19 es Journées Nationales d’Infectiologie / Médecine et maladies infectieuses 48 (2018) S142–S154 S147 France. Dans cette population vulnérable, cette période est à risque de rupture de suivi, de rupture thérapeutique et d’augmentation de la mortalité. Notre étude décrit les résultats du premier modèle de transition ambulatoire, créé dans une structure pour adolescents/jeunes adultes ayant vécu des ruptures sociofami- liales. Matériels et méthodes Tous les patients VIH-TME suivis dans la structure de 2006 à 2017 ont été inclus dans cette étude rétrospective observationnelle. Cette transition s’organisait en trois temps : transfert de l’adolescent du service de pédiatrie vers la structure pour une co-prise en charge par son pédiatre référent et un médecin référent désigné dans la structure ; relais pédiatre–infectiologue d’adulte ; sortie de la structure et suivi en service d’adulte par l’infectiologue. Nous avons évalué le devenir des patients sur le plan clinicobiologique et socio- professionnel. Résultats Entre 2006 et 2017, 82 patients ont été inclus : sex-ratio M/F 0,7, âge médian 18 ans (IQR 16–19), 34 (41 %) orphelins, 36 (44 %) nés en Afrique ; 17 (21 %) ont été au stade SIDA, 45 (55 %) avaient une charge virale ARN VIH plasmatique (CV) indétectable, CD4 médians 492/mm 3 (IQR 353–689). Au terme d’un suivi médian de 2,9 ans (IQR 1,1–5) avec une assiduité aux consultations de 74 %, le parcours dans la structure a fait émerger 4 profils de patients selon l’évolution de leur CV : chez 37 (45 %) la CV est restée indétectable, chez 14 (17 %) elle est devenue indétectable, chez 23 (28 %) elle est restée détectable et chez 8 (10 %) elle est devenue détectable. Aux dernières nouvelles, après un suivi médian de 5,8 ans (IQR 2–8,6) : 40 (49 %) étaient encore suivis dans la structure, 38 (46 %) avaient été transférés en service adulte et 4 (5 %) étaient perdus de vue (PDV) ; 4/82 (5 %) ont eu une infection opportuniste sévère, sans aucun décès ; pour les 74 patients ayant un suivi régulier (40 dans la structure et 34 en service adulte), 51/74 (69 %) avaient une CV indétectable, CD4 médians 600 (IQR 437–809), 73/74 (92 %) avaient une formation et/ou un emploi et 8/74 (11 %) avaient au moins un enfant dont aucun n’était infecté. Conclusion Ce premier modèle de transition ambulatoire pour les patients VIH-TME entre la pédiatrie et la médecine adulte permet de maintenir des ado- lescents ayant de nombreux critères de fragilité dans un parcours de soins. Bien que plusieurs profils d’évolution de la CV et plusieurs modalités de sortie de la structure aient été identifiés, la majorité des patients ont bénéficié d’une amélio- ration de leur profil immunovirologique et de leur insertion socioprofessionnelle. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.medmal.2018.04.367 VIH HEP SP-14 Mieux VIHeillir : étude descriptive d’une population gériatrique VIH R. Collarino 1 , R. Landman 1 , B. Phung 1 , S. Lariven 1 , G. Peytavain 2 , Y. Yazdanpanah 1 , C. Rioux 1 1 Service de maladies infectieuses, hôpital Bichât, Paris, France 2 Laboratoire de pharmaco-toxicologie, hôpital Bichat, Paris, France Introduction L’amélioration du pronostic secondaire à l’introduction des multithérapies antirétrovirales a permis une augmentation de l’espérance de vie des patients vivants avec le VIH. L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques d’une population de 75 ans et plus vivant avec le VIH. Matériels et méthodes Étude rétrospective incluant tous les patients de 75 ans ou plus suivis jusqu’en juillet 2017 dans un centre hospitalier universitaire. Les données sociodémographiques, syndromes gériatriques, comorbidités, co- médications, dernier bilan immunovirologique et traitement antirétroviral ont été recueillies à partir du dossier informatisé (NADIS ® ). Résultats Soixante et un patients : 67 % hommes, médiane d’âge 78 ans (IQ25–75 % : 75–87), 46 % nés en France, 61 % hétérosexuel, 25 % homo- sexuel. Le diagnostic de l’infection VIH : ≤ 5 ans chez 10 %, ≥ 20 ans chez 38 %, 46 % au stade C (classification CDC) et 16 % coinfectés VHB ou VHC. Quatre-dix pour cent avec charge virale VIH < 50 copies/mL, la médiane de lymphocytes TCD4 était à 650/mm 3 (IQ25–75 : 200–2112). La médiane de comorbidités : 6 (IQ25–75 : 3–12) : hypertension artérielle (66 %), insuffisance