Recueil des communications particulières / Revue de chirurgie orthopédique et traumatologique 103S (2017) S239–S284 S257 La laxité différentielle moyenne en varus était de 0,5 mm (± 1,3, −2,1 à 2,2), tous de grade A selon l’échelle IKDC. En valgus, 1,6 mm (± 2,4, −1,7 à 6). 10A et 2C. La différentielle au tiroir postérieur était de 7,5 mm (± 3,4, 2,9–16), 1A, 5B, 8C et 4D. Au tiroir anté- rieur, 3,8 mm (± 5, −4,8 à 16), 11A, 2B, 3C et 2D. L’IKDC global était : 3A, 3B, 10 C et 6D. Trois patients présentaient une sensation d’instabilité et étaient grade D. Les moyennes des scores étaient : IKDC 68,5 ± 19,2, Lysholm 78,3 ± 15,9 et KOOS : douleur 74,6 ± 19, symptômes 65,7 ± 17,2, activités quotidiennes 83,8 ± 18,7, sport 54,3 ± 26,7 et qualité de vie 46,6 ± 28,2. Vingt et un des 23 patients avait repris une activité sportive, dont 5 au même niveau. Les patients avec un recul supérieur à 18 mois avaient de meilleurs scores au KOOS : activités quotidiennes 89,2 (± 12,5) vs 72,3 (± 25) (p = 0,044), sport 62,7 (± 17,2) vs 36,4 (± 35,4) (p = 0,028). Deux patients ont eu une arthrolyse arthroscopique pour une raideur postopératoire. Conclusion Les lésions multiligamentaires du genou peuvent être traitées avec succès par reconstruction en un temps par allogreffe avec un taux faible de laxité. L’amélioration fonctionnelle se pour- suit pendant au moins 18 mois. Niveau d’évidence Niveau IV, étude rétrospective. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.rcot.2017.09.333 43 Incidence des arthrites septiques chez les sportifs professionnels après reconstruction du ligament croisé antérieur du genou. Résultats d’une cohorte monocentrique Incidence of septic arthritis in professional athletes after anterior cruciate ligament reconstruction. Results of a monocentric cohort Yoann Bohu , Shahnaz Klouche ∗ , Serge Herman , Antoine Gerometta , Nicolas Lefevre Clinique du sport, institut de l’appareil locomoteur Nollet, Paris, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : klouche shahnaz@yahoo.fr (S. Klouche) Introduction Le taux d’arthrite septique du genou après ligamen- toplastie du ligament croisé antérieur (LCA) varie de 0,14 à 2,2 %. Le risque serait plus élevé chez les sportifs professionnels. Les objectifs de l’étude étaient d’évaluer le taux d’infection après reconstruction du LCA d’une large cohorte puis d’en analyser les facteurs de risque. Matériel et méthodes Une étude de cohorte prospective mono- centrique a débuté en 2012 incluant l’ensemble des patients opérés pour une rupture des ligaments croisés du genou. Une analyse rétrospective des données collectées prospectivement a inclus une série continue de patients opérés de 2012 à 2016 pour une recons- truction du LCA isolée ou associée à une reconstruction des plans latéraux. Les critères d’exclusion étaient, une rupture du liga- ment croisé postérieur, une avulsion des épines tibiales et une arthrite septique active du genou. Le critère principal de jugement était la survenue dans un délai de 3 mois d’une infection intra- articulaire du genou opéré. L’infection était évoquée cliniquement (genou douloureux avec une fièvre et/ou des frissons) et confir- mée bactériologiquement sur les prélèvements profonds réalisés lors de la reprise chirurgicale. L’ensemble des patients infectés étaient réopérés en urgence pour un débridement–lavage asso- cié à une bi-antibiothérapie d’abord probabiliste, puis adaptée à l’antibiogramme par voie intraveineuse durant 1 semaine puis orale durant 6 semaines. Résultats Parmi 1921 patients inclus dans la cohorte pendant cette période, 1876 répondaient aux critères d’inclusion, dont 1701 (90,7 %) ligamentoplasties primaires et 175 (9,3 %) reprises. La série comprenait 1298 (69,2 %) hommes et 578 (30,8 %) femmes, âgés en moyenne de 30,7 ± 9,8 ans. 1838 (98 %) étaient des spor- tifs dont 95 (5,2 %) professionnels et 745 (40,5 %) compétiteurs. Une arthrite septique est survenue chez 7 (0,37 %) patients, 5/1701 (0,29 %) ligamentoplasties primaires et 2/175 (1,14 %) reprises dans un délai moyen de 18,1 ± 6,2 jours, 6 hommes/1 femme, âge moyen 37,9 ± 13,8 ans. Le germe causal était un staphylocoque : 4 S. epi- dermidis,2 S. capitis et 1 S. aureus. Aucun sportif professionnel n’a présenté d’arthrite septique, tous étaient des sportifs de loi- sir. Parmi ces patients, 4 (57,1 %) avaient un genou multi-opéré dont 1 antécédent d’infection, 2 (28,6 %) étaient fumeurs et 1 por- teur chronique de S. capitis. Le lavage articulaire a été réalisé sous 48 heures, répété une fois chez 2 patients et les greffes ont toutes été laissées en place. Au dernier recul (6mois à 3,9 ans), aucune récidive n’est survenue. Conclusion Dans cette cohorte, aucun sportif professionnel n’a présenté d’arthrite septique après reconstruction du LCA. Aucune précaution particulière n’est donc indiquée dans cette population. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.rcot.2017.09.334 44 L’utilisation du point de Mason Allen avec ancrage osseux double-rang dans la réparation arthroscopique des ruptures de la coiffe des rotateurs : étude biomécanique comparative Arthroscopic rotator cuff repair using a double-row Mason-Allen stitch: A biomechanical matched-pair trial Maxime Fabre-Aubrespy 1,∗ , Sophie Le Cann 2 , Alexandre Galland 3 , Stéphane Airaudi 3 , Patrick Chabrand 2 , Jean-Noel Argenson 1 , Renaud Gravier 3 1 IML, hôpital Sainte-Marguerite, Marseille, France 2 CNRS, ISM UMR 7287, Aix-Marseille Université, Marseille, France 3 Institut de la Main et du Membre Supérieur, Clinique Monticelli, Marseille, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : maxime.fabre@yahoo.fr (M. Fabre-Aubrespy) Introduction L’interface fil/tendon reste la faiblesse lors de la réparation arthroscopique d’une rupture de la coiffe des rotateurs. Le point de Mason Allen (MA) arthroscopique a une résistance biomécanique à l’arrachement supérieure. Cependant, il s’agit d’une réparation uniquement « simple rang ». Les objectifs de notre étude étaient : de décrire une technique arthroscopique d’un point de MA avec ancrage osseux double rang simple et reproductible et d’évaluer la résistance à l’arrachement de l’interface fil/tendon par rapport à une réparation double rang. L’hypothèse de notre étude était que la suture par un point de Mason Allen avait, in vitro, une résistance à l’arrachement supé- rieure à celle d’un point classique de référence, à l’interface fil/ tendon. Matériels et méthode Une étude biomécanique in vitro sur ten- dons d’agneaux avec épreuve de traction uniaxiale a été réalisée. Chaque point était réalisé et testé à partir d’un même tendon. Les 2 points étaient réalisés par le même opérateur, dans des condi- tions similaires à l’arthroscopie. Les paramètres mesurés étaient la résistance à la traction (force à la rupture en Newton) et la cause de l’échec. Résultat Nous avons réalisé 30 essais de traction uniaxiale à l’aide d’une machine d’essai Instron 5566. Les causes d’arrêt du test étaient un lâchage au niveau de l’interface fil/tendon pour tous les essais. Le point de MA avait une résistance à l’arrachement supé- rieure à celle du point de référence (61,0 ± 14,9 N vs 50,3 ± 15,0 N ; p = 0,001). Conclusion In vitro, le point de MA avec ancrage osseux double rang a une résistance à l’arrachement supérieure à celle d’un point de référence double rang. Cette étude constitue une expérimenta- tion préliminaire pour l’utilisation de ce point dans la réparation de