Séminaire recherche de la SoFOP Toulouse 2016. Première session / Revue de chirurgie orthopédique et traumatologique 102 (2016) 388–392 391 à droite–lombaire à gauche, le bassin est décalé sur la gauche par rapport à la ligne de progression. Discussion Notre étude montre que la combinaison de données dynamiques permet l’élaboration de mesures exploitables afin d’identifier et de quantifier l’influence de la scoliose idiopathique dans les 3 plans de l’espace sur le tronc, le bassin et les membres inférieurs en situation écologiques. L’évaluation dynamique en 3D est un outil permettant une représentation plus exacte de la défor- mation rachidienne et ainsi apprécier l’efficacité du traitement. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas précisé leurs éventuels liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.rcot.2016.03.027 8 Analyse cinématique des mouvements du tronc chez les adolescentes scoliotiques modérées L. Struber 1,2,∗ , A. Courvoisier 1,2,3 , J. Griffet 1,2,3 , O. Daniel 1,2,3 , P. Cinquin 1,2,3 , V. Nougier 1,2 1 University Grenoble-Alpes, TIMC-IMAG, 38000 Grenoble, France 2 CNRS, TIMC-IMAG, 38000 Grenoble, France 3 CHU Grenoble-Alpes, 38000 Grenoble, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : lucas.struber@imag.fr (L. Struber) Introduction Malgré de nombreuses pistes et hypothèses, la pathogénie de la scoliose idiopathique reste mystérieuse et il est généralement difficile de différencier causes et conséquences. La biomécanique ainsi que le contrôle proprioceptif et postural semblent être un des aspects des mécanismes intrinsèques liés à la scoliose idiopathique. Cela n’a été que très peu étudié mais cer- tains auteurs ont mis en évidence des déficits posturaux et des différences cinématiques présents chez les patients scoliotiques. Néanmoins, à notre connaissance, aucune étude n’a porté d’intérêt à l’analyse spécifique des mouvements du tronc et de la colonne vertébrale lors de tâches standardisées simples afin de quantifier précisément ces différences cinématiques dans les différents plans de l’espace. C’est le principal objectif de cette étude. Il s’agit de déterminer s’il est possible d’observer des comportements asy- métriques ou des stratégies biomécaniques différentes chez les patients présentant une scoliose faible (Cobb < 25 ◦ ) en fonction du type de scoliose. Matériel et méthodes Nous avons observé la cinématique du tronc chez 45 adolescentes entre 9 et 16 ans divisées en 3 groupes : 15 patientes présentant une scoliose lombaire gauche, 15 patientes présentant une scoliose thoracique droite et 15 volontaires saines. Pour cela, un système optoélectronique de suivi du mouvement (Codamotion ® avec 4 caméras) a été utilisé pour mesurer les déplacements du tronc des sujets dans différentes tâches simples mono-planaires (inclinaisons du sujet dans le plan frontal, rotations dans le plan transverse, flexion antérieure dans le plan sagittal) en comparaison avec une tâche de posture statique de référence. Toutes les tâches ont été effectuées sur une plate-forme de force (AMTI ® ) afin d’évaluer l’équilibre des sujets au cours de ces mou- vements. Résultats L’analyse de la tâche statique de référence a montré que les patientes scoliotiques ont en moyenne le tronc en torsion vers la gauche et en inclinaison vers la droite. Nous avons de plus observé une instabilité posturale accrue chez les patientes scoliotiques. Alors que la tâche de flexion antérieure n’a révélé aucune différence statistique, les tâches de rotations du tronc et d’inclinaisons laté- rales ont montré des amplitudes de mouvement du pelvis réduites et ont révélé des asymétries internes permettant aux patientes sco- liotiques d’effectuer des mouvements d’amplitudes symétriques. Les tâches d’inclinaisons latérales ont également permis d’identifier une stratégie d’inclinaison différente chez les patientes scolio- tiques. En effet, ces dernières présentent une translation du bassin dans la direction opposée à la flexion et ainsi une amplitude latérale de déplacement moins important. Discussion La tâche statique a révélé des différences segmen- taires qui ne seraient pas liée au sens de la scoliose mais un sens de déformation du tronc unique qui indiquerait que la scoliose se met en place dans la même direction quelle que soit sa typologie. De plus, une instabilité posturale est déjà présente pour les sco- lioses faibles. La stratégie d’inclinaison développée par les sujets scoliotiques permet certainement de compenser cette instabilité. Contrairement à nos hypothèses initiales, les patientes scoliotiques présentent un cône de mouvement global symétrique. Cependant, leur déformation initiale induit des asymétries locales que ce soit en inclinaison ou en flexion. L’absence de différence lors de la tâche de flexion antérieure peut être expliquée du fait que le plan sagittal n’est que très peu affecté dans les scolioses faibles. Cette étude révèle que les déséquilibres posturaux et anomalies biomé- caniques du patient scoliotique sont bien présents et indépendants du sens de la scoliose, mais aussi que leurs mouvements restent symétriques malgré une mobilité réduite. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas précisé leurs éventuels liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.rcot.2016.03.028 9 Validité et reproductibilité d’un système de mesure rasterstéréographique chez les patients atteints de scoliose idiopathique de l’adolescent A. Tabard 1,2,∗ , A. Bonnefoy-Mazure 1 , P. Lascombes 2 , S. Armand 1 , R. Dayer 2 1 Laboratoire de cinésiologie, hôpitaux universitaires de Genève, Genève, Suisse 2 Service d’orthopédie pédiatrique, hôpitaux universitaires de Genève, faculté de médecine, Genève, Suisse ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : anne.tabard@hcuge.ch (A. Tabard) Introduction La scoliose idiopathique de l’adolescent (SIA) est une déformation tridimensionnelle du rachis nécessitant des contrôles radiographiques irradiants répétés chez des patients en croissance. Des études ont associé cette irradiation à une morbidité accrue à l’âge adulte chez les patients suivis pour SIA. Des systèmes de suivi non irradiants ont été développés dans ce contexte, comme le système basé sur la rasterstéréographie, mesurant les déforma- tions du rachis par topographie de surface. Les études existantes ont montré une bonne validité en comparaison avec le gold standard (radiographie 2D) et une reproductibilité inter- et intra-opérateur excellente sur des sujets sains. La validité et la reproductibilité de ce système n’ont pas été évaluées sur des sujets atteints de SIA. L’objectif de cette étude est d’évaluer la validité et la reproductibi- lité du système de mesure rasterstéréographique sur des patients avec SIA. Matériel et méthodes Trente-cinq adolescents (mâle = 13) âgés de 13,1 ± 2,0 ans présentant une SIA ont été prospectivement inclus. La validation de l’angle de scoliose, évalué par rasterstéréographie (SA), a été effectuée en comparaison (Student t-test, corrélation de Pearson) avec l’angle de Cobb mesuré sur la radiographie 2D (CA). Pour évaluer la reproductibilité inter-opérateur trois mesures rasterstéréographiques répétées en position orthostatique ont été indépendamment effectuées par deux opérateurs. Pour évaluer la reproductibilité inter-session, trois mesures répétées ont été enregistrées une semaine plus tard par le premier opérateur. Les variables d’intérêt sont l’angle de scoliose (SA), la cyphose thora- cique (TKA), la lordose lombaire (LLA), la longueur du tronc (TR L) et le maximum des rotations de surface vertébrales (ROT max). Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) ont été utilisés pour évaluer la reproductibilité inter- et intra-opérateur.