rénale chronique (54 %), diabète (36 %), dyslipidémie (44 %), cancer (30 %). Soixante-quize pour cent avaient au moins un syndrome gériatrique : dénutrition (16 %), trouble de la marche (20 %), troubles cognitifs (11 %), troubles neu- rosensoriels (39 %). Selon le score SEGA (sommaire évaluation gériatrique à l’admission), 15 étaient fragiles et 1 très fragile. Le nombre médian de comédi- cations : 6 (IQ25–75 : 1–17), 47 % prenaient plus de 8 médicaments par jour. Les antirétroviraux prescrits : inhibiteurs d’intégrase (47 %), inhibiteurs de protéase (IP) (36 %) inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (46 %), et parmi les inhibiteurs nucleosidiques de la transcriptase inverse l’abacavir dans 47 % et ténofovir 26 %, 62 % patients recevaient le un traitement antirétrovi- ral en comprimé unique. Interactions médicamenteuses potentielles relevées : IP avec inhibiteurs calciques (18 %), bêtabloquants (10 %), benzodiazépines (5 %), antidépresseurs tricycliques (4 %), tramadol (4 %), corticoïdes (4 %), tamsulosine (7 %) ; efavirenz avec inhibiteurs calciques (12 %) ; dolutégravir avec metformine (2 %). Conclusion Les patients gériatriques vivant avec le VIH sont plus fragiles, comorbides et polymédiqués par rapport à la population générale et aux patients adultes vivant avec le VIH plus jeunes. Les multiples interactions médicamen- teuses doivent être recherchées et prévenues. La consultation gériatrique devrait permettre d’évaluer et préserver les réserves fonctionnelles des patients les plus fragiles. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.medmal.2018.04.368 VIH HEP SP-15 La précarité sociale dans la population franc¸aise de VIH est fréquente et liée à l’anxiété, à la dépression et la dégradation de la qualité de vie. Résultats de l’étude électronique EQUIPIER M. Duracinsky 1 , S. Dimi 2 , L. Piroth 3 , F. Thonon 1 , D. Zucman 2 , O. Chassany 1 , P. Carreri 4 1 EA REMES 7334, université Paris 7, Paris, France 2 Hôpital Foch, Suresnes, France 3 CHU de Dijon, Dijon, France 4 Inserm U912-ORS PACA, Marseille, France Introduction La précarité ou l’instabilité sociale sont fréquentes chez les per- sonnes vivant avec le VIH (PVVIH) et altèrent leur vie quotidienne. L’étude EQUIPIER a estimé l’impact de l’instabilité sociale sur les différentes dimen- sions de la qualité de vie liée à l’état de santé, l’anxiété, la dépression et le comportement d’évitement de danger chez les PVVIH franc¸aises. Matériels et méthodes Les PVVIH franc¸aises recrutées (hôpital et associa- tions) ont rempli en ligne plusieurs questionnaires : PROQOL-VIH, instrument de qualité de vie lié à la santé (QDV) évaluant 4 dimensions : physique, mentale, sociale et impact du traitement avec chaque score allant de 0 à 100 (100 reflé- tant une meilleure QDV) ; Hospital Anxiety and Depression (HADS). Deux groupes ont été catégorisés selon le score EPICE : socialement instable (Score EPICE > 30) et stable (score EPICE ≤ 30) reflétant des difficultés de logement et financières. Résultats Au total, 517 personnes (30 % de femmes, âge moyen : 48 ans, VIH diagnostiqué en 2000, moyenne CD4 650/mm 3 et 89 % avec une charge virale indétectable) ont été recrutés : la plupart dans les hôpitaux (81 %). Cinquante- six pour cent travaillaient et 52 % avaient un score EPICE ≤ 30 reflétant un haut niveau d’instabilité ; 39 % présentaient un trouble anxiodépressif défini par les scores de HAD. Sur l’échantillon entier, les scores moyens de QDV étaient faibles dans toutes les dimensions (moyenne ± ET) : physique (75 ± 18), mentale (75 ± 19), social (62 ± 19) et impact du traitement (70 ± 9) : les PVVIH socialement instables avait une QDV inférieure dans toutes les dimensions en comparaison avec les PVVIH socialement stables : physique (66 vs 82), mentale (61 vs 82), sociale (50 vs 75), et impact du traitement (67 vs 73) (p = 0,001 pour toutes les comparaisons). Les scores de dépression (6 vs 4) et les scores d’anxiété (9 vs 5) étaient significativement plus élevés (c’est-à-dire pires) chez les PVVIH socialement instables. Conclusion L’instabilité sociale demeure un problème majeur chez les PVVIH et est associée à une altération de la QDV et de la santé mentale. Des interventions sociales pour améliorer le logement et des soins psychiatriques sont nécessaires pour améliorer la santé des PVVIH.