S336 JDP 2018 teurs de la voie mammalian target of rapamycin (mTOR), au premier chef le sirolimus, constitue le traitement médicamenteux de réfé- rence des malformations lymphatiques microkystiques cutanées. Le sunitinib, par son action inhibitrice de la lymphangiogenèse par blo- cage de la voie de signalisation des récepteurs VEGFR-2/VEGFR-3 et PDGFR pourrait constituer un traitement synergique au sirolimus ou une alternative thérapeutique. Conclusion Nous rapportons une observation originale de lym- phangiome vulvaire tumoral compliqué d’une lymphorrhée sévère traitée avec succès par l’association sunitinib et sirolimus per os. Mots clés Lymphangiectasies ; Sirolimus ; Sunitinib Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Annexe A Matériel complémentaire Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible en ligne sur : https://doi.org/10.1016/j. annder.2018.09.549. Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont dispo- nibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder. 2018.09.549. https://doi.org/10.1016/j.annder.2018.09.549 P388 Azithromycine oral versus pénicilline-G dans le traitement de l’érysipèle B.F. Diané ∗ , Y.A. Daliwa, M.M. Soumah, T.M. Tounkara, M. Keita, F. Keita , M.D. Kanté , M. Savané , D. Kaba , M. Cissé Service de dermatologie-vénéréologie, hôpital National Donka, université Gamal Abdel Nasser, Conakry, Guinée ∗ Auteur correspondant. Introduction L’érysipèle représente 33 % des hospitalisations du service de dermatologie-vénéréologie de Donka. L’objectif de ce travail était de comparer l’efficacité et la tolérance de l’azithromycine à celles de la pénicilline-G dans la prise en charge d’un érysipèle non compliqué chez l’adulte. Matériel et méthodes Il s’agissait d’une étude observationnelle réalisée sur une période de six mois, du 15 décembre 2016 au 15 juin 2017. Nous avons inclus tous les patients âgés d’au moins 15 ans chez qui le diagnostic d’érysipèle non compliqué était posé, ayant un score de sévérité supérieur ou égal à 3, n’ayant rec ¸u aucune antibiothérapie les 3 jours précédant son admission et consentant à participer à l’étude. Nous avons réparti les patients en deux groupes parallèles, le premier ayant pris de l’azithromycine et le 2 e groupe de la pénicilline-G suivie pendant 15 jours. Les données ont été ana- lysées à l’aide du logiciel SPSS v.20. Les tests de Chi 2 et Fisher ont été utilisés pour les variables qualitatives et le test de Student pour les quantitatives. La probabilité de succès a été évaluée par le test de Kaplan—Meier et le seuil de signification retenu était de 5 %. Résultats Pendant la période d’étude, 32 patients ont été sui- vis pour érysipèle et repartis en deux groupes : 10 patients sous azythromycine et 22 étaient sous pénicilline-G. L’âge moyen était de 46,21 ± 18 avec un sex-ratio de 0,23. Le taux de succès clinique comparé dans les deux groupes pénicilline-G et azithro- mycine dans un protocole à j5 était respectivement de 21 % (4/19) et 80 % (8/10) (p = 0,01) et de 70,6 % (12/17) contre 100 % (10/10) à j15 dans les groupes pénicilline-G et azithro- mycine (p = 0,09). Le délai médian d’amélioration clinique sous traitement était de 5 jours [IQR : 3—15 jours] dans le groupe azi- thromycine et 15 jours [IQR : 5—15] pour le groupe pénicilline-G. Le taux de complication était 22,7 % dans le groupe pénicilline- G et aucune complication n’était observée dans le groupe azithromycine. Conclusion L’azithromycine oral est aussi efficace et bien toléré que la pénicilline-G dans le traitement de l’érysipèle chez l’adulte. Cette molécule pourrait être utilisée chez les patients présentant