65 e Congrès franc ¸ ais de médecine interne, Clermont-Ferrand, 14–15 et 16 juin 2012 / La Revue de médecine interne 33S (2012) S1–S109 S31 tants du service médecine vasculaire. Ce travail a été agréé dans le cadre de l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) par l’établissement. Résultats.– Sur une période de 18 mois, 85 cas de thromboses vei- neuses ou artérielles ont été discutés en RCP. L’âge moyen des patients était 43 ± 15 ans, il y avait 60 % de femmes. La fiche RCP thrombophilie était renseignée dans 52 % des cas. Le remplissage de la fiche était complet chez 25 % des patients. Un suivi a été réa- lisé dans 20 % des cas discutés. Chez ces patients, le respect des recommandations de la RCP était de 100 %. Conclusion.– La pertinence d’une réflexion clinico-biologique nous a paru claire dans ces affections à enjeux diagnostiques et thérapeu- tiques. Néanmoins, le taux de remplissage de la fiche thrombophilie est faible, conséquence d’un document exhaustif donc long à remplir. Enfin, cette démarche doit être diffusée plus largement dans l’établissement pour favoriser l’implication d’autres services concernés par ces affections. doi:10.1016/j.revmed.2012.03.190 Posters électroniques : médecine interne et thérapeutique CA071 Les effets indésirables des médicaments dans un service de médecine interne : étude de 305 cas S. Bellakhal , M. Smiti Khanfir , F. Saïd , A. Hamzaoui , T. Ben Salem , A. Braham , M. Lamloum , I. Ben Ghorbel , M.-H. Houman Médecine interne, centre hospitalo-universitaire La Rabta, Tunis, Tunisie Objectif.– L’objectif de notre travail était de décrire l’incidence des effets indésirables (EI) et de déterminer les facteurs de risque et les classes thérapeutiques les plus fréquemment incriminées dans la survenue de ces effets. Patients et méthodes.– Nous avons mené une étude rétrospective incluant les dossiers de patients hospitalisés entre 2000 et 2011. Tous les EI liés aux médicaments ont été recensés. Résultats.– Durant la période de l’étude, 305 EI ont été observés chez 261 patients. Il s’agissait de 159 femmes et 102 hommes, d’âge moyen de 52 ans (16–94 ans). Les facteurs prédisposant étaient un âge supérieur à 65 ans (23,3 %), une polymédication (50,5 %) et une insuffisance rénale chronique (10,2 %). Les principaux médicaments incriminés étaient : les anti-vitamine K (AVK) dans 55 cas (18 %) (aussi bien à type de surdosage que de réaction allergique), les cor- ticoïdes dans 47 cas (15,4 %), l’azathioprine dans 18 cas (5,9 %), les héparines dans 15 cas (4,9 %) et le paracétamol dans 10 cas (3,3 %). Le délai moyen d’apparition de ces EI par rapport au début de l’utilisation des médicaments était de 296 jours. (extrêmes de 1 jour et de 5 ans). Le surdosage en AVK était l’EI le plus retrouvé (17,4 %), suivi par le diabète cortico-induit (12,8 %), puis par les éruptions cutanées allergiques (9,2 %), la cholestase (4,9 %) et la thrombopénie induite par l’héparine (4,3 %). Ces EI étaient jugés grave dans 9,2 % des cas, ils étaient réversibles à l’arrêt du médicament en cause dans la majorité des cas (84,3 %). Aucun décès lié à un EI n’a été recensé. Discussion.– L’âge avancé, la polymédication et la comorbidité semblent être les facteurs de risque les plus associés aux accidents iatrogènes des médicaments. Dans notre série, plus de la moitié des patients recevaient plus que 5 médicaments et les sujets âgés représentaient près du quart des patients. Conclusion.– L’hypothèse d’une cause iatrogène doit faire partie du bilan étiologique de tout évènement morbide. La connaissance des EI, de la pharmacocinétique et de la pharmacodynamique des médi- caments et de leurs interactions aide dans ce cadre à préciser leur imputabilité dans la genèse des EI et à adapter la conduite vis-à-vis de ces produits. doi:10.1016/j.revmed.2012.03.191 CA072 Les complications hémorragiques au cours du traitement anticoagulant : étude de 144 cas de thrombose veineuse profonde L. Baili , A. Laanani , F. Daoud , Z. Aydi , B. Ben Dhaou , F. Boussema , L. Rokbani Médecine interne, hôpital Habib-Thameur, Tunis, Tunisie Introduction.