j.annder.2019.09.441. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont dispo- nibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder. 2019.09.441. https://doi.org/10.1016/j.annder.2019.09.441 P276 Test rapide d’orientation diagnostique pour la syphilis K. Souaid * , A. Lampros , N. Dupin Service de dermatologie, hôpital Cochin, Paris, France Introduction Le pari diagnostique fait partie intégrante de notre pratique quotidienne en dermatologie. Certaines situations restent sans réponse malgré une évaluation clinique rigoureuse. Depuis peu, nous voyons apparaître les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD), qui présentent l’avantage de fournir rapidement des infor- mations parfois primordiales. Nous présentons deux cas avec un tableau clinique trompeur et dont le diagnostic a pu être redressé grâce à ce nouvel outil. Observations Cas 1 : une femme de 33 ans, sans antécédents par- ticuliers, en couple, mère d’un garc ¸on de 9 mois présentait depuis 3 mois une éruption érythémateuse finement squameuse du tronc et de la racine des membres associée à une altération de l’état général. Un bilan exhaustif ne montrait pas d’anomalies en dehors d’une sérologie de Lyme positive à 2 reprises. Elle possédait un par- tenaire unique, père de son enfant, et ne rapportait pas de conduite à risque. Cas 2 : un homme de 23 ans consultait au Centre gra- tuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) pour une éruption maculo-papuleuse érythémateuse du tronc évoluant depuis 4 semaines, associée à une asthénie récente. Il s’agissait d’un patient HSH (homme ayant des rapports sexuels avec des hommes), ayant des partenaires multiples (29 durant les 6 derniers mois) et de nombreux rapports non protégés. Chez les deux patients, le bilan était complété par un TROD et un bilan IST complet incluant les sérologies sanguines de la syphilis. Le TROD s’avérait positif pour notre première patiente et était confirmé par un Elisa + et un VDRL à 1/128 ; il était négatif pour notre second patient, dont la sérologie syphilis était négative tant en Elisa qu’en VDRL. Discussion Ces deux cas illustrent clairement la discordance entre la suspicion clinique de syphilis et le résultat final des sérolo- gies. La réalisation du TROD a permis dans le premier cas de poser le diagnostic de syphilis secondaire là où le contexte n’était pas du tout évocateur, et dans le second cas d’éliminer ce diagnostic et de retenir le diagnostic de pityriasis rosé de Gibert alors que l’indice de suspicion était très élevé. Le TROD INSTI multiplex utilisé ici est un test de dépistage rapide des anticorps anti-VIH 1 et 2 et syphilis. Il possède une sensibilité de 72,5 % pour le diagnostic sérologique de la syphilis primaire et de 100 % pour celui de la syphilis secondaire. Sa spécificité est de 100 %. Conclusion Le TROD est donc un moyen rapide, reproductible et fiable dans le diagnostic de la syphilis notamment la syphilis secon- daire. Il ne remplace pas les sérologies sanguines, qui restent le « gold standard » du diagnostic, mais permet une prise en charge rapide et adaptée dans l’attente de ces derniers. Son utilisation devrait être par conséquent plus encouragée et ce test devrait être mis à la disposition d’un plus grand nombre de professionnels de santé, afin de confirmer ou d’infirmer instantanément une suspi- cion de syphilis, maladie dans laquelle les apparences sont souvent trompeuses : car parfois, avec la grande simulatrice, l’habit ne fait pas le moine. Mots clés Syphilis ; Syphilis secondaire ; TROD Annexe A Matériel complémentaire Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible en ligne sur : https://doi.org/10.1016/ j.annder.2019.09.442. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont dispo- nibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder. 2019.09.442. https://doi.org/10.1016/j.annder.2019.09.442 P277 Infection à Rhodococcus equi de localisation inhabituelle, chez l’immunocompétent J. Barbé * , A.-C. Bursztejn , J.-L. Schmutz Dermatologie, CHRU de Nancy, Vandœuvre-Lès-Nancy, France Introduction Rhodococcus equi, anciennement appelé Coryne- bactrium equi, est un pathogène des animaux de ferme tels que les chevaux. Il se manifeste essentiellement chez les immunodépri- més sous la forme de pneumopathies. En raison de la rareté et de l’hétérogénéité de la maladie, les traitements sont peu codifiés et les rechutes sont fréquentes. Nous rapportons un cas de panniculite à R. equi. Observation Une patiente de 53 ans présentait depuis deux ans des nodules inflammatoires des cuisses d’évolution fluctuante, laissant une tache pigmentée lors des phases de régression. Elle pre- nait uniquement de l’acide alendronique pour de l’ostéoporose. À l’examen clinique, nous constations un nodule de la face antérieure de la cuisse associé à des taches pigmentées homolatérales. Ces lésions étaient légèrement douloureuses à la palpation. L’histologie cutanée montrait dans l’hypoderme un infiltrat inflammatoire avec au centre des plages de neutrophiles abcédés et au pourtour des macrophages épithéloïdes associés à quelques lymphocytes, en faveur d’une panniculite lobulaire sans atteinte vasculaire évoquant une panniculite infectieuse. La recherche de l’ADN 16s était posi- tive pour R. equi. La source de contamination était identifiée par un nouvel interrogatoire. La patiente habitait près d’une forêt en compagnie de chiens, de poules et de toutes sortes d’oiseaux. Elle passait la plupart de son temps dans son jardin à cultiver ses plantes et ses légumes, qu’elle mangeait sans les avoir lavés. Un traite- ment par azythromycine et rifampicine pendant trois permettait la régression complète des lésions. Discussion R. equi est un coccobacille à Gram positif, essentiellement rapporté comme pathogène pulmonaire chez l’immunodéprimé, notamment les patients VIH. Cependant,