Abstracts / Annales de Cardiologie et d’Angéiologie 67 (2018) 394–398 395 Conclusion Ce cas clinique d’endocardite de Loffler révélée par une complication cardioemboligene permet d’aborder une étiologie rare de cette pathologie : le syndrome hypereosinophilique primitif. Déclaration de liens d’intérêts L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.ancard.2018.09.024 4 Un nouveau souffle pour l’Hypertension Artérielle MAligne : mise en place du registre national HAMA R. Boulestreau 1, , J.M. Halimi 2 , A. Lorthoir 3 , A. Cremer 4 , S. Rubin 5 , S. Debeugny 6 , P.L. Tharaux 7 , P. Gosse 4 1 Centre hospitalier de Pau, service de cardiologie, blood pressure clinic 2 Centre hospitalier universitaire de Tours, service de néphrologie et d’hypertension artérielle 3 Hôpital Européen Georges Pompidou, service d’hypertension artérielle et centre d’investigation clinique 4 Centre hospitalier universitaire de Bordeaux, service d’hypertension artérielle 5 Centre hospitalier Universitaire de Bordeaux, service de néphrologie 6 Centre hospitalier de Pau, unité de recherche clinique 7 Hôpital européen Georges Pompidou, service de néphrologie, unité Inserm Auteur correspondant. Adresse e-mail : rboulestreau@gmail.com (R. Boulestreau) Objectif L’hypertension artérielle (HTA) maligne est la forme la plus sévère d’HTA, rapidement mortelle avant l’existence des traitements antihypertenseurs. Depuis, sa prévalence a nettement diminué mais elle n’a pas disparu. Elle touche des patients jeunes (entre 35 et 55 ans), qui vont subir un taux de complications élevé (15 % d’évènements cardiovasculaires et rénaux à 5 ans). Pourtant, nous disposons de peu de données sur cette forme d’hypertension artérielle, sa phy- siopathologie, son épidémiologie actuelle. Les recommandations diagnostiques et thérapeutiques actuelles sont essentiellement empiriques. Méthode Avec le soutien de la société franc¸aise d’hypertension artérielle, nous mettons en place un registre multicentrique prospectif pour répondre à ces questions. L’objectif est d’inclure 500 patients en 5 ans, suivis 5 ans, sur environ 30 centres. Le projet est promu par le CH de Pau, et piloté par un comité scienti- fique composé de cardiologues et néphrologues de 4 centres franc¸ais différents, expérimentés dans cette thématique, un chercheur à l’Inserm et un biostatisticien. Un an après le début de l’étude, nous ajouterons une bio-banque pour améliorer nos connaissances physiopathologiques et nous ouvrirons le registre aux centres européens intéressés. Résultats attendus Préciser le pronostic actuel des patients atteints d’une HTA maligne à 5 ans en terme d’évènements rénaux, cardiovasculaires. Préciser l’épidémiologie actuelle de la maladie. Moderniser la définition et les critères diagnostiques. Décrire les prises en charge dans les centres, les filières de soin et préparer le terrain pour des essais contrôlés permettant des recommandations thérapeutiques appuyer sur des preuves. Conclusion Le registre Hypertension Artérielle MAligne (HAMA) devrait fournir une base de données solide pour répondre aux questions en suspens sur l’HTA maligne. Il démarrera en 2019. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez plus d’information. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.ancard.2018.09.025 5 Une fermeture d’auricule gauche complexe Clémence Roig 1, , Petra Barhoum 1 , Salm Belguidoum 1 , Jean-Franc¸ois Paul 2 , Christophe Caussin 1 , Nicolas Amabile 1 1 Service de cardiologie, Institut Mutualiste Montsouris, Paris 2 Service de radiologie, Institut Mutualiste Montsouris, Paris Auteur correspondant. Adresse e-mail : nicolasamabile@yahoo.fr (C. Roig) Cas clinique Un patient âgé de 80 ans nous est adressé pour fermeture de l’auricule gauche, dans le cadre d’une fibrillation auriculaire à haut risque embo- lique (CHADS-VASC 2 : 6) et d’un hématome cérébral spontané sous traitement anticoagulant