14 e Congrès Francophone d’Allergologie – CFA 2019 / Revue française d’allergologie 59 (2019) 242–307 257 cycle, l’enseignement est jugé insuffisant pour 75 % des répondants, de même que la connaissance de la discipline par les étudiants (94 %). Discussion Souffrant toujours d’un défaut de visibilité en sortie d’externat, l’allergologie a été assez souvent encore un choix de 2 e ligne pour cette 2 e promotion de DES. Elle a toutefois attiré davantage que la plupart des autres néo-DES, de par son caractère transversal, son exercice ouvert et le dynamisme de ses acteurs. Une meilleure communication et un enseignement plus poussé en 2 e cycle devraient aider à promouvoir l’allergologie. Conclusion Si l’attractivité de la discipline semble s’améliorer sensiblement depuis la création du DES, le travail doit être poursuivi pour en améliorer l’image et la visibilité, en particulier auprès des étudiants. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas transmis leurs éventuels liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.reval.2019.02.056 Aut-06 La prise en charge de l’allergie aux venins d’hyménoptères : 12 ans d’expérience d’un service spécialisée d’Alger R. Abdellaziz * , H. Douagui * , D. Mekideche Service de pneumologie, CHU Tizi Ozou, Alger, Algérie * Auteur correspondant. Adresses e-mail : rachid abdellaziz@yahoo.fr (R. Abdellaziz), h.douagui@gmail.com (H. Douagui) Introduction L’allergie aux venins d’hyménoptères est une cause importante d’anaphylaxie. La prévalence des réactions systémiques est de 0,7 à 8 % dans la population générale, 0,34 à 8 % chez les enfants,14 à 32 % chez les apiculteurs. Les populations à risques sont les apiculteurs et leurs familles [1]. La prévalence était totalement méconnue et sa prise en charge insuffisante dans nos pays du Maghreb, création depuis décembre 2006, d’un centre spécialisé au CHU Béni- Messous (Alger) pour le diagnostic, le traitement et la prévention des allergies aux venins d’hyménoptères. Méthodes Il s’agit d’une enquête nationale prospective qui s’est déroulée de décembre 2006 à décembre 2018, sur un échantillon de 503 patients, dont 100 enfants. Les examens réalisés sont les tests cutanés et le dosage des IgE (abeille et guêpe). Résultats La notion d’atopie est retrouvée chez 46 % des patients, une pro- fession exposante chez 25 % des cas. Nous notons une prédominance des stades III (43 %) suivis des stades IV (32 %), selon la classification de Muller, les tests cutanés et le dosage des IgE spécifiques sont positifs presque exclusivement pour l’abeille. Au total, 182 patients ont été mis sous désensibilisation dont 32 enfants (179 aux venins d’abeille et 03 de guêpe). Le protocole rush a été utilisé pour 46 malades et 136 malades ont été traités par le protocole ultra rush. Tous les malades ont rec ¸u une éducation sanitaire avec remise d’un stylo d’adrénaline [2]. Discussion L’immense majorité des malades sont allergiques aux venins d’abeille à la différence d’autres cohortes internationales [1]. La désensibili- sation a une efficacité supérieure à 90 % pour prévenir le risque de récidive de réaction générale lors de piqûres ultérieures [3]. Conclusion Il est nécessaire de multiplier les centres spécialisés au Magh- reb et dans les pays africains afin d’améliorer le diagnostic, le traitement et la prévention des allergies aux venins d’hyménoptères. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas transmis leurs éventuels liens d’intérêts. Références [1] Birnbaum J, Vervoelot D. Allergies aux venins d’hyménoptères. Allerg Immunol Clin 2007;2. [2] Birnbaum J.,Charpin De Vervloet D., Rapid venom immunotherapy: compa- rative safety of three protocols. Clin Exp Allergy;23:226–230. [3] Müller et Mosbech: position paper. Allergy. 