11 e congrès de Pneumologie de Langue Française Rev Mal Respir 2007 ; 24 : 1S7-1S30 1S10 4 Étude observationnelle des cancers bronchopulmonaires à petites cellules (CPC) en centre spécialisé sur la période 1990-2002 B. Lebeau, M. Baud, T. Mokhtari, I. Papanikolaou, M. Febvre, C. Chouaïd Objectif : Analyser la prise en charge des 239 patients atteints de CPC sur une période de 13 ans pour apprécier leur évolution dans le temps. Méthodes : Étude rétrospective, exhaustive (aucune exclusion), avec recueil informatisé de 54 items cliniques et thérapeutiques ; comparaison des périodes 1990-1996 et 1997-2002. Résultats : La quasi-totalité des formes localisées a reçu une radiothéra- pie thoracique ; les patients en réponse complète ont reçu une irradiation prophylactique céphalique, 14 patients sont opérés. PCDE : cisplatine cyclophosphamide doxorubicine etoposide. PE = sel de platine-etoposide Périodes 1990-96 1997-02 Total Effectifs 108 131 239 Sex-ratio H/F* 4,4 1,98 2,7 Formes loc/diss % 61,1/38,9 48,9/51,1 54,4/45,6 Chimiothérapie PCDE 68 37 105 Chimiothérapie PE * 13 44 57 Chimiothérapie CDE 80 48 68 Héparinothérapie * 50 81 131 Médianes de survie localisées 408 ± 6J 408 ± 28 J Médianes de survie disséminées 300 ± 11 J 238 ± 14 J Survie à 2 ans localisés 26,7 % 35,5 % Survie à 2 ans disséminés 6,3 % 7,5 % *différence statistiquement significative. Conclusion : L’optimisation des mesures thérapeutiques paraît rendre possible une lente amélioration des résultats appréciés sur la survie à 2 ans et non sur la médiane de survie, valeur pénalisée par l’exhaustivité de cette étude. 5 Aire sous la courbe du carboplatine dans le traitement des cancers bronchopulmonaires W. Fager 1 , B. Etienne-Mastroeanni 2 , P. Martin 1 , V. Bertholle 1 , J.F. Cordier 2 , G. Aulagner 1 L’exposition de l’organisme au carboplatine est représentée par l’aire sous la courbe de concentrations plasmatiques en fonction du temps (AUC). C’est le seul cytotoxique dont les posologies sont calculées, selon les for- mules de Chatelut ou de Calvert. Néanmoins, ces formules ne prennent pas totalement en compte l’importante variabilité d’élimination du médi- cament et une dose donnée peut s’accompagner d’une AUC très variable. Le suivi thérapeutique permet de définir, à l’aide de mesures de concen- trations plasmatiques à la première cure de chimiothérapie et d’un logi- ciel de pharmacocinétique de population (logiciel USC*Pack), une AUC aussi proche que possible de l’exposition maximale tolérée. L’approche bayésienne, basée sur l’expérience acquise au cours des traitements, néces- site moins de prélèvements sanguins que les méthodes conventionnelles. Notre étude sur 39 patients ayant reçu du carboplatine selon la formule de Chatelut ou Calvert a montré que seulement 30 % des patients atteignent réellement l’AUC cible. Les clairances d’élimination du carboplatine pré- dites par méthode bayésienne (80,56 ml/min) étaient en moyenne plus proches des clairances estimées avec le logiciel USC*Pack (83,14 ml/min) que des clairances calculées selon la formule de Chatelut ou Calvert (122,42 ml/min). C’est l’AUC prédite par le logiciel qui était la plus pro- che de l’AUC réelle du patient. Cette méthode avec individualisation des posologies permettrait d’éviter plus sûrement surdosage ou sous-dosage thérapeutique. 