S366 64 e Congrès franc ¸ ais de médecine interne, Paris, 14, 15 et 16 décembre 2011 / La Revue de médecine interne 32S (2011) S313–S434 Discussion.– Le SVC, entité bien connue des pédiatres, est carac- térisé par des crises de vomissements brutales et stéréotypées, durant de quelques heures à quelques jours, sans aucun symptôme entre les crises et avec parfois une histoire personnelle ou fami- liale de migraines (critères de Rome III). Ce syndrome entraîne une morbidité et une altération de la qualité de vie importante (hospi- talisations fréquentes, troubles ioniques parfois sévères, difficultés d’abord veineux avec parfois nécessité de cathéter central, difficul- tés à conserver une activité professionnelle) [1]. Sa prévalence chez l’adulte, jusqu’à présent sous-évaluée, est en augmentation. On estime que 3 à 14 % des patients consultant un gastroentérologue pour des vomissements inexpliqués présentent un SVC. L’âge lors du premier épisode varie de 2 à 49 ans [1] avec une prédominance masculine (55 %) ; des co-morbidités sont retrouvées (migraine, attaque de panique, dyspepsie, diabète, syndrome dépressif) [1]. Des facteurs déclenchant ont été identifiés : stress, fatigue, exci- tation, menstruations. Quatre-vingt-treize pour cent des patients présentent des prodromes identifiables, variables d’un individu à l’autre (nausée, transpiration, épigastralgie, fatigue). Différentes hypothèses étiologiques ont été proposées (dysauto- nomie, dysfonction mitochondriale, anomalies de la sécrétion de CRF) ; une étude menée en 2007 met en évidence des anomalies du système nerveux sympathique chez 90 % des patients testés [2], conduisant à l’hypothèse que cette dysautonomie entraîne une réaction excessive des patients aux signaux émétiques centraux. De nombreux traitement ont été proposés pour la prophylaxie des crises chez l’enfant (amitriptyline, anti-histaminique, propa- nolol). Chez l’adulte, les antidépresseurs tricycliques ont montré leur efficacité, notamment chez le patient diabétique : diminu- tion du nombre de crises, de leur durée, du nombre de jours d’hospitalisation. Lors de l’apparition des prodromes ou lors du début des vomissements, l’utilisation de triptans par voie intra- nasale ou sous-cutanée peut stopper la crise, surtout s’il existe une histoire personnelle ou familiale de migraine. Une fois la crise ins- tallée, le traitement est symptomatique (hydratation intraveineuse, anti-émétiques). Conclusion.– Le SVC est une pathologie invalidante, dont le diag- nostic chez l’adulte est souvent retardé de plusieurs années à cause d’une méconnaissance de cette entité par les cliniciens. Il existe des solutions thérapeutiques qui peuvent permettre d’améliorer significativement la qualité de vie des patients. Références [1] Fleisher D, et al. BMC Medicine 2005;3:20. [2] Venkatesan T, et al. Neurogastroenterol Motil 2010;22: 1303–e339. Pour en savoir plus Hejazi RA, et al. J Clin Gastroenterol 2010;44:18–21. doi:10.1016/j.revmed.2011.10.125 CA113 Profil étiologique et épidémiologique des granulomatoses systémique dans un service de médecine interne N. Bel Feki , M. Smiti Khanfir , A. Hamzaoui , M. Lamloum , I. Ben Ghorbel , M.H. Houman Médecine interne, CHU La Rabta, Tunis, Tunisie Introduction.– Les granulomatoses systémiques représentent un groupe très hétérogène d’affections. Elles sont subdivisées en trois groupes : les granulomatoses infectieuses, les granuloma- toses non infectieuses secondaires à des produits chimiques ou à des médicaments et les granulomatoses primitives. Notre objectif était de décrire les caractéristiques épidémiologiques et le profil étiologique des granulomatoses systémiques dans une population tunisienne. Patients et méthodes.– Il s’agit d’une étude rétrospective incluant les dossiers de patients atteints d’une granulomatose systémique diagnostiquée entre 1985 et 2010. Le diagnostic de granulomatose systémique était retenu sur des arguments anatomopathologiques mettant en évidence un granulome épithéloïde et gigantocellulaire avec ou sans nécrose caséeuse, des arguments bactériologiques, radiologiques et/ou immunologiques (anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles [ANCA]). Résultats.