993.48 Suppl14:37–46. https://doi.org/10.1016/j.reval.2019.02.057 Aut-07 La mesure de la tryptase : possible critère complémentaire pour le diagnostic de l’anaphylaxie peropératoire J. Vitte 1,* , L. Amadei 2 , M. Gouitaa 3 , S. Mezouar 1 , L. Zieleskiewicz 2 , J. Albanese 4 , N. Bruder 5 , D. Lagier 5 , P.M. Mertès 6 , L.B. Schwartz 7 , M. Leone 8 1 IRD, MEPHI, IHU, Méditerranée infection, Aix-Marseille université, AP–HM, Marseille, France 2 Service d’anesthésie et de réanimation, hôpital Nord, Aix-Marseille université, AP–HM, Marseille, France 3 Service de pneumologie, hôpital Nord, Aix-Marseille université, AP–HM, Marseille, France 4 Service d’anesthésie et de réanimation, hôpital de la conception, Aix-Marseille université, AP–HM, Marseille, France 5 Service d’anesthésie et de réanimation, hôpital de la Timone, Aix-Marseille université, AP–HM, Marseille, France 6 HUS, FMTS, service d’anesthésie réanimation, nouvel hôpital civil, Strasbourg université, Strasbourg, France 7 Division of Rheumatology, Allergy and Immunology, Virginia Commonwealth University, Richmond, États-Unis 8 Service d’anesthésie et de réanimation, hôpital Nord, Aix-Marseille université, AP–HM, Marseille * Auteur correspondant. Adresse e-mail : jvitte@hotmail.fr (J. Vitte) Introduction Le diagnostic de l’anaphylaxie peropératoire reste difficile. Les recommandations internationales insistent sur le diagnostic clinique, laissant à la biologie un rôle d’aide. L’augmentation transitoire de la tryp- tasémie et la détection de tryptase mature ont été proposées dès la fin du 20 e siècle. Nous avons exploré les performances diagnostiques du dosage à bonne chronologie de la tryptase afin de tester la possible intégration sys- tématique de ce paramètre dans l’algorithme de diagnostic de l’anaphylaxie peropératoire. Méthodes Étude rétrospective des données cliniques et biologiques chez 102 patients adultes ayant présenté une réaction peropératoire suggérant une anaphylaxie. Le diagnostic d’anaphylaxie a été posé selon les critères EAACI/ICON. Au moins deux dosages de la tryptase totale étaient disponibles chez tous les patients. Le décalage de la tryptase totale a été interprété selon l’algorithme du consensus international de 2012 : seuil calculé à partir de la tryptasémie basale de chaque patient [(1,2× tryptase basale) + 2 g/L]. Une élévation de la tryptase aiguë au-dessus de ce seuil personnalisé indique une dégranulation mastocytaire. La tryptase mature a été mesurée chez 42 patients. Résultats L’anaphylaxie a été cliniquement confirmée chez 76 patients et réfutée chez 26. Les performances des dosages de tryptase étaient : valeur prédic- tive positive 94 %, valeur prédictive négative 53 %, sensibilité 75 %, spécificité 86 % et index de Youden 0,61. La détection de tryptase mature manquait de sensibilité, notamment chez les patients dont la tryptase en aigu était inférieure à 16 g/L. Discussion Dans notre cohorte, le dosage de la tryptase totale a permis de distinguer les anaphylaxies peropératoires confirmées des cas où l’anaphylaxie n’avait pas été retenue. Conclusion Nos résultats indiquent l’intérêt du dosage de la tryptase totale aiguë et basale, en respectant les temps de prélèvement recommandés (30 min à 2 h en aigu, minimum 24 h après la résolution des symptômes d’anaphylaxie en basal). Le dosage systématique de la tryptase en cas de suspicion d’anaphylaxie peropératoire fournit un argument diagnostique et une incitation à réaliser le bilan allergologique, trop souvent négligé. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas transmis leurs éventuels liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.reval.2019.02.058