quatre missions (enseignement, soins, recherche et activité communautaire) ; pour la classe exceptionnelle, s’y ajoutent l’aura personnelle nationale et internationale ainsi que la créa- tivité dans l’une ou plusieurs de nos missions. Jamais au cours des discussions parfois longues, difficiles, un argument « géo- graphique » n’a été avancé en dehors de la parité Paris- province : appartenance à telle ou telle mégapole parisienne, à telle ou telle région ; jamais il n’y a eu de bloc Paris versus province. Il est erroné enfin de faire le procès de ce que cer- tains appellent les « chercheurs ». Dans notre section, les chercheurs étaient avant tout des cliniciens et, de plus, étaient minoritaires. C’est donc bien l’ensemble de la sous-section, après un vote à bulletin secret, qui dans sa majorité a rendu ses verdicts. Nommer le meilleur candidat en étant conforme aux critè- res que nous cautionnons largement, voilà le défi qu’a voulu respecter notre sous-section. Nous avons la fierté de croire que nous avons respecté notre contrat moral, mais nous ne saurions prétendre à la perfection. Il reviendra à la future sous-section de tout faire pour améliorer nos critères de choix et inciter plus de candidats à les respecter. Sans doute devra- t-elle encore améliorer le recrutement de nos collègues, pro- bablement en collaboration avec le nouveau collège des PU-PH pour une meilleure connaissance des postes à pour- voir, et des candidats possibles. Peut-être aura-t-elle aussi à réfléchir au statut des hospitalo-universitaires face aux modi- fications apportées au statut des hospitaliers. S0929693X00001329/COR Arch Pédiatr 2000 ; 7 : 1241–2 Infection maternofœtale à Gardnerella vaginalis C. Zabé-Desanges 1 , M. Rajguru-Kazemi 1 , A. Bedu 1 , S. Bonacorsi 1 , Y. Aujard 1 1 Service de néonatologie, hôpital Robert-Debré, 48, boulevard Sérurier, 75019 Paris, France (Reçu le 21 juillet 2000 ; accepté le 28 juillet 2000) Gardnerella vaginalis / infection maternofœtale Gardnerella vaginalis / infant, newborn, diseases / infection Gardnerella vaginalis, fréquemment retrouvée dans les pré- lèvements vaginaux maternels, est parfois responsable de colonisation chez le nouveau-né, mais exceptionnellement d’infection maternofœtale [1-4]. Nous rapportons l’observa- tion d’une infection maternofœtale à Gardnerella vaginalis chez un nouveau-né. La grossesse a été marquée par une menace d’accouche- ment prématuré avec une rupture des membranes à 27 semai- nes d’aménorrhée (SA), traitée par tocolyse, et par un dia- bète gestationnel traité par insuline à partir de 31 SA. Les prélèvements vaginaux maternels étaient positifs à Escheri- chia coli KI trois jours avant l’accouchement, puis à Kleb- siella 24 heures avant l’accouchement. La mère a reçu un traitement par amoxicilline et acide clavulanique, puis par céfixime per os. La protéine C réactive maternelle était nor- male. L’accouchement a eu lieu à 33 SA par césarienne en raison d’anomalies du rythme cardiaque fœtal et d’un échap- pement à la tocolyse. Le liquide amniotique était clair. Le nouveau-né pesait 1 540 g avec un score d’Apgar à 10 à une et cinq minutes. Il a été transféré en néonatologie à une heure de vie pour une détresse respiratoire nécessitant la mise sous ventilation nasale positive et pour une hypotension artérielle nécessitant une transfusion d’albumine (1 g/kg). Le premier bilan biologique à son arrivée révélait une neutropénie isolée à 530/mm 3 (5 300 leucocytes/mm 3 avec 10 % de polynucléai- res neutrophiles) et une protéine C réactive à 5 mg/L. Une triple antibiothérapie par céfotaxime, amoxicilline et nétil- micine par voie intraveineuse a été débutée à une heure de vie. La radiographie pulmonaire était normale. Le deuxième bilan à j1 trouvait une protéine C réactive à 134 mg/L et 15 500 leucocytes/mm 3 avec 9 % de myélocytes sans neutro- pénie (35 %). Les cultures des prélèvements périphériques (oreille, gastrique, placenta) et la culture du prélèvement pha- ryngé étaient positives à Gardnerella vaginalis. Les hémo- cultures et le liquide céphalorachidien étaient stériles. Le céfotaxime a alors été arrêté. Une thrombopénie modérée à 85 000 plaquettes/mm 3 a été observée de j3 à j5. L’évolution a été favorable avec la guérison de la détresse respiratoire en quelques heures, la normalisation de la protéine C réactive à j6. L’antibiothérapie a été poursuivie par voie intraveineuse pour une durée totale de dix jours. Gardnerella vaginalis est une corynébactérie, cocci Gram négatif, anciennement dénommée Haemophilus vaginalis ou Corynebacterium vaginalis [l]. Elle est présente dans la filière génitale avec un taux de portage vaginal chez la femme (enceinte ou non) estimé à 30 % [2] Elle peut alors être res- ponsable d’infection vaginale, de chorioamniotite accompa- gnée de fausse couche ou de prématurité (sécrétion d’enzy- mes protéolytiques par la bactérie) [4, 5]. Elle peut être retrouvée chez le nouveau-né dans des prélèvements buccaux, gastriques, trachéaux et oculaires [3]. Gardnerella vaginalis est sensible à l’ampicilline (concentration minimale inhibi- trice [CMI] entre 0,05 et 0,5 µg/mL) et n’est pas productrice de -lactamase. Elle est aussi sensible à l’imipénème (CMI < 0,12 µg/mL), à l’érythromycine (CMI : 0,07 à 2 µg/ mL) et au céfotaxime (CMI : 0,03 à 1 µg/mL) [1]. Par comparaison avec les germes habituels (streptocoques, Esche- richia coli, Listeria), Gardnerella vaginalis est exceptionnel- lement responsable d’infection maternofœtale. En effet, l’ana- lyse de la littérature ne retrouve que cinq cas d’infection maternofœtale à Gardnerella vaginalis entre 1988 et 1998 [2, 3, 6-8], dont un cas de méningite néonatale à j5 [7] et quatre cas de septicémies néonatales secondaires à des chorioam- niotites [5, 8]. Cette observation souligne la gravité poten- tielle de ce germe et son pouvoir pathogène dans les infec- tions néonatales. Son identification dans les prélèvements bactériologiques d’un nouveau-né suspect d’infection mater- nofœtale fait envisager sa responsabilité, et elle doit être prise en compte dans le choix du traitement. 1242 Lettres à la rédaction