– Deux cent six dossiers ont été étudiés. Il s’agissait de 133 femmes et 73 hommes (sex-ratio H/F = 0,54). L’âge moyen au moment du diagnostic était de 53,8 ans (extrêmes de 15 et 83 ans). Le délai moyen du diagnostic était de 14 mois. Les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient : les céphalées dans 45 % des cas (94 cas), les signes généraux dans 31 % (64 cas), les adénopa- thies dans 15,5 % (32 cas), les manifestations cutanées dans 12,6 % (27 cas) et les manifestations respiratoires dans 7,7 % (16 cas). Le diagnostic étiologique était retenu sur des preuves anatomopatho- logiques dans 204 cas, des résultats immunologiques dans 6 cas, des preuves bactériologiques dans 4 cas et des arguments radiologiques dans 7 cas. La sarcoïdose et la maladie de Horton constituaient les granulomatoses les plus fréquentes retrouvées dans 90 cas cha- cune. Les autres étiologies étaient représentées par : la tuberculose (7 cas), l’histiocytose langerhansienne (6 cas), la granulomatose de Wegener (5 cas), la maladie de Takayasu (3 cas), la maladie de Crohn (1 cas), la panniculite de Weber-Christian (1 cas) et la polyangéite microscopique (1 cas). Dans un seul cas la granulomatose systé- mique demeurait d’étiologie indéterminée. Conclusion.– À notre connaissance, il n’a pas été rapporté de telle étude rétrospective colligeant les granulomatoses systémiques probablement à cause de leurs expressions cliniques polymorphes et leur profil étiologique très hétérogène. La sarcoïdose et la maladie de Horton constituaient les granulomatoses les plus représentées dans notre série. Bien que la tuberculose constitue une affection encore endémique dans notre pays, seulement 7 cas ont été réper- toriés (3,4 %), probablement en rapport avec un biais de sélection. doi:10.1016/j.revmed.2011.10.126 CA114 Occlusion de l’artère centrale de la rétine, sténose carotidienne et granulomatose systémique : sarcoïdose ou maladie de Takayashu ? L. Baili , F. Daoud , Z. Aydi , A. Lanani , B. Ben Dhaou , S. Kochbati , F. Boussema , L. Rokbani Médecine interne, hôpital Habib Thameur, Tunis, Tunisie Introduction.– La sarcoïdose systémique (SS) est une granuloma- teuse systémique pouvant toucher différents types d’organes. La présentation clinique de cette granulomatose est polymorphe. L’atteinte vasculaire et en particulier artérielle au cours de la SS est peu décrite dans la littérature. Elle est caractérisée, comme dans la maladie de Takayashu (MT), par une localisation préférentielle de type granulomateuse au niveau des vaisseaux de gros calibres. Patient et méthodes.– Nous rapportons une observation particulière d’une SS avec une atteinte artérielle sévère fortement évocatrice d’une MT. Observation.– Une patiente âgée de 49 ans, sans antécédent, a été hospitalisée pour l’exploration d’une dyspnée d’effort stade III asso- ciée à une obstruction nasale gauche évoluant deux mois avant son admission. L’examen physique était sans anomalie et en par- ticulier l’auscultation cardiopulmonaire. La biologie était normale. Le bilan phosphocalcique urinaire a montré une hypercalciurie. La radiographie du thorax a montré un élargissement médiastinal avec une atteinte pulmonaire interstitielle probable. Le scanner thoraco- abdominal a confirmé la présence d’adénopathies médiastinales et abdominales associée à un aspect en verre dépoli. L’exploration fonctionnelle respiratoire a montré un syndrome restrictif sévère. Le scanner du massif facial a objectivé une sinusite avec poly- pose nasosinusienne. La biopsie nasale a montré des lésions de granulomateuses sans nécrose caséeuse. Par ailleurs, l’examen oph- talmologique a noté une uvéite intermédiaire gauche. La biopsie des glandes salivaires accessoires a montré la présence de lésions