Communications / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 57S (2009) S3–S59 S53 de 08 ± 3 heures. Le Glasgow coma score était en moyenne de 13 ± 2. L’état de choc était présent chez 4 patients. Les anomalies de l’électrocardiogramme étaient présentes chez 5 patients. La prise en charge de nos malades était symp- tomatique dans la majorité des cas. Le recours à la ventilation mécanique et l’usage des drogues vasoactives étaient nécessaires dans 50 % des cas. La mor- talité globale était de 62,5 %. Les facteurs pronostiques retenus étaient : l’état de choc et l’insuffisance respiratoire aiguë. Discussion et conclusion.– L’intoxication aiguë au phosphure d’aluminium reste grevée d’une lourde mortalité liée essentiellement aux perturbations hémodynamiques graves induites par ce produit très toxique. Les signes cliniques les plus fréquents sont : les troubles digestifs ; les troubles de rythme ; l’état de choc et les signes respiratoires. Sur le plan biologique : l’acidose métabolique, l’hyperkaliémie et l’hypomagnésémie sont de règle. La prise en charge est purement symptomatique. Le pronostic était fatal mal- gré les progrès de la réanimation et de la prise en charge des défaillances viscérales. doi:10.1016/j.respe.2009.02.182 Tétanos grave en réanimation : épidémiologie et prosnotic H. Sbai , S. Labib , M. Harandou , M. Khatouf , N. Kanjaa Service d’anesthésie-réanimation, CHU Hassan-II, Fès, Maroc Mots clés : Tétanos ; Clostridium tétani ; Épidémiologie ; Réanimation ; Pronostic Introduction.– Le tétanos est une maladie neurologique non immunisante, due au Clostridium tétani. Il constitue un problème de santé publique dans les pays en voie de développement. Objectif.– Déterminer le profil épidémiologique et les facteurs pronostiques. Patients et méthodes.– Étude rétrospective portant sur les cas de tétanos grave sur une durée de six ans (2003–2008). Les paramètres étudiés étaient : épidé- miologiques, cliniques, thérapeutiques et évolutifs. Résultats.– Seize cas ont été recensés. La moyenne d’âge était de 35 ans, avec sex-ratio à 4H/1F. La notion de VAT n’a jamais été rapportée. La sérothérapie préventive a été rec¸ue chez 20 % des cas. Les inoculations traumatiques étaient les plus fréquemment en cause. Le tétanos était généralisé dans 90 % des cas. Dans notre série, 46 % des malades ont eu des troubles neurovégétatifs à la phase initiale. La ventilation artificielle était nécessaire dans 75 % des cas. Le diazépam était utilisé chez tous les patients à une dose moyenne de 125 mg/24 h. La pénicilline G a été administrée chez 100 % des patients. Aucun malade n’avait rec¸u le baclofène. L’évolution était marquée par une pneumopathie nosocomiale dans 60 % des cas, une infection urinaire chez 20 % des cas, une thrombose des membres inférieurs dans 10 % des cas et des escarres dans 30 % des cas. La durée moyenne d’hospitalisation était de 19j avec des extrêmes de 5 à 42j. Le taux de mortalité était de 60 %. Discussion et conclusion.– Le tétanos reste une maladie grave dans notre pays. La mortalité est due aux complications neurovégétatives et infectieuses. L’amélioration du pronostic peut être atteinte par une grande rigueur et une continuité des soins en réanimation. doi:10.1016/j.respe.2009.02.183 Caractéristiques et déterminants de la prescription médicale au Maroc (Enquête nationale 2007) H. Sefiani a,b,c , A. Khabatti a,b,c , R. Benkirane a,b,c , C. Nejjari a,b,c , R. Souleymani Bencheikh a,b,c a Centre antipoison et de pharmacovigilance, Maroc b Faculté de médecine et de pharmacie, Fès, Maroc c Faculté des sciences Ibn-Tofail, Kénitra, Maroc Mots clés : Pratique médicale ; Déterminants de prescription enquête nationale ; Générique ; Généralistes Objectif.– Connaître les déterminants de la prescription médicamenteuse au Maroc. Matériels et méthode.– C’est une enquête transversale réalisée par le centre marocain de pharmacovigilance avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé du lundi 29 octobre 2007 au samedi 03 novembre 2007 auprès des médecins généralistes. Il s’agit d’un échantillonnage en grappe avec stratifica- tion sur la zone géographique et le niveau socioéconomique. Un échantillon de 251 médecins a été tiré au sort parmi les médecins des zones sélectionnées. Ils ont fait l’objet d’une enquête de pratiques de la médecine au quotidien. Résultats.