[10] Blanchet T, Thierry R. Obstacles à la pratique de l'échographie par le médecin généraliste au cabinet : étude qualitative. [Thèse d'exercice]. Université de Grenoble; 2015. Guillaume Ducarme 1 , Axelle Ricordeau 2 , Joséphine Grange 1 , Mathilde Vital 1 1 Centre hospitalier départemental, service de gynécologie obstétrique, 85000 La Roche-sur-Yon, France 2 Cabinet médical, 23, avenue des Floralies, 44500 La Baule, France Correspondance : Guillaume Ducarme, Service de gynécologie obstétrique, centre hospitalier départemental, 85000 La Roche-sur-Yon, France g.ducarme@gmail.com Reçu le 21 mars 2019 Accepté le 30 septembre 2019 Disponible sur internet le : 11 novembre 2019 https://doi.org/10.1016/j.lpm.2019.09.042 © 2019 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Une métastase sphéno- orbitaire semblable à un méningiome Spheno orbitary metastasis mimicking meningioma Les méningiomes sont des tumeurs cérébrales en général béni- gnes développées à partir des cellules méningothéliales de l'arachnoïde. Leurs manifestations cliniques dépendent de leur localisation. On distingue les méningiomes de la convexité, de la base du crâne et les méningiomes sagittaux. Concernant la base du crâne, les méningiomes sphéno-orbitaires dépendent du sphénoïde et s'étendent vers l'orbite. Ils représentent 2 à 9 % des méningiomes [1]. Leur aspect à l'imagerie est typique et bien défini. Ils se traduisent par un épaississement osseux localisé au niveau de la paroi postéro-externe et supérieure de l'orbite, aux contours souvent irréguliers et parfois spiculés mais d'une hyper- densité relativement homogène. L'exérèse chirurgicale des méningiomes sphéno-orbitaires, représentant 20 % des chirur- gies de tumeur orbitaires, est le traitement de référence [2]. Exceptionnellement, malgré un aspect typique de méningiome en imagerie, l'histologie révèle un diagnostic autre. Nous rap- portons ici le cas d'un patient présentant une lésion métastatique sphéno-orbitaire à partir d'une lésion primitive prostatique avec un aspect typique de méningiome à l'IRM. Observation Un homme de 86 ans, caucasien aux antécédents de résection endoscopique de prostate à l'âge de 62 ans (antigène prostatique spécifique (PSA) normal et absence de tumeur détectée sur l'examen histologique des copeaux de résection), d'angioplastie et de double pontage coronarien, consultait en neurochirurgie en janvier 2018 pour une exophtalmie évoluant depuis le mois d'août 2017. Elle était devenue symptomatique en octobre 2017 avec des douleurs périorbitaires migratrices aboutissant à la réalisation d'un scanner cérébral (gure 1) mettant en évidence une tumeur extra-axiale sphéno-orbitaire infiltrant les parois latérales postérieures et supérieures de l'orbite, avec sténose de la fissure orbitaire supérieure et du canal optique, dont l'aspect était typiquement évocateur d'un méningiome. Les caractéristiques de la lésion sur l'IRM cérébrale confirmaient cette quasi-certitude diagnostique (gures 24). Le patient maintenait un excellent état général avec un statut OMS 1 et ne rapportait aucune plainte somatique notamment douloureuse en dehors de l'exophtalmie et d'une baisse de l'acuité visuelle. Une indication chirurgicale était posée devant le caractère symptomatique de la lésion en février 2018. L'abord chirurgical de l'orbite a été réalisé par voie latérale, avec incision sourcilière droite. Le muscle temporal a été décollé au niveau de la paroi latérale et la périorbite a été décollée en interne. Le pilier orbitaire externe a été sectionné à la scie puis retiré. Après ouverture de la fissure orbitaire supérieure puis du canal optique, la lésion a été retirée, puis envoyée en histologie avec les fragments osseux. Compte tenu de l'âge du patient, un résidu tumoral est volontairement laissé en place afin de pré- server le nerf optique et l'occulomotricité. Le scanner postopératoire mettait en évidence une bonne décompression du globe oculaire malgré la persistance d'une exophtalmie clinique. Le patient présentait par contre une amélioration de l'acuité visuelle évaluée à 6/10. Le compte rendu anatomopathologique de la lésion mettait en évidence une infiltration tumorale par une population évocatrice de carcinome peu différencié ou un méningiome anaplasique. La chirurgie réalisée était de marge R2, avec persistance d'un résidu tumoral. Dans ce contexte un Tep scanner était réalisé afin d'identifier un éventuel primitif. Il objectivait un hypermétabolisme intense de la lésion rétro-orbitaire droite avec atteinte osseuse de conti- guïté ainsi que d'autres lésions secondaires diffuses à distance associées à une adénopathie sus-claviculaire gauche et à plu- sieurs adénopathies ilio pelviennes et lombo aortiques hyper- métaboliques suspectes. Sur le plan biologique, notre patient ne présentait pas de cytopénies, l'ionogramme, la calcémie, les lactates déshydro- génases LDH, la CRP et le bilan hépatique étaient normaux. Le PSA total était quant à lui élevé à 318 ng/mL (contre 23 en juillet 2017 sans que le patient ne consulte alors un urologue comme demandé par son médecin traitant afin de bénéficier d'un toucher rectal et d'une biopsie prostatique). Une métastase sphéno-orbitaire semblable à un méningiome tome 48 > n811P1 > novembre 2019 1339 Lettres à la rédaction