– Les accidents hémorragiques dus aux AVK occupent le 1 er rang des accidents iatrogènes avec 13 % des hospitalisations pour effets indésirables médicamenteux, soit 17 000 hospitalisations par an. Parmi ces accidents et selon les études, 0,6 a 10 % des hémorragies sont « graves », le taux d’hémorragies fatales/nombre total d’hémorragies est de 13,4 % et les hémorragies intracrâniennes, de 1,15 pour 100 patients-année. Le but de notre étude est de préciser les particularités des compli- cations hémorragiques dans un groupe de patients tunisiens traités par anticoagulants pour une thrombose veineuse profonde (TVP). Patients et méthodes.– Il s’agit d’une étude rétrospective de type des- criptive et analytique, menée dans un service de médecine interne, incluant 144 patients atteints d’une TVP entre janvier 1990 et juillet 2011. Le diagnostic de TVP a été retenu devant la présence de preuve clinicobiologiques et radiologique. Tous les patients ont été traités par des anticoagulants. L’accident hémorragique était défini par la survenue d’un saignement cutanéo-muqueux et/ou viscérale sous traitement anticoagulant. Résultats.– Soixante-quinze femmes et 69 hommes, d’âge moyen au moment du diagnostic de 55 ans (20–91 ans), ont été inclus dans cette étude. Le diagnostic de TVP a été confirmé par une échographie-Doppler veineuse dans 144 cas montrant une TVP sié- geant au niveau des membres inférieurs. Onze cas des 144 patients avaient une TVP de sièges insolites. Parmi ces patients, 17 cas de TVP ont été observés après un contexte opératoire (chirurgie vis- cérale, gynécologique, orthopédique, urologique, et neurologique). Soixante-cinq patients avaient un syndrome inflammatoire biolo- gique. Le nombre des patients ayant eu une fibroscopie digestive avant de démarrer le traitement anticoagulant était de 61 (42 %), dont 47 patients avaient des lésions digestives pré-saignantes (soit 33 % de l’ensemble des patients). Un traitement anti-vitamine K (AVK) a été prescrit chez 125 patients (87 %). Parmi les patients ayant des lésions digestives, 39 cas ont été mis sous AVK. Le nombre de patients ayant eu une complication hémorragique était de 17 (12 %) : syndrome hémorragique (1 cas), 15 % règles abondantes (2 cas), 47 % hémorragie digestive (8 cas), hémorragie digestive (1 cas), gingivorragie (1 cas), hématome sous-dural (1 cas), 28 % hématome intra-abdominal (3 cas). Pour les patients ayant des lésions digestives et qui étaient mis sous AVK, 43 % parmi eux ont présenté des complications hémorragiques. Un surdosage en AVK était associé dans huit cas. Un traitement par Vitamine K a été indi- qué chez 5 cas (30 %). Des transfusions par de culots globulaires ont été prescrites dans 7 cas (41 %). Trois cas de décès sont survenus suite à une complication hémorragique. Conclusion.– En dehors des facteurs clinicobiologiques, démo- graphiques et des interactions médicamenteuses, les facteurs génétiques expliquent une part importante de la variabilité interindividuelle de la réponse au traitement anticoagulant. Les polymorphismes de 2 gènes, liés au métabolisme des AVK (le cytochrome P450 2C9 [CYP2C9]) et à leur cible pharmacologique (la vitamine K époxyde réductase, VKORC1), sont associés à une diminution des doses nécessaires pour atteindre l’équilibre théra- peutique et à un risque plus élevé de surdosage. Une surveillance stricte et un contrôle rapproché des patientes sous AVK sont néces- saires afin de diagnostiquer et traiter rapidement les complications hémorragiques.