Pour citer cet article : Villani A-P, et al. Nécrolyse épidermique toxique : physiopathologie et avancées thérapeutiques. Rev Fr Allergol (2017),
http://dx.doi.org/10.1016/j.reval.2017.06.002
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REVAL-1089; No. of Pages 8
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Revue française d’allergologie xxx (2017) xxx–xxx
Revue Générale
Nécrolyse épidermique toxique : physiopathologie et avancées
thérapeutiques
Toxic epidermal necrolysis: Pathophysiology and therapeutic advances
A.-P. Villani
a,b,∗
, M. Vocanson
b
, L. Laoubi
b
, D. Jullien
a,b
, F. Bérard
a,b
, J.-F. Nicolas
b,c
,
B. Bensaid
b,c
a
Dermatologie, hôpital Edouard-Herriot, université Claude-Bernard-Lyon-I, Lyon, France
b
Inserm U1111–CIRI–Lyon, Lyon, France
c
Immunologie et allergologie clinique, hôpital Lyon-Sud, université Claude-Bernard-Lyon-I, Lyon, France
Rec ¸u le 22 f´ evrier 2017 ; accepté le 6 juin 2017
Résumé
La nécrolyse épidermique toxique est une réaction cutanée médicamenteuse rare et sévère qui se caractérise par une nécrose brutale de l’épiderme,
entraînant un décollement cutané plus ou moins étendu. Il s’agit d’une urgence vitale avec jusqu’à 30 % de décès à la phase aiguë. L’importance de
la surface décollée définit deux entités cliniques : le syndrome de Stevens-Johnson quand le décollement est inférieur à 10 % et le syndrome de Lyell
quand il est supérieur à 30 %. À distance, le risque de complications, notamment sous forme de synéchies des muqueuses, est particulièrement élevé et
doit être prévenu systématiquement. Le mécanisme physiopathologique repose essentiellement sur une réaction d’hypersensibilité médicamenteuse
retardée dans laquelle les lymphocytes cytotoxiques jouent un rôle majeur. Le terrain génétique intervient également avec des associations HLA-
médicament maintenant bien décrites, notamment dans les populations asiatiques. La question du traitement reste encore très débattue : il repose
essentiellement sur la corticothérapie systémique, la ciclosporine ou encore les immunoglobulines IV. Quelques études suggèrent également un
intérêt des anti-TNF-alpha.
© 2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits r´ eserv´ es.
Mots clés : Toxidermies ; Nécrolyse épidermique toxique ; Syndrome de Stevens-Johnson ; Exanthème maculo-papuleux ; Lymphocyte T cytotoxique
Abstract
Toxic epidermal necrolysis is a rare and severe cutaneous adverse drug reaction. The histologic hallmark of this reaction is necrosis with
detachment of the epidermis resulting in skin blistering. This is a life-threatening emergency with up to 30 % deaths in the acute phase. The
percentage of blistering skin determines two clinical entities: Stevens-Johnson syndrome, in which detachment is less than 10 %, and Lyell’s
syndrome, in which it is greater than 30 %. The development of late complications, notably mucous synechiae, is frequent and must be systematically
prevented. The pathophysiologic mechanism consists of a delayed drug hypersensitivity reaction in which cytotoxic T-lymphocytes play a major
role. Genetic background is also very important with HLA-drug associations having been reported, notably in Asian populations. Treatment remains
highly debated, with systemic steroids, cyclosporine or intravenous immunoglobulins all being commonly used. Some studies also suggest that
TNF-alpha inhibitors are of value in treating this disease.
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Keywords: Toxiderma; Toxic epidermal necrolysis; Stevens-Johnson syndrome; Maculo-papular exanthema; Cytotoxic T lymphocyte
∗
Auteur correspondant. Dermatologie, hospices civils de Lyon, 5, place d’Arsonval, 69003 Lyon, France.
Adresse e-mail : axel.villani@chu-lyon.fr (A.-P. Villani).
http://dx.doi.org/10.1016/j.reval.2017.06.002
1877-0320/© 2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits r´ eserv´ es.