– L’enquête chez les médecins nous a permis de soulever que l’expérience et la connaissance propre du médecin étaient déterminantes de la prescription respectivement dans 96,4 % et 92 %. Les antibiotiques étaient les plus fréquemment prescrits sous forme de générique (85,7 %). Les géné- riques étaient prescrits surtout pour leur prix réduit (73,23 %) et le niveau socioéconomique bas du patient (72,1 %). Conclusion.– Pour aboutir à un usage rationnel des médicaments, il faut essayer de minimiser les erreurs de forme par l’informatisation de l’ordonnance, réduire le coût moyen d’une ordonnance en prescrivant les génériques et en améliorant leur disponibilité pour certaines pathologies et en organisant des campagnes de sensibilisation et de formation continue pour les acteurs concernés : patients, prescripteurs, pharmaciens, personnels de santé. doi:10.1016/j.respe.2009.02.185 Stratégie marocaine de lutte contre les piqûres et les envenimations scorpioniques : évaluation épidémiologique des actions mises en place I. Semlali a , A. Soulaymani b , G. El Oufir a , S. Benlarabi a , R. Aghandous a , M. Badri a , R. Soulaymani Bencheikh c a Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), Rabat, Maroc b Laboratoire de génétique et biométrique, faculté des sciences, université Ibn-Tofail, Kénitra, Maroc c Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, Maroc Mots clés : Stratégie ; Scorpion ; Registre ; Indicateurs ; Évaluation épidémiologique Introduction.– Une stratégie nationale a été mise en application depuis 2001. Elle a pour objectif de réduire la morbidité et la mortalité causées par la piqûre de scorpion et de rationaliser les dépenses de santé. Un système d’information spécifique a été installé pour la surveillance épidémiologique de cette pathologie. Objectif.– Présentation des actions entreprises selon les axes stratégiques et leur évaluation à travers une analyse des indicateurs de suivi. Matériel et méthodes.– À partir d’un registre national, un suivi régulier des indicateurs de morbidité et de mortalité a été réalisé entre 2001 et 2007, pour évaluer les actions de prévention, d’amélioration de la qualité de prise en charge et de rationalisation des dépenses économiques. L’analyse statistique consiste à comparer les indicateurs par le test de l’Ecart réduit tout en tenant compte de la période avant et après l’action menée. Résultats.– La comparaison des indicateurs avant la stratégie et après la réali- sation des actions, montre une incidence moyenne de 0,95 ‰ en 2007 contre 1,05 ‰ en 2005 ; un taux de létalité chez les enfants d’âge ≤ 15 ans de 3,16 % en 2007 contre 4,87 % en 2001, une létalité par envenimation de 3,6 % en 2007 contre 4,87 % en 2001 ; un taux d’hospitalisation de 4,1 % en 2007 contre 7,1 % avant la stratégie et un pourcentage de patients ne nécessitant pas de traitement de 57,9 % en 2007 contre 0 % avant la stratégie. Conclusion.– Il y a une amélioration très significative des indicateurs de suivi de la piqûre de scorpion, avec une réduction de l’incidence, des taux de létalité et des dépenses qui en découlent. Ceci reflète un impact positif des actions de la stratégie. La généralisation de l’audit clinique des décès s’avère nécessaire pour remédier aux dysfonctionnements dans la prise en charge, afin de ne plus déplorer les décès hospitaliers évitables. doi:10.1016/j.respe.2009.02.186 Comportement des médecins généralistes vis-à-vis du tabagisme au Maroc L. Senhaji b , B. Amara a , M. Obtel b , A. Boukhissa b , C. Benjelloun a a Service de pneumophtisiologie, CHU Hassan-II, Fès, Maroc b Recherche clinique et santé communautaire, laboratoire d’épidémiologie, faculté de médecine et de pharmacie, Fès, Maroc Mots clés : Tabac ; Médecins ; Comportement ; Loi antitabac L’épidémie du tabagisme est en train de flamber dans le monde entier, entre autre au Maroc où 18 % de la population fume. Les moyens de sevrage restent mal connus par la majorité des médecins généralistes. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer les attitudes et les connaissances des médecins géné-