250 Ann. Endocrinol., 2005 ; 66, 1 : 250-257 © Masson, Paris, 2005 HYPOPHYSE – THYROÏDE Génétique des hypopituitarismes antérieurs R. Reynaud (1,4) , A. Barlier (2,3,4) , A. Saveanu (2,3,4) , M.-H. Quentien (4) , A. Enjalbert (3,4) , Th. Brue (2,4) (1) Service de pédiatrie, Hôpital de la Timone, 264, rue Saint Pierre, 13005 Marseille, (2) Service d’Endocrinologie, Diabète et Maladies Métaboliques, Hôpital de la Timone, 264, rue Saint Pierre, 13005 Marseille, (3) Laboratoire de Biochimie et Biologie Moléculaire, Hôpital de la Conception, boulevard Baille, 13005 Marseille, (4) Laboratoire Interactions Cellulaires Neuroendocriniennes (ICNE), Unité Mixte de Recherche, CNRS 6544, boulevard Pierre Dramard, 13926 Marseille Cedex 20. Tirés à part : Th. Brue, à l’adresse ci-dessus. e-mail : thierry.brue@mail.ap-hm.fr L’antéhypophyse joue un rôle essentiel dans la régula- tion de la croissance, de la reproduction, du stress et de l’homéostasie énergétique de l’organisme. Ces dif- férentes fonctions sont assurées par la sécrétion d’hor- mones par 5 grands types cellulaires antéhypophysaires spécialisés pour produire les hormones correspondan- tes : l’hormone de croissance par les cellules soma- totropes, la TSH (thyréotropine) par les cellules thyréotropes, l’ACTH (corticotropine) par les cellules corticotropes, la LH et la FSH (gonadotrophines) par les cellules gonadotropes et la prolactine (PRL) par les cel- lules lactotropes. Au cours des dernières années, un grand nombre d’anomalies génétiques ont été rendu responsables de déficits hormonaux touchant une ou plusieurs de ces sécrétions. On distingue schématique- ment des déficits dits « isolés », c’est-à-dire touchant une seule hormone, et des déficits multiples compre- nant diverses combinaisons d’insuffisance hormonale. Nous envisagerons donc brièvement les principales causes actuellement connues d’anomalies génétiques pouvant entraîner des déficits antéhypophysaires isolés ou multiples et les circonstances dans lesquelles il faut évoquer ces anomalies. DÉFICITS HYPOPHYSAIRES MONO HORMONAUX Le déficit de sécrétion d’une hormone peut être lié à des anomalies géniques affectant la synthèse de l’hor- mone, celle du facteur hypothalamique stimulant sa sécrétion ou d’un facteur de transcription impliqué dans la différenciation terminale de la lignée cellulaire correspondante. Nous n’envisagerons pas ici les ano- malies pouvant survenir en aval de la sécrétion, en alté- rant l’action de l’hormone au niveau de son récepteur, de la signalisation post-récepteur ou des facteurs inter- médiaires (comme l’IGF1 pour l’hormone de croissance par exemple). Déficit isolé en hormone de croissance La fréquence du retard de croissance par déficit isolé en hormone de croissance est estimée à 1/4000- 10 000 naissances [59] dont 3-30 % sont des cas fami- liaux suggérant une étiologie génétique. Différents modes de transmission et une variabilité phénotypique ont été à l’origine de nombreuses classifications dont la plus couramment utilisée est celle de Phillips [45]. Cette dernière est fondée sur le mode de transmission et le phénotype mais elle ne tient pas compte de l’ori- gine génique sous-jacente : Le type I est de transmission autosomique récessif. Il comprend 2 sous-types selon la gravité du phénotype • IA est caractérisé par un phénotype sévère dès la petite enfance associant une diminution de la vitesse de croissance à partir de l’âge de 6 mois et des hypo- glycémies néonatales. Les concentrations basales ou après stimulation de GH sont indétectables. Le type IB comporte un phénotype moins sévère de révélation plus tardive, avec des valeurs de GH abais- sées mais détectables. Le type II est transmis sur un mode autosomique do- minant. Le phénotype clinique et biologique est identi- que au sous type IB. Le type III est de transmission récessive liée à l’X. Le déficit en GH est associé à une hypogammaglobuliné- mie survenant chez des sujets masculins. Des anomalies du gène XLA codant pour une tyrosine kinase ont été impliquées dans la pathogénie de cette maladie rare [19]. GH-1 Le gène hypophysaire humain de GH (GH1, OMIM 139250) est situé sur le bras long du chromosome 17 (17q22-24) à proximité de gènes ou pseudogènes appa- rentés ayant plus de 92 % d’homologie de séquence (GH2, CSH2 (chorionic somatomammotrophin gene 2) et CSHP-1 (chorionic somatomammotrophin pseudo- © 2021 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 02/12/2021 Il est interdit et illégal de diffuser ce document.