222 Résumés des présentations aux JFN 2016 / Nutrition clinique et métabolisme 31 (2017) 220–254 bilité paracellulaire ex vivo dans le jéjunum et l’iléon était réduit dans le groupe LF par rapport au groupe contrôle (28 %, p < 0,05 ;22 % p < 0,05, n = 18, respectivement) ; la perméabilité transcellulaire était aussi réduite dans l’iléon (47 %, p < 0,05, n = 15). La perméabilité para- et transcellulaire dans le côlon proximal était similaire entre les deux groupes. En outre, un prétrai- tement avec le mélange MFGM + LF inhibait l’hyperperméabilité intestinale induite par le stress (+ 89 %, p < 0,001, n = 6 (contrôles) ; + 44 %, p > 0,05, n = 6 [MFGM + LF]). Enfin, la réponse des splénocytes après stimulation était polarisée vers un profil Th1 dans le groupe MFGM + LF (p < 0,01, 6 < n < 8). Conclusion Ces résultats démontrent la capacité de MFGM et L. fermentum CECT 5716 à protéger la barrière épithéliale intestinale, favoriser la maturation de la fonction motricité et orienter la réponse inflammatoire systémique vers un profil Th1. L’utilisation de ces facteurs nutritionnels pourrait permettre une nou- velle approche dans la prévention et/ou le traitement des allergies alimentaires du nourrisson et de l’enfant. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.nupar.2017.06.015 CO05 Effet de la bypass gastrique sur la biodisponibilité des protéines alimentaires et l’anabolisme protéique chez le rat R. Tessier 1,2 , L. Ribeiro-Parenti 2 , O. Bruneau 1,2 , J.-B. Cavin 2 , N. Khodorova 1 , A. Lan 1 , A. Bado 2 , D. Tomé 1 , M. Legall 2 , C. Gaudichon 1, 1 UMR PNCA, Inra-AgroParisTech-université Paris Saclay 2 UMRS1149, Inserm, hôpital Bichat, Paris, France Auteur correspondant. Adresse e-mail : claire.gaudichon@agroparistech.fr (C. Gaudichon) Introduction et but de l’étude La chirurgie bariatrique est un traitement effi- cace de l’obésité morbide et de ses complications métaboliques. Elle peut cependant entraîner des carences nutritionnelles dont la carence protéique. La malabsorption protéique peut être un facteur de risque de la dénutrition protéique, mais il n’existe pas de données claires à ce sujet. L’objectif de notre étude était d’évaluer chez le rat l’impact d’une bypass gastrique sur la biodisponibilité des protéines alimentaires et le statut protéique. Matériel et méthodes Des rats, rendus obèses par un régime hyperlipidique, ont été opérées par une bypass gastrique Roux-en-Y (RYGB, n = 18, survie : 9 sur 18) ou à blanc (Sham, n = 10, survie 9 sur 10). Les rats Sham ont rec¸u la même quantité de nourriture que les rats RYGB (pair-fed). La composition cor- porelle a été quantifiée avant et après chirurgie à l’aide d’un scanner EchoMRI 900. Deux semaines après l’opération, la digestibilité réelle des protéines a été mesurée 6 h après l’ingestion d’un repas test contenant des protéines intrinsè- quement marquées à l’azote 15 N. Après sacrifice de l’animal et dissection du tube digestif, l’azote alimentaire a été déterminé dans les contenus des diffé- rents segments (estomac, intestin grêle, caecum, côlon) par spectrométrie de masse à ratio isotopique couplé à un analyseur élémentaire. Le taux de synthèse protéique dans les tissus a été mesuré grâce à l’injection intraveineuse d’une dose massive de ( 13 C)-valine avant le sacrifice. Les résultats sont exprimés en moyennes (± ESM) et analysés par un test de t de Student (p < 0,05). Résultats Par rapport à la période préopératoire, la prise alimentaire était diminuée de 49 % chez les individus du groupe RYGB. La perte de poids était supérieure chez les individus du groupe RYGB par rapport à ceux du groupe Sham (14 ± 2 % contre 7 ± 0,8 %, p = 0,002), de même que la perte de masse grasse (33 ± 5 % contre 20 ± 1 %, p = 0,03) mais pas celle de masse maigre, en moyenne de 7 ± 1,5 %. Six heures après l’ingestion du repas test, il y avait significativement plus d’azote exogène dans le caecum des rats Sham par rapport aux RYGB, mais pas de différences entre les groupes dans les autres segments du tube digestif. La digestibilité des protéines alimentaires était plus faible dans le groupe Sham que dans le groupe RYGB (93,1 ± 0,6 % contre 95,2 ± 0,7 %, p = 0,03). L’analyse morphologique a révélé une hypertrophie du jéjunum et de l’iléon chez les rats RYGB. Le taux de renouvellement protéique dans le foie, le muscle et la peau était similaire entre les groupes, mais fortement diminué (p < 0,0001) dans le rein des rats RYGB (72,2 ± 3,2 %/j) par rapport aux rats Sham (98,4 ± 3,3 %/j). Conclusion Notre étude révèle que la biodisponibilité des protéines alimen- taires est améliorée par le RYGB. Ce résultat inattendu peut être attribué à une surcompensation de la réduction de la surface d’absorption par l’hypertrophie de la muqueuse de l’intestin grêle. Par ailleurs, notre étude montre que l’anabolisme rénal est fortement influencé par le RYGB. Des investigations supplémentaires sont nécessaires pour identifier les protéines impliquées dans cette diminution de l’anabolisme rénal. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.nupar.2017.06.016 CO06 Effet des légumineuses sur la biodisponibilité des vitamines liposolubles M. Margier 1, , M. Nowicki 1 , A. Siriaco 1 , S. Georgé 2 , M.J. Amiot 1 , E. Reboul 1 1 AMU, Inserm, Inra, Nort, faculté de médecine, Marseille 2 Unité qualité nutritionnelle des produits végétaux, CTCPA, Avignon, France Auteur correspondant. Adresse e-mail : marielle.margier@hotmail.fr (M. Margier) Introduction et but de l’étude Les vitamines liposolubles jouent un rôle clé dans la prévention des pathologies oculaires, osseuses, neurovégétatives et car- diovasculaires. Cependant, leurs effets dépendent de leur biodisponibilité, qui peut être modulée par des interactions avec les composants du repas. Actuelle- ment, la consommation de légumineuses est relancée comme source de protéines avec un faible impact environnemental. Or, leur plus grand apport est associé à une diminution du taux de cholestérol et de triglycérides circulants [1], suggé- rant un impact sur l’absorption des lipides et donc des vitamines liposolubles. Le but de cette étude est donc d’évaluer l’impact des légumineuses (lentilles, hari- cots blancs, haricots rouges, flageolets et pois chiches) et du type de préparation (cuisson ménagère contre appertisation) sur la bioaccessibilité et l’absorption intestinale des vitamines A (et son précurseur, le -carotène), D, E et K. Matériel et méthodes Des digestions in vitro ont permis de comparer la bio- accessibilité des vitamines liposolubles (pourcentage de vitamines du repas retrouvées dans les micelles mixtes), lorsque celles-ci sont ingérées dans un repas type (steak haché avec huile) en présence ou non de légumineuses (pommes de terre contre légumineuses). Les micelles mixtes issues de ces digestions in vitro sont ensuite déposées sur des cellules intestinales humaines Caco-2 TC7 afin d’évaluer leur capacité à absorber les vitamines liposolubles. Résultats La bioaccessibilité des vitamines liposolubles et du -carotène en fin de digestion diminuait en présence de légumineuses (11 % à 70 %) par rapport au repas contrôle (p < 0,05). La cuisson des légumineuses par appertisa- tion améliorait significativement la bioaccessibilité des vitamines par rapport à la cuisson ménagère. Ainsi, celle du -carotène et du cholécalciférol était plus élevée pour les pois chiches appertisés plutôt que cuits à l’eau (+ 52 % et + 18 % respectivement, p < 0,05). Cet effet positif de l’appertisation était confirmé pour la vitamine A en présence de lentilles ou de haricots blancs (+37 % et + 58 % respectivement, p <0,05). L’absorption des vitamines D, E et K par les Caco- 2 diminuait significativement lorsque ces vitamines étaient inclues dans des micelles issues de la digestion d’un repas à base de légumineuses (22 % à 66 %) par rapport à des micelles issues du repas contrôle (p < 0,05). Dans cer- tains cas, l’appertisation améliorait l’absorption des vitamines liposolubles, par exemple pour les haricots blancs et les lentilles où l’absorption de la vitamine K augmentait de 35,5 % et 76,3 % par rapport à une cuisson à l’eau (p < 0,05). Conclusion Ces résultats montrent que la présence de légumineuses dans un repas diminue la bioaccessibilité et l’absorption des vitamines liposolubles, et, que le mode de préparation est un paramètre important. L’identification du ou des composés responsables de ces effets permettra de proposer des solutions adaptées, dans l’objectif de mieux formuler des produits à base de légumineuses sans dégrader la qualité nutritionnelle du repas. Ces travaux sont également une première base d’étude pour des recommandations de régimes végétariens. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.