Abstracts / Revue française d‘allergologie 54 (2014) 252–261 259 La responsabilité de la lévofloxacine a été retenue avec un score d’imputabilité de I3 (vraisemblable) vu un délai de survenue compatible (6 jours), une évo- lution suggestive (guérison en 14 jours), et surtout le test épicutané positif à la lévofloxacine. Le DRESS Syndrome a été exceptionnellement rapporté dans la littérature avec les fluoroquinolones. Seuls 2 cas induits par la moxifloxacin sont décrits. http://dx.doi.org/10.1016/j.reval.2014.02.108 Médi-21 Conjonctivite allergique de contact due à la phényléphrine hydrochloride avec patch-test positif O. Charfi , S. Kastalli , G. Lakhoua , A. Zaiem , R. Daghfous , S. El Aïdli Centre national de pharmacovigilance, Tunis, Tunisie Introduction.– Les collyres à base de phényléphrine sont utilisés en chirurgie ophtalmologique comme mydriatiques. Malgré la large utilisation de ces col- lyres, seulement quelques cas de conjonctivite allergique de contact ont été rapportés. Nous rapportons un cas de conjonctivite allergique de contact secon- daire à l’instillation oculaire de phényléphrine hydrochloride avec un patch-test positif. Résultats.– Un patient âgé de 58 ans, a été admis au service d’ophtalmologie pour chirurgie de la cataracte. Il a rec¸u en pré-opératoire de la chirurgie de la cataracte des instillations de phényléphrine hydrochloride 10 % et de tropica- mide 0,5 %. Quatre heures après le début des instillations, le patient avait une sensation de brûlure oculaire, un érythème avec œdème palpébral. À l’examen, il existait une congestion conjonctivale bilatérale. La chirurgie a été reportée et le patient a été mis sous corticoïde local. Tous les symptômes ont régressé au 5 e jour du traitement. Le patient rapporte qu’il a déjà utilisé ces mydriatiques sans incidents. Trois mois plus tard, le patient a été admis une 2 e fois en vue de l’opérer pour cataracte. La même symptomatologie est réapparue 3 heures après le début des instillations de phényléphrine hydrochloride 10 % et de tropicamide 0,5 %. Le patient a été adressé au service de pharmacovigilance. Des patch-tests ont été réalisés après 5 semaines. Ils ont été effectués avec une dilution aqueuse à 10 % des formes commerciales de phényléphrine hydrochlo- ride et de tropicamide. Le patch-test pour la phényléphrine hydrochloride était positif après 48H avec un érythème homogène, infiltrat et des vésicules. Le patch-test pour le tropicamide était négatif. Discussion.– Le patient a présenté une conjonctivite compatible avec une hyper- sensibilité de type IV. La responsabilité de la phényléphrine dans la genèse de cette conjonctivite a été retenue avec un score de type I3 (vraisemblable), selon la méthode de Begaud et al., vu le délai de survenue de la symptomatologie suggestif, la réintroduction positive avec raccourcissement du délai, et surtout le patch-test à la phényléphrine positif. La responsabilité du tropicamide a été écar- tée devant le patch-test négatif. Les effets indésirables les plus rapportés avec le collyre de phényléphrine hydrochloride sont le flou visuel, la sensation de brû- lure, le larmoiement et l’irritation conjonctivale. Les conjonctivites allergiques de contact ont été rarement rapportées. http://dx.doi.org/10.1016/j.reval.2014.02.109 Médi-22 Tests cutanés aux bétalactamines : expérience du centre national de pharmacovigilance de Tunis G. Lakhoua , S. Kastalli , O. Charfi , A. Zaiem , R. Daghfous , M.H. Loueslati , S. El Aïdli Centre national de pharmacovigilance, Tunis, Tunisie Introduction.– L’hypersensibilité aux bétalactamines représente 25 à 45 % des réactions présumées allergiques aux médicaments. 10 % des sujets rapportent une histoire d’allergie à une bétalactamine, mais souvent il s’agit d’une simple coïncidence. La pratique des tests cutanés aux bétalactamines devient une néces- sité pour poser un diagnostic objectif. Méthodes.