Posters B221 P228 Étude par microscopie confocale in vivo des macules mélaniques muqueuses : 40 observations S. Debarbieux a , J.-L. Perrot b , N. Erfan c , B. Labeille b , E. Cinotti b , L. Depaepe d , J.-P. Lacour c , L. Thomas a , P. Bahadoran c,* a Service de dermatologie, CHU de Lyon, Lyon, France b Service de dermatologie, CHU de Saint-Étienne, Saint-Étienne, France c Service de dermatologie, CHU de Nice, Nice, France d Service d’anatomie pathologique, CHU de Lyon, Lyon, France * Auteur correspondant. Mots clés : Macule mélanique ; Microscopie confocale in vivo ; Muqueuse ; Pigmentation Introduction.— Les macules mélaniques muqueuses sont des lésions bénignes, mais dont l’aspect clinique peut poser un problème diag- nostique avec un mélanome. La microscopie confocale in vivo (MCIV) est une technique d’imagerie non invasive permettant d’analyser les lésions cutanées avec une résolution proche de l’histologie. L’objectif de notre étude était d’analyser les caractéristiques des macules mélaniques muqueuses en MCIV et de rechercher des cor- rélations avec l’histologie. Matériel et méthodes.— Il s’agissait d’une étude rétrospective mul- ticentrique. Quarante patients consécutifs présentant une macule pigmentée de la muqueuse labiale ou génitale ont été étudiés. Le diagnostic de macule mélanique muqueuse était confirmé histolo- giquement dans 16 cas, et dans les autres cas par une stabilité de la lésion depuis au moins deux ans. L’acquisition des images de MCIV était faite avec un Vivascope 3000 ® , avec des champs de 1 mm, et des coupes étagées de la surface de l’épithélium jusqu’au chorion. Résultats.Les macules mélaniques étaient situées sur la lèvre infé- rieure (50 %), la vulve (30 %), le gland (20 %) et les gencives (0,5 %). En MCIV, on notait des papilles polycycliques (80%), des papilles marginées (80 %), des cellules dendritiques en situation basale (40 %) parfois assez nombreuses (5—10 par papille conjonctive), mais plus rarement intra-épithéliales (10 %), et des mélanophages (33 %). De manière intéressante, ces cellules dendritiques étaient présentes dans 65 % des lentigines labiales et seulement 15 % des lentigines génitales. Discussion.— Les lésions cutanées pigmentées ont largement été étudiées en MCIV mais il existe peu d’études sur les lésions muqueuses. Cette première étude sur les macules mélaniques muqueuses montre dans 80 % des cas un aspect caractéristique de papilles polycycliques bordées d’une assise de cellules épi- théliales pigmentées (papilles dites « marginées »). Cet aspect reflète bien l’hyperplasie épithéliale et l’hyperpigmentation des kératinocytes basaux habituellement observés en histologie. Dans les lentigines muqueuses labiales, on observe dans 65 % des cas des cellules dendritiques basales autour des papilles conjonc- tives, mais contrairement au mélanome il y a peu ou pas de cellules dendritiques intra-épithéliales. Ces cellules dendritiques pourraient correspondre aux mélanocytes dendritiques qui ont été décrits en histologie, ou alternativement à des cellules de Lan- gerhans. Des immunomarquages sont en cours pour clarifier ce point. Conclusion.— La MCIV permet de définir des critères diag- nostiques reproductibles pour le diagnostic des lentigines muqueuses. Une étude comparative avec des mélanomes muqueux est nécessaire pour établir la valeur diagnostique de ces critères. Déclaration d’intérêts.— Aucun. http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2012.10.381 P229 Hyperpigmentation induite par la minocycline mimant un purpura sénile de Bateman : étude histologique et corrélation en microscopie confocale in vivo Y. Harmelin a,* , K. Tsilika a , D. Giacchero a , O. Castelneau a , T. Passeron a,b , J.-P. Lacour a , P. Bahadoran a a CHU de Nice, Nice, France b Inserm U1065 équipe 12, C3M, Nice, France * Auteur correspondant. Mots clés : Hyperpigmentation ; Microscopie confocale in vivo ; Minocycline Introduction.— Quatre types cliniques d’hyperpigmentation liée à la minocycline ont été décrits ; cette pigmentation peut être due à des dépôts de minocycline, à la mélanine ou à des aspects post- inflammatoires. Observations.— Un patient était adressé pour une hyperpigmen- tation des avant-bras, en nappes bleu-noir évoluant depuis trois mois. Il suivait depuis huit mois un traitement par erlotinib pour un adénocarcinome bronchique et un traitement par minocycline à 100 mg par jour avait été introduit en prévention du rash acnéiforme induit par les inhibiteurs de l’EGFR. Il suivait un traitement par anti-agrégeant en raison d’un stent coronarien posé deux ans plus tôt. Depuis, les avant-bras avaient été le siège de purpura de Bate- man. Les lésions actuelles, fixes, étaient apparues à la suite de la prise de minocycline et siégeaient dans des régions photo-exposées, avec un respect de la zone du bracelet de montre. Les muqueuses étaient épargnées. L’examen histologique d’une zone hyperpigmen- tée montrait une hyperpigmentation des cellules basales et des lésions d’élastose actinique associées à des macrophages surchar- gés de pigment brunâtre, fixant le bleu en coloration de Perls. L’examen en MCIV (Vivascope 1500 ® , 785 nm) montrait des kéra- tinocytes brillants et dans le derme des particules brillantes autour d’un noyau sombre prenant une disposition péri-capillaire. Discussion.— Le tableau clinique superpose plusieurs patrons d’hyperpigmentation liée à la minocycline. La survenue sur une peau préalablement traumatisée fait suspecter un dépôt direct de la minocycline dans le derme. Dans cette forme, le pig- ment est constitué de minocycline insoluble complexée avec l’hémosidérine ; histologiquement, la minocycline est confondue avec l’hémosidérine en coloration de Perls. Les particules brillantes disposées autour d’un noyau sombre observées dans le derme super- ficiel en MCIV pourraient correspondre aux dépôts de minocycline dans les macrophages. Par ailleurs, s’agissant de lésions survenant en zone photo-exposée, la brillance des kératinocytes de la couche basale reflète l’hypermélaninose des kératinocytes de la couche basale visible en microscopie optique. Le MCIV présente un intérêt dans les pigmentations iatrogènes, comme cela avait été montré dans l’ochronose. Notre observation illustre que dans la préven- tion ou le traitement des rashs acnéiformes liés à l’utilisation des inhibiteurs de l’EGFR, la doxycycline devrait être préférée à la minocycline, dont les conditions de prescription ont été par ailleurs récemment reprécisées. Conclusion.— Nous décrivons une hyperpigmentation liée à la mino- cycline dont l’analyse au MCIV permet de détecter la minocycline confondue à l’hémosidérine au sein de macrophages sous forme de particules brillantes dans le derme. Déclaration d’intérêts.— Aucun. http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2012.10.382 P230 Microscopie confocale du mamelon : première observation de cancer canalaire du sein B. Labeille a , J.-L. Perrot a , E. Cinotti a,* , C. Douchet b , H. Adegbidi a , F. Cambazard a