68 e Congrès de la Société franc¸ aise de médecine interne, Saint-Malo, 12–14 décembre 2013 / La Revue de médecine interne 34S (2013) A22–A79 A25 Les patients développant une LEMP étaient significativement plus jeunes que les contrôles. En combinant nos 10 cas et les 20 de la littérature, nous avons constaté que : – 17 patients (57 %) sont décédés dans les suites de la LEMP ; – la mirtazapine seule ou en association semble améliorer le pro- nostic de la LEMP. De plus, tous les patients traités par l’association mirtazapine- cidofovir ont survécu, avec une amélioration ou une stabilisation de leur état neurologique. Conclusion.– La LEMP associée à la sarcoïdose fait souvent l’objet d’une errance diagnostique. Elle n’est pas associée à une lympho- pénie CD4 sévère. Comparées aux autres situations favorisantes, sa létalité est élevée. L’arrêt de l’immunosuppression est primor- dial mais la mirtazapine a montré des résultats prometteurs qui nécessitent d’être confirmés. http://dx.doi.org/10.1016/j.revmed.2013.10.020 CO006 Intérêt de l’infliximab dans le traitement des sarcoïdoses chroniques, sévères, multirésistantes C. Chapelon-Abric a , D. Saadoun a , D. Dormont b , N. Costedoat Chalumeau c , J. Haroche a , D. Valeyre d , P. Cacoub a a Service de médecine interne 2, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris, France b Service de radiologie, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris, France c Service de médecine interne, hôpital Cochin, Paris, France d Service de pneumologie, hôpital Avicenne, Bobigny, France Introduction.– Le traitement de référence de la sarcoïdose est la prednisone. En l’absence de réponse, lors de formes sévères ou en présence d’effets indésirables inacceptables, d’autres immunosup- presseurs (IS) peuvent être proposés. Les anti-TNF représentent une nouvelle classe thérapeutique séduisante, compte tenu du rôle majeur du TNF dans la stimulation antigénique, la réponse immunitaire cellulaire et la pathogénèse de l’inflammation gra- nulomateuse non caséeuse. Le but de cette étude a été d’évaluer l’efficacité thérapeutique de l’IFX dans le traitement de sarcoïdoses sévères, chroniques et multirésistantes et d’analyser les effets iatro- gènes, en particulier infectieux. Patients et méthodes.– Sur une cohorte de 30 patients traités par anti-TNF pour une granulomatose possible ou certaine, 19 patients répondaient aux critères retenus : – preuve histologique constante ; – maladie chronique évoluant depuis au moins de 24 mois ; – affection sévère présentant un risque fonctionnel et/ou vital ; – multirésistante (échec de la prednisone et d’au moins un IS). Les données cliniques et paracliniques ont été rétrospectivement analysées pour chaque localisation pulmonaire et extrapulmonaire, selon un score de sévérité ainsi que les effets indésirables et les arrêts de traitements. Les caractéristiques cliniques et thérapeu- tiques des patients ayant présenté un épisode infectieux sous IFX ont été comparées à celles des patients sans pathologie infectieuse. Résultats.– Sur une cohorte de 30 patients traités par anti-TNF , 19 remplissait les critères définis. L’âge moyen était de 35,8 (14 à 71 ans) avec un sex-ratio F/H de 0,54, sans ethnie prédominante. La durée moyenne de la sarcoïdose avant l’IFX était de 104 mois (24 à 420 mois) : durée moyenne de la prednisone de 60,7 mois et de 45 mois pour l’IS. La maladie était multisystémique, avec dans 79 % des cas au moins 3 organes atteints. L’indication de l’IFX était multi-organe chez 10 malades et mono-organe dans 9 cas (système nerveux : 6 cas ; cœur : 2 cas ; oculaire : 1 cas). Le suivi moyen post- IFX a été de 30,5 mois avec une évolution favorable chez 89 % des patients. En terme d’organes atteints au nombre de 31, seuls 19 % sont restés stables (système nerveux : 4 ; articulation : 1 ; foie : 1). À la fin du suivi, une amélioration significative du score de sévérité a été observée (p = 0,0001), ainsi qu’une réduction signi- ficative de la dose de prednisone (p = 0,0028). Ces résultats ont également été observés chez les patients