Véganisme et philosophie Dominique Bourg, Gérald Hess Dans La Pensée écologique 2022/2 (N° 9), pages 81 à 88 Article Introduction ccorder une dignité aux créatures, aux êtres vivants en général, c’est refuser de ne l’accorder qu’aux seuls êtres humains, c’est refuser d’ériger une manière de mur entre les humains et les non- humains. C’est, partant, chercher à surmonter le dualisme né de la modernité qui avait haussé les êtres humains au-dessus des autres êtres naturels, tels des despotes destinés à détruire pour leur usage les autres vivants, les paysages jusqu’à déstructurer les couches superficielles de la lithosphère pour leurs activités extractives. Or, à l’opposé, le véganisme semble faire bon ménage avec l’écologie et nombres des activistes du climat revendiquent une appartenance végane. Pour nombre de personnes les deux causes semblent se recouvrer. Or, tel n’est nullement le cas. Les fondements du véganisme sont modernes, inséparables du dualisme homme-nature, même s’il est en l’occurrence redessiné. Si elle devait devenir une 1 A