S152 JDP 2017 P038 Le DRESS n’est pas, dans une majorité de cas, une maladie associée à un virus B. Bensaid 1, , A. Villani 1 , J.-F. Nicolas 2 , D. Jullien 1 1 Dermatologie, centre de référence des toxidermies sévères, hôpital Édouard-Herriot 2 Allergologie et immunologie clinique, CHU Lyon Sud, France Auteur correspondant. Introduction Le drug reaction with eosinophilia and systemic symptoms (DRESS) est une des toxidermies les plus sévères, asso- ciée à une mortalité de 5 à 10 %. Depuis plusieurs années l’hypothèse d’une association du DRESS à une pathologie virale du groupe her- pès (HHV6-7-CMV-EBV) a été soulevée. Dans ce travail, nous avons évalué en pratique courante la fréquence des réactivations virales au cours des DRESS, detectées par PCR sur sang total. Patients et méthodes Entre janvier 2012 et janvier 2015, tous les patients vus pour DRESS défini par un score de Kardaun > 5 ont été évalués pour les réactivations des virus du groupe Herpès (HHV6, EBV, CMV, HHV7) par PCR sanguine. Cette recherche était évaluée lors du diagnostic (j0) et de fac ¸on répétée à (j7 à j42) et en phase de résolution (> 6 mois) quand cela était possible. Résultats Durant la période de l’étude, 85 patients ont été inclus. Parmi eux, 12 % avaient une PCR virale positive lors du diagnostic (j0). Parmi les 85 cas, 55 étaient évalués pour ces virus à plusieurs reprises. Parmi ces 55 cas, 16 % avaient une réactivation à dis- tance (j7—j42), ce qui porte le total de réactivations virales des virus détectés à 28 % en phase aiguë. Ces réactivations tardives étaient dominées par le CMV (80 %) et HHV6 (20 %). Parmi les 85 cas, 65 étaient évalués pour ces virus en phase de résolution, avec un taux de réactivations de 20 % et des taux sanguins identiques aux taux trouvés en phase aiguë dans tous les cas. En phase de résolu- tion, les tests cutanés avec les médicaments imputables (score > I3) montraient une positivité des patch-tests dans 60 % des cas. Discussion Nous retrouvons, à l’instar des études antérieures, des réactivations virales très peu fréquentes au cours des DRESS. Ces données ne signifient pas que les virus ne peuvent pas avoir un rôle dans les DRESS, mais suggèrent qu’ils ne sont pas l’événement initial ou la cause de cette pathologie. Les virus comme le CMV semblent jouer un rôle aggravant au cours de l’évolution, comme cela a déjà été observé dans des pathologies dysimmunitaires comme la GVH (réaction du greffon contre l’hôte). À l’inverse, parmi les 65 cas évalués, 60 % environ avaient des tests cutanés positifs, témoignant bien du rôle de l’hypersensibilité retardée médicamenteuse dans ces cas. Conclusion Le rôle des virus dans les DRESS est discuté. Notre étude confirme que les réactivations virales détectées, selon notre méthode de détection, sont minoritaires dans les DRESS. Mots clés DRESS ; Toxidermies graves ; Virus herpès Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2017.09.213 Bulles P039 Quand les bulles révèlent une néoplasie E. Guinard 1, , S. Boulinguez 1 , L. Marc 2 1 Service de dermatologie 2 Service de pneumologie, centre hospitalier de Cahors, France Auteur correspondant. Introduction La pemphigoïde bulleuse (PB) est une maladie auto- immune relativement rare ; environ 22 nouveaux cas par an par millions d’habitants touchant principalement des personnes âgées. Des formes paranéoplasiques sont décrites mais très rares et non recherchées en pratique. Nous rapportons l’observation d’une patiente dont la pemphigoïde bulleuse était directement liée à un adénocarcinome pulmonaire. Observation Une femme de 58 ans consultait pour une érup- tion cutanée prurigineuse évoluant depuis un mois. La patiente, fumeuse, avait eu, dans le cadre d’un bilan de rhumatisme pso- riasique, une radiographie thoracique mettant en évidence une lésion apicale droite suspecte. Des explorations complémentaires étaient en cours au moment de la consultation. L’examen montrait des lésions maculo-papuleuses disséminées, annulaires, coalescentes, prurigineuses (pseudo-urticariennes) associées à des lésions vésiculo-bulleuses des paumes et des plantes. L’examen anatomopathologique montrait un infiltrat dermique majeur à polynucléaires éosinophiles et l’immunofluorescence (IF) directe mettait en évidence des dépôts d’IgG et de complément le long de la jonction dermo-épidermique. L’IF indirecte était positive, avec des auto-anticorps anti-BP180 en Elisa. L’exploration pulmonaire était en faveur d’un adénocarcinome bronchique sur la biopsie, avec bilan d’extension négatif. Un traitement par clobétasol crème était mis en place mais l’observance était mauvaise du fait d’une grande fatigue. Une lobectomie pulmonaire était réalisée. Deux jours après la chirur- gie, les lésions cutanées disparaissaient sans traitement. Un mois plus tard, de nouvelles lésions cutanées apparaissaient, alors que les marges de la pièce d’exérèse étaient envahies (R1). Le mois sui- vant, l’imagerie mettait en évidence une progression tumorale et des lésions secondaires (Fig. 1 et 2). Discussion La pemphigoïde bulleuse n’est pas associée à une augmentation du risque de cancer. Cependant, des formes para- néoplasiques restent controversées et d’autres cas ont été décrits, notamment avec le cancer du poumon. Cela pourrait être expliqué par l’expression aberrante du BP180 dans certains carcinomes. La nouvelle poussée cutanée de notre patiente était associée à une progression tumorale. Dans les autres maladies auto-immunes liées à un cancer, les manifestations paranéoplasiques ne sont pas tou- jours corrélées à l’évolutivité de la néoplasie. Dans la plupart des cas décrits dans la littérature concernant la PB paranéoplasique, le traitement du cancer a permis une diminution des lésions. Conclusion Penser au cancer chez les sujets jeunes développant une PB. Un bilan d’imagerie minimal pourrait être proposé aux sujets de moins de 65 ans développant une PB. Le traitement de la cause semble guérir la PB alors qu’une évolutivité cutanée peut être liée à une évolutivité du cancer. Mots clés Adénocarcinome bronchique ; Pemphigoïde bulleuse ; Syndrome paranéoplasique Annexe A Matériel complémentaire Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible en ligne sur : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2017.09.214. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2017.09.214. http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2017.09.214