chez qui l’IFX avait du être arrêté par choix personnel (2 cas) ou pour un effet adverse (9 cas). Il s’agissait d’une infection aiguë chez 7 malades (37 %), une réaction paradoxale cutanée dans 1 cas et une leucoencépha- lopathie. L’étude comparative des patients ayant présenté ou non une infection montre une différence significative pour la durée des corticoïdes avant l’IFX, (98,7 mois versus 38,58 mois : p = 0,042) et pour la durée de l’IS (73,2 mois versus 28,5 mois : p = 0,033), durée supérieure à 18 mois. Par contre, le type d’IS n’est pas différent dans les deux groupes. Chez ces patients, toutes les infections ont été traitées sans difficultés et la sarcoïdose a évolué favorable- ment avec la reprise d’un traitement IS classique. Dans 8 cas, l’IFX a été poursuivi, avec nécessité de maintenir un intervalle régu- lier des perfusions et d’associer un traitement IS, le plus souvent methotrexate-corticoïdes. Conclusion.– L’IFX est efficace dans le traitement des sarcoïdoses particulièrement sévères. Un évènement infectieux a été noté chez des patients qui avaient eu une durée supérieure à 18 mois de cor- ticoïdes et/ou d’IS avant l’introduction de l’IFX. Ceci doit inciter à proposer une durée de traitement plus courte des IS non anti-TNF afin de limiter les risques infectieux ultérieurs de l’IFX. http://dx.doi.org/10.1016/j.revmed.2013.10.021 CO007 Uvéites sarcoïdosiques : à propos de 102 cas C. Febvay a , L. Kodjikian a , L. Pérard b , C. Burillon c , J. Ninet d , C. Broussolle e , P. Sève e a Service d’ophtalmologie, hôpital de la Croix-Rousse, Lyon, France b Service de medecine interne, hôpital Édouard-Herriot, Lyon, France c Service d’ophtalmologie, hôpital Édouard-Herriot, Lyon, France d Service de médecine interne, hôpital Édouard-Herriot, Lyon, France e Service de médecine interne, hôpital de la Croix-Rousse, Lyon, France Introduction.– Les uvéites sont une des principales manifestations extra-thoraciques de la sarcoïdose, qui affectent 25 à 50 % des patients. Elles surviennent, dans plus de 80 % des cas, avant ou durant la première année et sont révélatrices de la granulomatose dans environ 30 % des cas. Alors que plusieurs séries comportant plus de 100 patients ont été rapportées au Japon et aux États-Unis, aucune étude comparable n’a été réalisée en Europe. Patients et méthodes.– Étude rétrospective d’une cohorte d’uvéites sarcoïdosiques prises en charge dans 2 services de médecine interne d’un CHU entre 2005 et 2013. Le diagnostic de sarcoïdose repose sur les critères de l’American Thoracic Society de 1999 [1] et les caractéristiques de l’étude ont été analysées selon les critères de la SUN [2]. Nous présentons ici les caractéristiques épidémiolo- giques, cliniques, évolutives et le traitement des patients. Résultats.– Cent deux observations ont été identifiées : il s’agissait de 73 femmes et 29 hommes. L’âge médian au diagnostic de l’uvéite était de 52,2 ans (15–84). La répartition ethnique était la suivante : caucasiens (n = 79), Afrique du Nord (n = 16), Afrique noire (n = 4) et asiatique (n = 3). L’uvéite était révélatrice de la sarcoïdose chez 92 patients (90 %) tandis que 10 patients pré- sentaient une sarcoïdose connue depuis 6,3 ans en moyenne. Soixante et onze sarcoïdoses (70 %) étaient prouvées histolo- giquement. L’atteinte était le plus souvent bilatérale (n = 79), chronique (n = 71), sous forme, par ordre de fréquence, de panu- véite (n = 61), d’une uvéite antérieure (n = 17), d’une association de l’atteinte de 2 segments oculaires (n = 10) d’une uvéite postérieure (n = 2) et d’une uvéite intermédiaire (n = 2) ; 40 patients présen- taient un œdème maculaire au diagnostic ou au cours du suivi. Parmi les patients dont l’uvéite était révélatrice de la sarcoïdose, 3 présentaient une atteinte parenchymateuse pulmonaire symp- tomatique et 19 patients avaient une atteinte extra-respiratoire (peau [n = 13], adénopathie inguinale [n = 1], articulation [n = 3], atteinte du système nerveux central [n = 2]). Après un suivi médian de 4,8 ans, 8 patients ont développé une autre atteinte de la sar-