une hypersensibilité à la pénicilline-G. Mots clés Azythromycine ; Érysipèle ; Pénicilline-G Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.annder.2018.09.550 P389 Lichen plan chez des patients traités par anti-PD1 : 6 cas C. Lheure 1,∗ , N. Kramkimel 1 , N. Franck 1 , A. Soria 2 , L. Polivka 2 , G. Goldman-Levy 3 , F. Plantier 3 , C. Isnard 1 , V. Seta 1 , J. Chanal 1 , N. Dupin 1 , S. Aractingi 1 , F. Goldwasser 4 , S. Guegan 1 1 Dermatologie, hôpital Cochin 2 Dermatologie, hôpital Tenon 3 Anatomopathologie 4 Oncologie médicale, hôpital Cochin, Paris, France ∗ Auteur correspondant. Introduction Les effets indésirables (EI) cutanés représentent 50 % des effets indésirables liés aux anti-PD1. Nous rapportons 6 cas de lichen plan (LP) induits par les anti-PD1 chez des patients traités pour des cancers solides métastatiques. Observations Une femme et 5 hommes d’âge moyen 68 ans (57—73 ans) sans antécédent de LP consultaient pour l’apparition de lésions cutanées très prurigineuses, papuleuses, parfois quadrangu- laires, associées à des stries de Wickman, siégeant aux 4 membres. La patiente présentait une éruption profuse touchant 50 % de la surface corporelle avec une atteinte palmoplantaire sévère. Quatre patients avaient un réseau lichénien des faces internes des joues, 3 de la zone génitale et 2 un périonyxis très sévère. Les biop- sies cutanées des 6 patients montraient un infiltrat lymphocytaire en bande agressant la basale. Les 6 patients étaient traités par anti-PD1 pour une tumeur métastatique : 3 adénocarcinomes bron- chiques, 1 carcinome épidermoïde bronchique, 1 adénocarcinome rénal, 1 carcinome basocellulaire. Tous avaient rec ¸u 2 à 8 perfusions d’anti-PD1 (nivolumab [n = 5] ou pembrolizumab [n = 1]) en 2 e ou 3 e ligne de traitement avant la survenue des lésions. Le délai médian de survenue du LP était de 13 semaines (13—27 semaines) après le début des anti-PD1 et pour 2 patients, les lésions étaient appa- rues 12 semaines après l’arrêt du nivolumab. Les lésions ont disparu sous dermocorticoïdes chez 4 patients, corticothérapie générale à la posologie de 0,5 à 1 mg/kg/jour chez la patiente présentant une atteinte profuse et un des patients avec périonyxis sévère. Les anti- PD-1 étaient poursuivis en mai 2018 pour 2 patients en réponse partielle, arrêtés dans 3 cas : 2 pour progression métastatique et 1 pour stabilité. Chez 1 patient les anti-PD1, arrêtés pour rémission partielle, étaient réintroduits devant une progression, sans récidive du LP (suivi médian : 9 mois) (Fig. 1). Discussion Les EI des anti-PD1 apparaissent de fac ¸on « retar- dée », les plus précoces survenant entre la 3 e et la 10 e semaine de traitement. La survenue de lésions cutanées lichénoïdes fré- quemment vésiculo-bulleuses est connue, mais celle d’authentiques LP peu décrite. Les 6 cas rapportés sont apparus tardivement après 13 à 27 semaines de traitement et à distance de l’arrêt des anti-PD1, ce qui concorde avec les rares cas rapportés dans la littérature. Une explication physiopathologique serait la réacti- vation lymphocytaire T dirigée contre des antigènes de l’épiderme et du derme (non encore identifiés) et responsables d’un processus inflammatoire dermique et épidermique. Ainsi la réactivation par l’immunothérapie d’un cas de LP pré-existant et quiescent a déjà été rapportée. Conclusion Le LP induit par les anti-PD1 est rare, décrit avec le pembrolizumab et le nivolumab, pouvant survenir tardivement après le début du traitement ou après son arrêt. Il répond bien à la corticothérapie locale et générale et n’impose pas l’arrêt des anti-PD1, même en cas d’atteinte cutanée étendue.