6 Rôle de l’Epidermal Growth Factor Receptor (EGFR) au cours de l’adénocarcinome pulmonaire ovin induit par Jaagsiekte Sheep Retrovirus (JSRV) N. Girard, F. Archer, V. Cottin, Jf. Mornex, C. Leroux Introduction : L’adénocarcinome pulmonaire ovin associé au bétaré- trovirus JSRV, présente des similarités cliniques et histologiques avec le carcinome bronchiolo-alvéolaire (CBA) humain. Le rôle de l’EGFR et des voies de signalisation sous-jacentes, impliqués dans la prolifération de certains CBA, a été évalué au cours de l’adénocarcinome pulmonaire ovin. Méthodes : L’expression de l’EGFR et des protéines sous-jacentes PI3K/Akt et MAPK a été étudiée par Western-blot, dans des échan- tillons tumoraux et non tumoraux, et dans des cultures de pneumocytes de type II dérivées de ces échantillons, stimulées ou non par EGF. L’inhi- bition in vitro de la prolifération tumorale par des inhibiteurs de l’EGFR (AG1478 et Cl387-785) a été étudiée. Résultats : Le niveau d’expression de l’EGFR et de P-EGFR n’était pas différent (p = 0,4 et p = 0,9) dans les tissus tumoraux (n = 19) et non tumoraux (n = 10). La prolifération des cellules tumorales n’était pas inhibée par les inhibiteurs de l’EGFR. Il n’y avait pas d’activation dans les tissus tumoraux des protéines sous-jacentes à l’EGFR, P-Akt (p = 0,8), P-p38 MAPK (p = 0,8), P-ERK1/2 (p = 0,8) ou P-SAPK/ JNK (p = 0,5), ni de sous-expression de PTEN (p = 0,8). In vitro, l’expression de ces protéines n’était pas modifiée après stimulation par l’EGF. Conclusions : L’EGFR et les voies de signalisation sous-jacentes ne sont pas impliquées dans la prolifération tumorale de l’adénocarcinome pulmonaire ovin. N. Girard est titulaire d’une bourse d’étude de la SPLF (2005). 7 Mutations des gènes EGFR, KRAS, TP53 et expression de p14arf dans les CBNPC en fonction de l’histoire tabagique M. Mounawar 1 , A. Mukeria 2 , F. Le Calvez 1 , R. Hung 1 , H. Renard 1 , A. Cortot 1 , D. Zaridze 2 , P. Brennan 1 , P. Boffetta 1 , E. Brambilla 3 , P. Hainaut 1 Les altérations du récepteur à l’EGF sont fréquentes dans les Cancers Bronchiques Non à Petites Cellules (CBNPC). Les associations de ces mutations avec d’autres altérations génétiques ou épigénétiques dans ces cancers sont mal connues. Nous avons analysé les mutations d’EGFR (exons 18 à 21) ainsi que l’expression de p16ink4a et p14arf, sur une série de 116 CBNPC de patients d’Europe de l’Est. Les données concer- nant les mutations des gènes TP53 et KRAS ont été décrites dans une étude précédente. Au total, 23 mutations d’EGFR ont été détectées dans 20 des 116 tumeurs analysées (17 %). 75 % des tumeurs mutées étaient des adénocarcinomes, dont 80 % de non-fumeurs et 20 % d’ex- fumeurs. Nous avons également observé la non-concomitance des muta- tions de KRAS et EGFR. 11 des 16 tumeurs de non-fumeurs portant une mutation d’EGFR étaient porteuses d’une mutation de TP53. Par opposition, seules 2 tumeurs sauvages pour EGFR présentaient une mutation de TP53 (p = 0,008). Toutes les tumeurs porteuses d’une mutation EGFR associée à un statut sauvage de TP53 présentaient une perte d’expression de p14arf, principal activateur de p53 dans des condi- tions de stress oncogénique. Ces résultats suggèrent que la tumorigenèse induite par une mutation d’EGFR nécessite l’altération de la connexion p14arf/p53. Ce modèle est en accord avec le rôle de « garde fou » de cette voie dans la cellule, en réponse à des signaux prolifératifs excessifs. Service de pneumologie, Hpital Saint-Antoine, UniversitØ Paris VI, France. 1 Service Pharmaceutique, 2 Service de Pneumologie, Hpital Louis Pradel, Lyon, France. UMR 754 Inra-UCBL-ENVL « RØtrovirus et Pathologie comparØe », UniversitØ Lyon 1, Lyon, France. 1 International Agency for Research on Cancer, Lyon, 2 Cancer Research Centre, Moscou, Russie, 3 Inserm U57, CHU, Grenoble, France.