oral avec contre-indication à la poursuite de celui-ci. La procédure est réalisée sous guidage ETO sous anesthésie générale, sans scan- ner cardiaque préalable. Elle se complique d’une embolisation d’une prothèse Abbott Amulet 28 mm en rapport avec un sous dimensionnement de celle-ci. La prothèse est récupérée par techniques de lasso et extraite de fac¸on percutanée, sans séquelle en dehors d’une atrioseptostomie modérée asymptomatique. Une nouvelle tentative est programmée 1 mois plus tard, après étude TDM cardiaque et impression 3D du massif auriculaire. Le modèle imprimé permet une étude précise de l’anatomie cardiaque, révélant une auricule gauche de grande taille et de section ovalaire. La pose de différentes prothèses est simulée dans ce modèle (avec analyse radiologique complémentaire), afin de choisir la prothèse la plus adaptée. La seconde procédure est réalisée sans difficulté particulière et permet l’occlusion de l’auricule gauche du patient par une prothèse Amulet 34 mm, couplée à la fermeture de la CIA acquise par une prothèse Amplatzer ASD 13 mm. Les suites de l’intervention sont simples, avec sortie du patient sous double anti-agrégation plaquettaire (aspirine + clopidogrel) pour une durée de 6 semaines. Le scanner de contrôle révèlera une bonne fermeture de l’auricule gauche (avec bonne compression de la prothèse) et une absence de CIA rési- duelle. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.ancard.2018.09.026 6 Intérêt du bloc serratus pour l’implantation du défibrillateur sous-cutané sans anesthésie générale R. El Bouazzaoui , F. Massin , M. Granier , J.L. Pasquié Service de cardiologie, CHU, 34000 Montpellier Auteur correspondant. Adresse e-mail : titerim@hotmail.com (R. El Bouazzaoui) Objectifs Le défibrillateur sous-cutané est une alternative intéressante au défibrillateur endocavitaire notamment pour les sujets jeunes n’ayant pas d’indication de stimulation ni de resynchronisation. L’implantation du défi- brillateur sous cutanée est aujourd’hui réalisée sous anesthésie générale dans la majorité des centres imposant aux médecins implanteurs une organisation plus contraignante. La nécessité de l’anesthésie générale serait même un frein à l’implantation de défibrillateur sous cutané dans certains centres. Nous avons cherché à développer une stratégie d’implantation sans anesthésie générale. Le bloc serratus est une technique d’anesthésie locorégionale utilisé en chirurgie oncologique mammaire et offrant une analgésie de la paroi thoracique antérieure. Méthodes Tous les patients avec une indication d’implantation de défibrilla- teur sous cutané ont été inclus. L’implantation était précédée d’un bloc serratus réalisé en salle de préparation. À l’aide d’une aiguille de bloc, on réalise une injection de ROPIVACAINE (3 mg/kg) au niveau du fascia intermusculaire entre le dentelé antérieur et de grand dorsal. Après 40 minutes d’attente, l’implantation de défibrillateur était réalisée sur patient vigil. L’implantation était réalisée en technique 2 incisions avec loge intermusculaire. Résultats Quinze patients ont été implantés avec cette technique d’anesthésie. L’implantation a pu être réalisée sans nécessité de conversion en anesthésie générale chez tous les patients. Le temps moyen de procédure était 49 minutes (40–54). L’EVA moyenne pendant la procédure était de 2,7 (2,1–3,2). L’EVA à j1 de procédure était de 2,1. Aucun patient n’a nécessité de traitement antalgique par morphinique en postopératoire. Un hématome de loge a été observé dans un contexte de surdosage en AVK. Aucune autre complication n’a été reportée. Conclusion Le bloc serratus est une technique d’anesthésie locorégionale simple et sûre permettant de réaliser une implantation de défibrillateur sous cutané sans anesthésie générale avec confort pour le patient et l’opérateur. Cela représente une simplification organisationnelle pour ce type de procédure.