ARTICLE ORIGINAL Coups et blessures volontaires en milieu de travail : étude rétrospective à propos de 326 cas issus de la consultation de médecine légale et d’urgences médico-judiciaires des hôpitaux universitaires de Strasbourg Intentional physical violence in the workplace: Retrospective study about 326 cases in the clinical forensic medicine department of Strasbourg’s university hospital C. Zagdoun a,b, * , A. Farrugia a , M. Gonzalez b , J.-S. Raul a a Institut de me ´ decine le ´ gale, 11, rue Humann, 67000 Strasbourg, France b Service de pathologie professionnelle, ho ˆ pitaux universitaires de Strasbourg, 1, place de l’Ho ˆ pital, 67091 Strasbourg cedex, France Disponible sur Internet le 13 fe´vrier 2019 MOTS CLÉS Coups et blessures volontaires ; Milieu de travail ; Violence physique ; Conséquences physiques ; Conséquences psychiques Résumé Objectifs. — Dans la littérature, la violence physique en milieu de travail est en majorité décrite au sein du secteur de la santé. Or, tous les travailleurs peuvent être confrontés à ce phénomène, quelle que soit leur profession. Notre objectif est d’améliorer la connaissance de la typologie de ces agressions ainsi que de leurs conséquences physiques et psychiques. Patients et me´thodes. — Notre étude a porté sur l’analyse des 326 dossiers de victimes de coups et blessures volontaires en milieu de travail, examinées sur réquisition à la consultation de médecine légale et d’urgences médico-judiciaires de Strasbourg, de 2014 à 2016. Re´sultats. — Les victimes sont en majorité des hommes (76 %) appartenant à la classe d’âge 30— 39 ans (40,2 %) et exerçant dans le secteur du contrôle (53,1 %). L’agresseur, principalement de sexe masculin (88 %), est extérieur à l’entreprise (88,9 %) et porte les coups à mains nues (81,3 %). Les différences notables entre les violences de type internes et externes sont l’utilisation plus fréquente d’objets contondants et la fréquence moindre de violences en réunion dans le cadre des violences internes. Les faits de violence sont principalement responsables de lésions bénignes contusives sur les membres supérieurs et l’extrémité cervico-céphalique. Les femmes et les victimes d’armes à feu ont plus de risque de présenter des répercussions psychologiques. La revue de médecine légale (2019) 10, 8—15 * Auteur correspondant. Institut de médecine légale, 11, rue Humann, 67085 Strasbourg cedex, France. E-mail address: cecilezagdoun@gmail.com (C. Zagdoun). Disponible en ligne sur ScienceDirect www.sciencedirect.com https://doi.org/10.1016/j.medleg.2019.01.002 1878-6529/# 2019 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.