ARTICLE ORIGINAL J Radiol 2000; 81 : 523-527
© Editions françaises de radiologie, Paris, 2000
IMAGERIE COMPARATIVE ENTRE TECHNIQUES
SCINTIGRAPHIQUE ET ÉCHOGRAPHIQUES EN MODE B
ET DOPPLER ÉNERGIE DANS LA PYELONÉPHRITE AIGUË
DE L’ENFANT
Y Berro (1), B Baratte (1), D Seryer (1), G Boulu (1), M Slama (1),
B Boudailliez (2), J Fonroget (3) et Y Grumbach (1)
ABSTRACT Comparison between scintigraphy, B-mode and power Doppler sonography in acute pyelo-
nephritis of childhood
Purpose: Comparing Power Doppler imaging versus technetium-dimercapto-succinic-acid (Tc-DMSA) scintigraphy in
acute pyelonephritis of childhood.
Patients and Methods. Inclusion criteria: First episode of urinary tract infection, clinical and biological findings suggest-
ing an upper lesion, absence of urological malformation or obstruction, absence of reflux (or vesico-ureteral reflux inferior to
grade 3). Number of patients: 49, length of the study: 26 months (from November 95 to January 98).
Methods: Tc99m-DMSA scintigraphy (after five days), B mode and Power Doppler imaging (on the day of admission or
the following day). Systematic cystography (day 5 to day 30).
Results: In terms of positive diagnosis, scintigraphy was superior to Power Doppler, and the latter was superior to B mode
ultrasonography. Sensitivity (scintigraphy being the gold standard) was equal for both B mode and Power DopplerUS imag-
ing, but combined Power Doppler and B mode US provided improved results.
Conclusion: Currently, the results with Power Doppler imaging are insufficient to replace DMSA scintigraphy. However,
Power Doppler is a good complement to B mode US.
Key words: Acute pyelonephritis in children. Tc99m-DMSA scintigraphy. US. Power Doppler.
J Radiol 2000; 81: 523-7
RÉSUMÉ Objectifs : Évaluer l’apport du Doppler énergie (DE) versus scintigraphie au DMSA (acide dimercapto-succinique) marqué
au technétium 99m dans la pyélonéphrite aiguë de l’enfant.
Patients et méthodes. Critères d’inclusion : 1
er
épisode d’infection urinaire chez des enfants présentant des signes clini-
ques et biologiques orientant vers une origine haute avec absence d’uropathie malformative ou obstructive connue. Par
ailleurs, absence de reflux ou reflux vésico-urétéral inférieur au grade 3. Nombre de patients : 49. Durée : 26 mois
(novembre 95 à janvier 98). Méthodes : Scintigraphie au technétium DMSA (à J5 en moyenne), échographie B et DE (J0
ou J1). Cystographie rétrograde systématique (entre J5 et J30).
Résultats : En terme de pourcentages de diagnostic positif, supériorité de la scintigraphie par rapport au DE, ce dernier
est lui-même supérieur à l’échographie B. En terme de sensibilité (versus scintigraphie, utilisée en tant que méthode de
référence pour les calculs) : sensibilité comparable de l’échographie B et du Doppler énergie. Cependant, amélioration
significative de la sensibilité quand les deux techniques sont associées.
Conclusion : Dans l’état actuel des choses, les performances du Doppler énergie sont insuffisantes pour le préconiser en
remplacement de la scintigraphie au DMSA. Le DE reste une bonne exploration complémentaire au mode B.
Mots-clés : Pyélonéphrite aiguë de l’enfant. Scintigraphie au DMSA-Tc. Échographie. Doppler énergie.
INTRODUCTION
L’infection urinaire de l’enfant est un vé-
ritable problème quotidien en pratique
pédiatrique : sa fréquence est variable
selon les séries (1-3), elle atteint
jusqu’à 7,8 % des filles et 1,6 % des
garçons. La présentation clinique est
variable (4, 5), souvent trompeuse, sur-
tout chez le jeune enfant. La biologie
est sensible, mais peu spécifique (6).
Cependant, devant toute infection uri-
naire de l’enfant, il existe une nécessité
de diagnostic topographique, étant
donné, en cas d’atteinte haute, les ris-
ques accrus de complications aiguës
parfois graves : septicémies, abcès…
(7-9) ou chroniques (pyélonéphrite et
insuffisance rénale chroniques, HTA
secondaire) dues aux cicatrices paren-
chymateuses (40 à 60 % des cas selon
les auteurs) et, enfin, pour adapter la
thérapeutique : type et durée du traite-
ment antibiotique intraveineux avant
relais oral (10). L’imagerie va donc
jouer un rôle capital pour confirmer
l’atteinte parenchymateuse haute en la
visualisant, rechercher une étiologie, un
facteur favorisant et assurer le suivi
évolutif et la détection des complica-
tions. Cependant, malgré ce consensus
sur le rôle capital de l’imagerie, une
(1) Service de Radiologie B, (2) Service de Pédia-
trie, (3) Service de Médecine Nucléaire, Centre
Hospitalier Universitaire d’Amiens, Place Victor
Pauchet, 80054 Amiens cedex 1.
Corrrespondance : Y Berro
Abréviations
DE Doppler énergie
PNA pyélonéphrite aiguë
Écho B échographie en mode B
UR unité-rénale
Tc 99m DMSA acide dimercaptosuccini-
que marqué au techné-
tium 99m
IU infection urinaire
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