© Masson, Paris, 2006. Rev Epidemiol Sante Publique, 2006, 54 : 2S4-2S6
COMMUNICATIONS ORALES
ENVIRONNEMENT, SANTÉ, TRAVAIL — 1 (SESSIONS PARALLÈLES 1)
A1-1
Priorisation des cancers à surveiller et étudier en lien avec l’environnement
LE MOAL J. (1), EILSTEIN D. (1), STRAIF K. (2), LEDRANS M. (1)
(1) Département santé environnement, InVS, Saint Maurice ; (2) Centre international de recherche sur le cancer,
Lyon.
Objectifs : Des questions scientifiques et sociales se posent actuellement sur l’origine environnementale possible
de cancers dont les causes sont inconnues ou mal expliquées par les facteurs classiques. Pour améliorer les
connaissances, il faut pouvoir mettre en place une surveillance sanitaire en lien avec l’environnement et mener
des études spécifiques. Notre objectif a été d’identifier quelles localisations cancéreuses sont prioritaires pour cette
surveillance et ces études.
Méthode : Nous avons sélectionné 24 localisations pour lesquelles on dispose de données épidémiologiques esti-
mées à partir des registres existants. Une méthode de hiérarchisation de ces localisations a été élaborée pas à pas
par consensus scientifique. Une échelle composite comportant 16 critères, de poids variant de un à trois, a été
construite et un indicateur a été choisi pour chaque critère. Les critères ont été choisis pour documenter les trois
notions suivantes : lien suspecté ou prouvé avec l’environnement, importance en santé publique, perception sociale.
Cette méthode a été appliquée par recueil de données et attribution de scores.
Résultats : L’application de la méthode montre qu’elle est faisable et discriminante. Un classement clair des
24 localisations sélectionnées a été obtenu avec des scores variant de 6,3 à 30. La localisation « Système nerveux
central » obtient la première place, suivie par les localisations « Poumon », « Lymphome malin non hodgkinien »,
« Mésothéliome de la plèvre », « Leucémies » et « Peau ». Ces six localisations sont constamment placées dans les
sept premiers rangs lorsque que l’on fait varier les séries de critères prises en compte.
Conclusion : Les résultats obtenus sont à interpréter avec prudence, du fait des limites inhérentes à la construction
d’une échelle composite : valeur du jugement d’expert, pertinence des indicateurs choisis, qualité du recueil de
données, choix dans l’attribution des scores, évolutivité des connaissances.
Néanmoins la méthode a permis d’identifier avec une bonne sensibilité un groupe de six localisations prioritaires
compatible avec les résultats d’autres équipes.
A1-2
Accidents de la circulation, catégories socioprofessionnelles et exposition au risque routier
dans la cohorte GAZEL
LENGUERRAND E. (1), CHIRON M. (1), MARTIN J.-L. (1), CONSOLI S. (2), LAUMON B. (1)
(1) Unité mixte de recherche et de surveillance transports travail environnement (Umrestte), Inrets, Bron, France ;
(2) Hôpital Européen Georges Pompidou/Service de Psychologie Clinique et de Psychiatrie de Liaison, Paris.
Objectif : Évaluation du lien entre survenue d’accidents de la circulation et catégorie socioprofessionnelle, en
tenant compte de l’exposition au risque routier.
Méthode : L’étude porte sur 15 812 sujets de la cohorte GAZEL (salariés et retraités d’EDF-GDF) ayant répondu
au moins à un des autoquestionnaires 2002-2004. La variable étudiée est la dernière catégorie socioprofessionnelle
connue dans la période d’activité professionnelle du sujet. Les facteurs socioéconomiques, sanitaires et psycho-
logiques, ainsi que les évènements de vie connus pour influencer l’insécurité routière sont pris en compte.
Les analyses sont effectuées par sexe, avec et sans ajustement sur l’exposition au risque routier. Les associations
entre catégorie socioprofessionnelle, accident de la circulation et exposition au risque routier sont étudiées grâce
au modèle d’analyse de survie pour événements récurrents et données dépendantes du temps.
Résultats : Sur cette période, 1 951 événements (au moins un accident matériel ou corporel pour un sujet dans une
année) sont observés. Les cadres ont un sur-risque brut d’implication dans un accident chez les hommes (RR = 1,3)
comme chez les femmes (RR = 1,6). Après ajustement sur les variables socioéconomiques, psycho-sanitaires et les
événements de vie, le même sur-risque est observé. Chez les hommes comme chez les femmes, la prise en compte
de l’exposition au risque routier dans ses dimensions qualitatives (type d’usager) et quantitatives (kilomètres par-
courus) supprime l’association entre le statut cadre et la sur-implication dans les accidents. Chez les femmes,
l’implication dans un accident s’explique essentiellement par la dimension qualitative de l’exposition au risque.
Chez les hommes, la dimension quantitative intervient aussi, les quantités de kilomètres parcourus étant plus
importantes que pour les femmes.