– Nous présentons une étude rétrospective allant de 2008 à 2013 incluant tous les patients qui ont eu des tests cutanés aux bétalactamines lors de cette période au Centre national de pharmacovigilance de Tunis. L’objectif de notre travail était d’étudier les caractéristiques cliniques des cas et d’analyser le résultat des tests. Nous avons procédés à des pricks tests et en cas de négativité poursuivis avec des IDR (intradermo-réactions). Nous avons utilisé des béta- lactamines solubles (pénicilline G, ampicilline, amoxicilline et céfuroxime). Le témoin positif était de l’histamine et le témoin négatif du sérum physiologique. Les dilutions allaient du 1/10 au 1/100 et 1/1000. En cas de négativité des tests cutanés, nous avons dans certains cas pratiqué des TPO (tests de provocation orale). Résultats.– Il s’agit de 51 patients dont 41 femmes et 10 hommes. 14 patients présentaient un terrain atopique et 10 étaient étiquetés allergiques à la pénicilline depuis le jeune âge. Cinq patients avaient une allergie à d’autres médicaments. Les événements les plus fréquents ont été 19 cas de réactions anaphylactiques, 11 cas des urticaires et 9 cas des éruptions maculopapuleuses et 3 cas des chocs anaphylactiques. La molécule la plus incriminée d’après l’interrogatoire des patients a été l’Amoxicilline seule dans 19 cas et associée à l’acide clavulanique dans 12 cas. Deux patients ont eu des pricks positifs. Trois patients ont eu des IDR positifs. Cinq patients ont présenté des réactions systémiques tardives après les tests cutanés. Deux patients ont eu des TPO positifs. Discussion.– Ainsi, sur les 51 patients testés, 10 ont présenté des tests positifs dont 8 des tests cutanés positifs soit 15 %. Dans la littérature la fréquence des tests cutanés positifs varie de 7 à 25 % des sujets testés. Cette variabilité est liée aux caractéristiques de la population ainsi qu’aux modalités des tests. http://dx.doi.org/10.1016/j.reval.2014.02.110 Médi-23 Pneumopathie interstitielle à l’interféron alpha 2a pégylé : réintroduction avec une forme 2b non pégylée M. Ben Hayoun a , F. Guillouet b , C. Le Heron a , N. Martis a , D. Ouzan c , S. Leroy a , P. Camus d a Service de pneumologie, Nice, France b Service d’infectiologie, Nice, France c Service de gastro-entérologie, institut Arnaud-Tzanck, Saint-Laurent-Du-Var, France d Service d’exploration fonctionnelle respiratoire, soins intensifs respiratoires et pneumotox, Dijon, France Introduction.– L’interféron (IFN) pégylé constitue le traitement de référence de l’hépatite c chronique. Ce médicament est parfois à l’origine de pneumopathies interstitielles (PnI). Méthodes.– Nous rapportons le cas d’une PnI subaiguë à l’IFN alpha-2a pégylé après 14 mois de traitement combiné avec la ribavirine pour une hépatite c de génotype 1, chez une patiente de 60 ans sans comorbidité. Les signes d’appel ont été une dyspnée fébrile pendant 15 jours, une altération de la fonction respiratoire (CVL 85 %, DLCO 51 %) et en imagerie une PnI avec réticulations et verre dépoli. Le LBA et les biopsies transbronchiques ont exclu une granulomatose ou une infection. Sous prednisolone et arrêt de l’IFN, la récupération clinique, fonctionnelle et radiologique fut quasi-complète. Résultats.– Quatre ans plus tard, devant l’aggravation de l’hépatopathie, la réin- troduction du traitement a été envisagée en l’absence d’alternative. Les tests cutanés (Prick, IDR, Patch) aux IFN pégylés et non pégylés étaient négatifs. Après accord de la patiente, un IFN alpha-2b non-pegylée a été introduit pro- gressivement. Les doses utilisées étaient : 1/100 de dose à J1, 1/10 de dose à J4 et pleine dose (3 MUI) à J11, puis 3 injections hebdomadaires associées à la riba- virine. À 3 mois la dyspnée avec baisse de la DLCO (-26 %) était annonciatrice d’une récidive de PnI, documentée radiologiquement dans les mêmes territoires que le premier épisode. Le seul arrêt de l’IFN a permis une amélioration en 6 semaines. Discussion.– À condition d’avoir éliminer le diagnostic fortuit de sarcoïdose, celui de PnI médicamenteuse à l’IFN peut être envisagé. Il n’est pas indispen- sable de prouver la maladie si l’éviction est retenue. La PnI liée à l’IFN est une complication rare, survenant à tout moment du traitement et souvent réversible à son arrêt. Une réintroduction peut se concevoir si l’on estime qu’il existe un