Cahiers du Brésil Contemporain, 2009, nº 73/74, p. 9-68 BRÉSIL RÉEL : LES LIMITES DU BUDGET PARTICIPATIF LOCAL ENTRE LÉGALITÉ, INFORMEL ET ILLÉGALITÉ Bruno José DANIEL FILHO * et Luis Emilio CUENCA BOTEY ** L’essor des pratiques se réclamant de la « démocratie participative » est aujourd’hui un phénomène mondial. Le recours au référendum, les jurys citoyens, la Commission nationale du débat public (CNDP) et les Budgets Participatifs (BP) font partie des procédures et des pratiques prônées par des acteurs politiques de gauche comme de droite. En France, c’est la candidate socialiste, Ségolène Royal, qui a fait de la démocratie participative une de ses propositions pour la campagne de 2007. Force est de remarquer, que dans la région Poitou-Charentes, dirigée encore aujourd’hui par Madame Royal, les BP ont été mis en place dans les Lycées et la mention «démocratie participative» est inscrite dans son logo officiel. Par ailleurs, cet essor se traduit aujourd’hui par la promotion et l’inscription de la démocratie participative dans de nombreux textes constitutionnels. Ce fut le cas au Brésil dès 1988, puis au Venezuela, en Bolivie, mais aussi en Europe où « cette notion de démocratie participative a été particulièrement mise à l’honneur dans le projet de Traité constitutionnel de l’Union européenne, élaboré en 2004 » (Rosanvallon, 2006, p. 302). L’opposition entre les formes élitistes de gouvernement et les formes participationnistes n’est pas une nouveauté. À partir du moment où le pouvoir souverain ne dépend plus de la divinité et devient le monopole du peuple, on voit * Professeur de la PUC (Université Catholique de São Paulo), et cadre de la FUNDAP (Fondation du Développement Administratif de São Paulo). Les contributions de Daniel Filho à cette introduction ont été développées au cours d’un stage de post doctorat au sein de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, dans le Centre de Recherches sur le Brésil Contemporain. Ce stage a été financé par la Coordination du Perfectionnement du Personnel Niveau Supérieur (CAPES, Brésil), organisme qu'il remercie vivement. Ses remerciements vont aussi à Afrânio Garcia, Marilena Nakano et Guillaume Six pour leurs commentaires d’une première version de cet article. Néanmoins, les deux auteurs sont les seuls responsables pour les idées exposées dans cette version. ** Doctorant CRBC/EHESS.